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«ELECTRIQUE CONTRE DIESEL: LE GAGNANT EST...

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Le développement à grande échelle d'une offre de véhicules électriques semble imminent. Et à la faveur de l'augmentation du prix du baril de pétrole, on est en droit de s'interroger sur le meilleur choix pour l'entreprise...

1. LE VEHICULE ELECTRIQUE COUTE PLUS CHER A L'ACHAT

Vrai... Pour le moment. Même avec les bonus et avantages fiscaux promis en cas de passage au véhicule électrique. Par ailleurs, l'offre constructeur est constituée principalement de véhicules de petite taille. Les tarifs proches de 29 500 euros HT, à l'image de la Peugeot Ion et de la Citroën C0, ne sont pas faits pour séduire les entreprises, a fortiori les PME. Pourtant, il est possible que d'ici 2013 à 2014, les prix des véhicules électriques baissent. A ce jour cependant, comme l'indique Philippe Brendel, président de l'Observatoire du véhicule d'entreprise (OVE), «dans tous les cas, à l'achat, le véhicule électrique reste beaucoup plus cher. A titre de comparaison la Peugeot Ion demeure trois fois plus chère à l'achat qu'une Peugeot 107 diesel».

2. LE VEHICULE ELECTRIQUE EST PLUS CHER A ENTRETENIR

Vrai. Selon l'étude réalisée par l'OVE, publiée en décembre 2010, le coût d'usage du véhicule électrique (en l'occurrence, l'OVE a pris comme cas d'école une Peugeot Ion utilisée sur une période de 48 mois ou 80 000 km), il apparaît que le véhicule électrique reste plus onéreux de 43 % qu'un véhicule diesel. Attention cependant, car l'étude intègre le prix d'achat du véhicule dans le coût d'usage (une 107 diesel ne coûte que 11 700 euros HT). L'OVE relativise ses conclusions en précisant que dans l'hypothèse d'une baisse du prix de vente de la Ion à seulement 24 500 euros, le surcoût du véhicule électrique sur quatre ans n'est plus que de 16% par rapport au diesel. Par ailleurs, les moteurs électriques nécessitent moins d'entretien et leur durée de vie est nettement plus longue que celle des moteurs thermiques.

@ AUTOMOBILES PEUGEOT

3. LE VEHICULE ELECTRIQUE EST PLUS VITE RENTABILISE

Tout dépend du modèle économique qui s'imposera, notamment sur le plan du remplacement des batteries. Ces dernières ont une espérance de vie donnée. Leur remplacement grève alors le budget de l'entreprise. Aujourd'hui, le coût d'une batterie se situe entre 500 et 700 euros HT le kW/h. Il y a quelques années, il dépassait les 1 500 euros HT. Les constructeurs prévoient qu'il soit compris entre 200 et 300 euros HT d'ici 18 à 24 mois. Renault, par exemple, pour sa gamme ZE, opte pour un système d'abonnement mensuel (72 euros HT pour un Kangoo Express ZE, par exemple) qui permet de réduire le coût d'usage et donc d'obtenir une meilleure rentabilité. Ce système d'abonnement consiste en un remplacement de la batterie en cas de baisse de ses performances. Renault prend en charge le cycle de vie global de la batterie de la production au recyclage. Avec la perspective d'un litre de carburant à 2 euros, le véhicule électrique semble avoir l'avantage par rapport au diesel. Les ressources pétrolières étant limitées, la hausse du prix des carburants est inéluctable. Or, avec un coût de recharge en électricité inférieur à 2 euros en France pour une charge complète, l'économie semble évidente. L'électricité consommée et la location de la batterie représentent un coût inférieur ou égal à celui du carburant à kilomètres équivalents.

4. LE VEHICULE ELECTRIQUE EST PLUS ECOLO QU'UN DIESEL

C'est vrai... et faux. Le véhicule électrique est à ce jour le moyen de locomotion le moins polluant puisqu'il n'émet pas de CO2. D'autant que 80 % de l'énergie électrique produite en France provient du nucléaire, qui ne génère pas non plus de CO2. L'électrique l'emporte donc sur le diesel. Et ce, malgré les efforts consentis par la filière en matière de filtre antiparticules et en réduction d'émission de CO2. Mais il faut considérer le problème de la pollution sous tous les angles et l'actualité récente apporte un nouvel éclairage. En effet, après l'accident de la centrale japonaise de Fukushima, il est fort probable que l'on perçoive les véhicules électriques sous un nouveau jour. Par ailleurs, les batteries rechargeables utilisées dans les véhicules électriques ont une durée de vie de cinq ans en moyenne et contiennent des composants toxiques (plomb, cadmium, lithium...). Ce qui occasionne une réelle pollution sur l'ensemble de leur existence depuis leur fabrication jusqu'au recyclage... A cet égard donc, les véhicules électriques ne font guère mieux que les véhicules thermiques!

5. L'OFFRE ELECTRIQUE N'EST PAS ADAPTEE AUX PME

C'est vrai... et faux. Tout dépend de l'activité de l'entreprise, il faut donc effectuer un diagnostic de mobilité des collaborateurs. Si, l'activité implique des déplacements supérieurs à 200 km par jour et le recours à des véhicules utilitaires, le diesel reste, à ce jour, recommandé. Si en revanche, les effectifs ont un rayon de déplacement professionnel inférieur à 100 km et des besoins en charge utile limités, l'offre électrique est d'ores et déjà adaptée.

6. LA FISCALITE DE L'ELECTRIQUE EST PLUS AVANTAGEUSE

Faux. La TVA n'est pas récupérable sur les véhicules électriques, pas plus que sur les frais qu'ils occasionnent. En revanche, si les véhicules thermiques supportent la Taxe sur les véhicules des sociétés (TVS), calculée sur leur taux d'émission de CO2, les électriques en sont évidemment exempts. Cependant, l'amortissement des véhicules de société ne peut dépasser un plafond de 18 300 euros. Au-delà de cette limite, l'impôt s'applique directement. Dans le cas de l'électrique, il est d'usage de déduire le prix des batteries si toutefois elles sont inscrites séparément à l'actif. «L'incidence de l'impôt sur les sociétés sur la partie du prix du véhicule électrique hors batteries au-delà de 18 300 euros pour une durée d'amortissement de quatre ans s'élève ainsi à 570 euros», explique Philippe Brendel (OVE). Un autre aspect doit être considéré. L'usage de véhicules particuliers à des fins personnelles par les salariés est un avantage en nature soumis aux charges sociales (salariales et patronales) et à l'impôt sur le revenu. Le calcul des avantages en nature s'effectue, alors, en appliquant un taux forfaitaire de 9 % sur le prix de la voiture.

7. A CHARGE EGALE, LES VEHICULES ELECTRIQUES PERDENT PLUS VITE LEUR AUTONOMIE

Vrai. Dès lors qu'un véhicule est lourdement chargé, il consomme davantage. Prenons l'exemple d'un Renault Kangoo avec une charge utile de 650 kg: sa version électrique subira une perte d'autonomie limitée à 10 ou 20 km. L'impact certes faible demeure néanmoins supérieur à celui d'un modèle diesel.

En conclusion, le véhicule diesel demeure économiquement plus intéressant que l'électrique. «La situation pourrait s'inverser, indique Philippe Brendel, car les constructeurs vont étoffer leur gamme de véhicules utilitaires. » Avec 236 véhicules électriques écoulés sur les deux premiers mois de l'année 2011, on est loin du raz-de-marée qui permettra une baisse des prix significative...