Par Françoise VINCENT, 16/06/2010
La crise est encore présente pour 66% des dirigeants malgré des indicateurs conjoncturels orientés à la hausse. Les PME restent prudentes avec des intentions d'embauche modérées.
Les deux tiers des TPE-PME affirment faire face à des difficultés. C’est ce que révèle Agefos PME dans la 18e édition de son baromètre annuel* Perspectives, réalisé avec l’institut Ipsos et en collaboration exceptionnelle avec Planète PME. à l’inverse, 24% des patrons de PME (30% pour les TPE) déclarent ne pas avoir été impactés par la crise.
Dans ce contexte, le licenciement économique est apparu comme un passage obligé pour faire face à la crise: 14% des entreprises en difficulté y ont eu recours. Elles ne sont que 7% à avoir choisi la formation au travers d’actions de professionnalisation. Pour autant, les perspectives d’activité sont encourageantes pour au moins 27% des dirigeants. Ce taux atteint même 39% dans les PME de 50 à 199 salariés et dans l’industrie. Néanmoins, près d’un tiers d’entre elles (33%) restent pessimistes et anticipent un fléchissement de leur chiffre d’affaires par rapport à 2009, en particulier les entreprises du commerce (35%).
Des intentions d’ embauche modérées
Près d’une entreprise sur cinq (18%) envisage de recruter dans les six mois à venir (contre 12% en 2009). Mais la grande majorité des dirigeants (71%) devrait maintenir leurs effectifs en l’état. Cette prudence des TPE-PME est constatée à travers une préférence pour les contrats temporaires (55% en CDD ou en intérim, contre 25% en 2009). Quant aux intentions d’embauches en CDI, elles sont en recul de plus de 9 points par rapport à fin 2009.
Quand bien même elles voudraient embaucher, les petites structures se heurtent à un autre écueil: les difficultés de recrutement. 41% des dirigeants avouent être confrontés au manque de motivation (73%), au manque de compétences des candidats (66%) et la pénurie de profils intéressants (55%). Par ailleurs, le niveau de salaire proposé semble poser plus de problèmes que l’an dernier (27% contre 15,2%).
Formation: la notoriété du DIF reste partielle
Le DIF (droit individuel à la formation) portable manque encore de notoriété. Cette mesure offre la possibilité à un salarié de conserver, à l’issue de son contrat de travail, son crédit d’heures de DIF non utilisées dans une entreprise, afin de financer une action de formation dans une autre entreprise notamment. Ce mécanisme n’est connu que par 27% des dirigeants.
Malgré une connaissance relative du dispositif, un accueil favorable lui est réservé puisque ces mêmes interlocuteurs estiment à 59% la portabilité du DIF comme un avantage dans le cadre d’un recrutement. Les PME semblent plus sensibles à ce principe (63%) que les TPE. Par ailleurs, un quart des dirigeants souhaitent être accompagnés par leur Opca (organisme paritaire collecteur agréé) dans leur gestion des ressources humaines.
*Étude réalisée par Ipsos du 3 au 10 mai 2010 auprès d’un échantillon représentatif de 500 TPE-PME.
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