Par Marion PERROUD, 27/07/2012
Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, réaffirme son engagement en faveur de la création d'entreprise au féminin. À l'occasion de sa visite à l'incubateur Paris Pionnières, jeudi 26 juillet, elle a répondu aux questions de Chefdentreprise.com.
Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes
Point de vacances pour la ministre des Droits des femmes. Najat Vallaud-Belkacem a rendu visite ce jeudi 26 juillet 2012 à la fédération Pionnières au sein de son incubateur de Paris, situé dans le XIe arrondissement de la capitale.
Elle y a rencontré les responsables de l'association, ainsi qu'une dizaine de créatrices d'entreprise accompagnées par le réseau. À l'ordre du jour, la présentation de la fédération, qui compte au total 17 incubateurs (notamment à Paris, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille...), dont cinq à l'étranger (Maroc, Luxembourg, Belgique...), et une pépinière d'entreprises à Paris. D'autres sujets ont été abordés, tels que le difficile accès au financement des dirigeantes d'entreprise, la conciliation de leurs vies professionnelle et personnelle ou encore leurs besoins en termes d'aide à la création.
Les créatrices, clés de la croissance
À l'issu de la réunion, Najat Vallaud-Belkacem est revenue pour Chefdentreprise.com sur les obstacles à la création d'entreprise au féminin et les leviers d'action possibles pour améliorer l'accompagnement des femmes dirigeantes. Un objectif : inciter les femmes à entreprendre davantage en améliorant leur accès au crédit, notamment via la prochaine banque publique d'investissement. Pour elle, soutenir les femmes entrepreneurs "c'est multiplier les possibilités, les horizons d'innovation, de création, et donc permettre à notre pays de retrouver le chemin de la croissance".
Interrogée plus largement sur l'accès des femmes à la gouvernance des entreprises, Najat Vallaud-Belkacem se prononce davantage en faveur d'un "soft power" pour "impulser des bonnes pratiques, sans qu'elles soient forcément assénées par une loi". "La loi ne règle pas tout ", maintient-elle. Elle avance ainsi quelques pistes de réflexion sur la détection et la valorisation des talents, sur l'autocensure des femmes en entreprise (notamment sur les questions de rémunération) ou encore sur le développement de réseaux professionnels dédiés aux femmes.
À propos de la fédération Pionnières :
Mettre en valeur le potentiel des femmes. Tel est le leitmotiv de la fédération Pionnières, créée en 2008. L'accès à la gouvernance et à la création d'entreprise pour les femmes est ainsi au cœur de son action. "Nous ne sommes pas un ghetto de femmes. L'objectif est de soutenir les femmes entrepreneurs à créer, ainsi que renforcer la mixité dans la gouvernance des entreprises", explique Hélène Cataix, déléguée générale de la fédération.
"Nous ne sommes pas un ghetto de femmes"
À l'origine du réseau, l'ouverture de Paris Pionnières, premier incubateur féminin, créé en 2005 par Frédérique Clavel. Sept ans plus tard, rien que pour Paris, 2 000 candidatures ont été déposées, 250 entreprises ont intégré le programme de préincubation et 80 celui de l'incubateur (destiné aux sociétés de zéro à un an). "Nous soutenons exclusivement les femmes créant une entreprise innovante et à fort potentiel économique dans le secteur des services", précise Marie-Christine Bordeaux, présidente de Paris Pionnières.
L'antenne de Paris enregistre ainsi un taux de pérennité des entreprises de 90 %. Si bien qu'en mars 2012, elle a inauguré sa pépinière, destinée aux entreprises d'un à trois ans. C'est la première du réseau de la fédération. Elle devrait accueillir d'ici à septembre une dizaine de jeunes entreprises en développement.
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sf - 15/05/2013
Date de clôture : 31 mai 2013
Commentaires des lecteurs (1)
Mireille Ruinart - réactions - 31/07/2012
Pour croître il faut un équilibre, pas seulement du crédit
Paris Pionnières "soutient exclusivement les femmes créant une entreprise innovante et à fort potentiel économique dans le secteur des services" d'où la vue assez positive de la ministre Najat Vallaud-Belkacem des besoins de l'entrepreneuriat féminin.
Pourrait être cité les besoins de maintien des aides CESU pour dégager du temps pour l'entreprise en développant ou maintenant les emplois de ménage, garde d'enfants etc. Alors que ceux ci sont dans le collimateur du nouveau gouvernement.
De même, d'après les études INSEE sur l'entrepreneuriat féminin global, pas seulement le secteur innovant ou à fort potentiel économique, les femmes ne font pas beaucoup appel au crédit, elles sont plus prudentes dans leur lancement que les hommes et elles créent plutôt en auto-entreprise ou ce type de régime (portage salarial, coopérative d'activité) pour tester d'abord leur activité et le marché.
Les femmes sont plus solidaires que les hommes et voilà comment on voit émerger les réseaux sociaux comme mesbonnescopines qui va jouer sur les échanges de compétences. De nombreux réseaux de femmes très actifs sont déjà présents et maillent le territoire, par localisation ou par type d'activité ou de compétences.
Mme la ministre si vous voulez soutenir les femmes et la croissance, commencez donc par ne pas laisser attaquer ce qui les soulage dans leur quotidien : les CESU et/ou l'auto-entreprise !
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