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« Les entreprises devraient passer du temps à courir après les clients plutôt qu'après leurs règlements! »

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Pierre Pelouzet, Médiateur des relations inter-entreprises

@ © F.GIRARD

Pierre Pelouzet, Médiateur des relations inter-entreprises

Quel Médiateur serez-vous?

Je vais capitaliser sur le travail effectué depuis deux ans et continuer à faire connaître la médiation et la problématique des relations inter-entreprises. Avec un même but: convaincre et faire bouger les choses. Je serai un médiateur de conviction. J'ai une expertise des grands groupes, je connais aussi très bien les PME. J'appréhende les décalages de perceptions entre ces deux mondes, qui devraient travailler ensemble et non s'affronter. Je continuerai à être dans la dénonciation si besoin, mais surtout je souhaite un rapprochement des points de vue.

Jean-Claude Volot, votre prédécesseur parlait de «maltraitance des sous-traitants». Quelle est votre analyse?

Les termes comme «sous-traitant» ou «donneur d'ordres» devraient être bannis, ils décrivent un mode de fonctionnement qu'il faut arriver à dépasser. Quant à «maltraitance», cela me paraît un peu fort mais il est vrai qu'il y a de vrais problèmes. La situation est anormale: les entreprises devraient passer du temps à courir après les clients plutôt qu'après leurs règlements: le crédit interentreprises représente 500 milliards d'euros!

La médiation est efficace dans 80 % des cas. Pourtant, les dirigeants de PME n'y ont pas recours. Que pourriez-vous leur dire pour les encourager à franchir le pas?

Vous n'avez rien à perdre et tout à y gagner! Dans la majorité des cas, les blocages proviennent de problèmes d'incompréhension et de méconnaissance de l'acheteur qui ne s'imagine pas l'impact que peuvent avoir ses actions. La médiation est un outil simple, gratuit, rapide et confidentiel qui permet de débloquer un certain nombre de situations et qui permet aux deux parties de continuer à travailler ensemble. Plus tôt le médiateur arrive dans le processus, plus il est efficace. Si, malgré tout, le dirigeant a peur de mener une action seul, il peut opter pour une action collective. Dans tous les cas, ne rien faire, c'est pire!