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Comment entretenir votre employabilité en temps de crise

Action Commerciale N°299 - 01/10/2009 - Isabelle de Chauliac

Même si vous vous sentez bien dans votre travail, soignez votre profil et maintenez votre pouvoir d'attraction vis-à-vis d'un potentiel employeur.

 

© FOTOUA / MYKOLA VELYCH KOComment entretenir votre employabilité en temps de crise> «Pour quelles raisons souhaitez-vous quitter votre entreprise?» La première question du chasseur de tête avec lequel vous avez rendez-vous ce matin risque fort de vous désarçonner si votre projet professionnel n'est pas correctement ficelé. En effet, même si la conjoncture économique est loin d'être excellente, même si les recrutements de cadres sont toujours en baisse (lire l'encadré p. 64) et même si vous vous sentez à l'aise dans votre poste actuel, préparer une future évolution professionnelle n'est pas interdit. C'est même recommandé si vous souhaitez réussir ce changement. Alors, pour ne pas vous retrouver pris de court devant un recruteur, et sans force de conviction devant la DRH d'une entreprise, vous devez avoir une vision claire de vos capacités, d'une part, et de vos envies d'évolution, d'autre part.

 

Voici les étapes à suivre pour entretenir votre potentiel de séduction vis-à-vis d'un éventuel recruteur.

1 DRESSEZ LE BILAN DE VOS FORCES ET FAIBLESSES

Pour être à l'aise le jour d'un entretien avec un chasseur de tête (le laps de temps entre sa première approche et votre rencontre est en général court!), dressez en amont votre profil professionnel. Listez vos forces et vos faiblesses, vos compétences métier et managériales. De cette façon, vous serez mieux armé le jour pour répondre aux questions du recruteur. Appuyez-vous sur des données chiffrées: mesurez vos performances en les comparant aux années précédentes. Analysez la réalisation de vos objectifs touchant au chiffre d'affaires de l'entreprise. Préparez-vous aux questions sur votre capacité à préserver la marge ou à gagner des parts de marché, par exemple. Ajoutez à cette analyse une définition claire de vous-même - une question souvent posée par les recruteurs - et de ce que vous apporterez à un nouvel employeur. Pour peaufiner cette démarche, vous pouvez également solliciter un tiers. «Les fonctions de management commercial laissent peu de temps à la prise de recul. Vous pouvez profiter d'une baisse de votre activité pour faire un bilan de carrière, en vous décentrant de votre objectif opérationnel», conseille Philippe Rossignol, directeur général du cabinet de recrutement Amplitude. Un bilan établi avec un tiers vous permettra de vous poser des questions sur vos valeurs professionnelles, vos préférences comportementales, votre résistance au stress, votre personnalité, etc. «Un échange avec un psychologue expérimenté vous bousculera, vous poussera dans vos retranchements et vous permettra de vous préparer psychologiquement à un changement de poste», suggère encore Philippe Rossignol. Pour mener à bien un bilan de carrière, «privilégiez des consultants dotés d'une dimension managériale et senior», insiste Philippe Rossignol. Vous devrez alors consacrer au moins 18 à 20 heures de travail sur le sujet pendant une période d'un mois ou plus. Comptez de 3 000 à 6 000 Euros minimum, selon la technicité du cabinet de recrutement auquel vous accorderez votre confiance. «Un recruteur vous épaulera dans la matérialisation de vos envies et dans la recherche des fonctions et entreprises à cibler en priorité», ajoute le dg d'Amplitude.

2 NE NÉGLIGEZ PAS LA FORMATION

Vous disposez d'un savoir et d'un savoir-faire. Encore faut-il les entretenir. Il convient d'envisager l'amélioration de vos capacités managériales comme une démarche permanente et naturelle. Développer vos compétences et vos connaissances professionnelles en suivant une formation continue s'avère, en effet, un atout et un moyen de souffler pour mieux repartir. Un recruteur appréciera qu'un cadre en poste depuis des années ait pris l'initiative de se former sur un aspect managérial, comportemental ou métier. Pour cela, vous pouvez faire valoir votre droit individuel à la formation (DIF). Reste à choisir la formule. «Préférez les modules de courte durée, de quelques heures à plusieurs jours, plutôt qu'une formation longue type MBA, trop chère et peu opportune en ces temps de vaches maigres», conseille Philippe Rossignol. Ne négligez pas non plus une formation en anglais, par exemple. Elle constitue un plus indéniable aujourd'hui.

3 ENTRETENEZ VOS RÉSEAUX PROFESSIONNELS

Une fois votre projet professionnel construit, fruit de la conjonction de vos envies, de votre légitimité professionnelle, de votre système de valeur et de votre besoin d'épanouissement, identifiez l'environnement dans lequel il trouvera sa place. Listez les groupes, les entreprises, les décideurs à toucher. C'est à ce moment que vous devez utiliser votre réseau pour aller à la rencontre de ces cibles. Mais attention, un réseau se construit en douceur et sur le long terme. Vous devez donc travailler à sa constitution bien en amont. «Et surtout, pour que les membres de votre réseau se souviennent de vous au moment opportun, il est nécessaire que vous leur rendiez service avant d'avoir besoin d'eux!» met en garde Philippe Rossignol. Pour cela, sachez vous rendre disponible auprès des relations entretenues au sein des clubs métier, lors de salons de votre profession ou dans le cadre de clubs extra-professionnels (sportifs, culturels...).


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