Chef d'entreprise Magazine N°18 - 01/05/2007 - Houda El Boudrari
Ne laissez pas dormir votre argent. Un excédent de trésorerie inactif n'est pas un très bon indicateur pour votre entreprise et peut se traduire par un manque à gagner important. Quatre conseils pour concilier prudence et rentabilité.

«Trouver le bon équilibre entre trois facteurs la liquidité, le risque et le rendement», c'est la règle d'or de la gestion du placement de liquidités, selon Philippe Rousselot, professeur de finance à l'ESC Toulouse et coauteur de Gestion de trésorerie (Editions Dunod). Pour prévoir vos besoins en cash, décomposez votre trésorerie en tranches, en fonction de vos échéances naturelles et stratégiques. L'objectif est d'apprécier, de manière aussi certaine que possible, le montant des fonds utilisables et le délai de disponibilité. «Il faut connaître les grandes lignes de la saisonnalité de votre trésorerie à horizon de douze mois et avoir une vision beaucoup précise entre trois semaines et trois mois», estime l'expert.
Vous devez ensuite prendre en compte le risque. Ce dernier doit être maintenu au plus bas. «Il sera nul s'agissant des salaires de vos collaborateurs», met en garde Philippe Rousselot. A bannir, donc, les placements en actions qui peuvent reserver de mauvaises surprises en cas de chute subite des cours. Une fois les contraintes de liquidités connues et les limites de risque fixées, vous disposerez d'un cadre clair à l'intérieur duquel vous pourrez maximiser vos rendements.
Si vous avez un excédent structurel de trésorerie, la piste fournisseurs n'est pas à négliger «En France, les délais de paiement sont tellement longs que vos fournisseurs seront ravis d'être payés plus vite, même en contrepartie de remises importantes», affirme Olivier Avril, directeur financier à temps partagé et gérant d'Acting Finances. Cela revient à accorder une avance de trésorerie à vos fournisseurs, à des taux nettement plus intéressants que ceux du marché financier. Seul hic: une fois que vous les avez habitués à des délais très courts, il vous sera difficile de revenir en arrière. «Si vous n'avez pas de visibilité à long terme, il vaut mieux pratiquer des escomptes ponctuels au cas par cas», conseille le gérant d'Acting Finance.
Ce qui consiste à payer une facture comptant ou en avance, en échange d'une remise. Le taux d'escompte appliqué est négocié au moment de la signature du contrat et précisé dans les conditions générales de vente. Il est généralement compris entre 0,5 % et 1 % par mois et dépend des taux d'intérêt et des besoins du fournisseur en liquidités.

- Les droits d'entrée
Les droits (ou commission de souscription) prélevés sur les Sicav et les FCP ne font l'objet d'aucune réglementation. Les performances affichées par les établissements qui proposent ces produits, ainsi que celles reprises dans les classements comparatifs, n'en tiennent généralement pas compte. Or, ces frais peuvent altérer significativement les performances réelles d'un produit. Pour savoir s'ils sont négociables, référez-vous à la notice d'information de la Sicav ou du fonds. S'ils sont versés à l'OPCVM, ils ne sont pas négociables (la loi l'interdit). A l'inverse, ils le deviennent à 100 % si la notice n'indique pas la destination des droits ou précise qu'ils sont acquis à la société de gestion.
- Le taux d'intérêt
La rémunération des dépôts à terme et des certificats de dépôt est toujours négociable. Pour optimiser vos rendements, globalisez au maximum vos opérations, tablez sur les durées les plus longues possible et faites jouer la concurrence entre banques.
- Les pénalités de sortie
Les pénalités de sortie en cas de rupture anticipée d'un compte à terme peuvent également être atténuées, pour peu que vous sachiez trouver les mots pour convaincre. Mais ne recourez au retrait avant terme qu'en cas de force majeure: à défaut, vous seriez vite grillé auprès de votre banquier!
Selon François Moinier, responsable du pôle offres commerciales pour les entrepreneurs et professions libérales chez BNP Paribas, «les OPCVM de trésorerie sont les plus indiqués à moins d'un mois». Ils se prêtent à une gestion au jour le jour et ne comportent ni droit d'entrée ni droit de sortie. Certains OPCVM exigent toutefois une prime de souscription minimum lors du premier achat. Indépendamment de leur structure juridique, les Sicav et les fonds communs de placement (FCP) ont un mode de fonctionnement similaire et peuvent être souscrits indifféremment. Les fonds placés peuvent être immédiatement récupérés sans pénalité puisque leur terme n'est pas fixé. Le risque pris dépend de la composition de l'OPCVM, mais est toujours minime. Il s'agit plus d'une éventuelle révision à la baisse de sa plus-value que d'une menace sur le capital de départ. Très liquide et sans risque, ce type de placement est aussi peu rémunérateur: environ 2,30 % par an. «Les OPCVM de trésorerie vous prémunissent juste contre la perte de valeur de votre argent, puisqu'ils vous rémunèrent à peu près au taux de l'inflation», résume Philippe Rousselot.

«Au-delà d'un mois, vous pouvez envisager des placements bancaires plus rémunérateurs», estime Olivier Avril. La solution la plus courante reste le dépôt à terme. La rémunération est proportionnelle à la durée de l'immobilisation des fonds. Un placement sur dix mois rapporte autour de 2,70 % par an. «En contrepartie, les contrats prévoient une pénalité en cas de sortie anticipée», prévient Philippe Rousselot. Si vous disposez de liquidités importantes (plus de 150000 euros), il peut être intéressant d'investir dans des certificats de dépôt. Négociables sur le marché secondaire, ils sont plus souples que les comptes à terme. Mais mieux vaut privilégier les échéances courtes (de un à trois mois) si vous souhaitez trouver facilement un acheteur. L'investissement en billets de trésorerie émis par d'autres entreprises n'est, en revanche, adapté qu'aux sociétés de grande taille, du fait de leur lourdeur de gestion. «Les moyens alloués à la gestion de trésorerie doivent rester proportionnels aux enjeux», souligne Olivier Avril. Il est donc inutile de se lancer dans des montages financiers compliqués quand l'excédent est faible ou exceptionnel.
Inscrivez-vous gratuitement et devenez membre du site. Pour recevoir chaque semaine la newsletter Chef d'Entreprise, bénéficier d'invitations de d'informations professionnelles.
Espace de libre expression sur tous les thèmes de votre univers profesionnel.
ConsulterLe Carrefour des Assistantes, le 1er Salon des Assistantes de Direction, s'installent au Carrousel du Louvre les15 et 16 septembre 2010
Carrefour des assistantesLe site "MarketingPourPME" lance son blog
Le blog de MarketingPourPME ne permet pas de poster des commentaires alors que c'est un élément essentiel dans tout blog qui se respecte ! En ...
Le Courrier Industriel - 01/09/2010
Rendez votre commerce accessible aux handicapés
bonjour, pourriez-vous me dire si il existe des aides ou subventions qui pourraient aider à la mise aux normes handicap un local commercial qui ...
cathy - 29/08/2010
Femme d'artisan, un métier à part entière
J'ai travaillé quelques années chez des employeurs avant de le faire pour mon mari, artisan garagiste. C'était en 1972. Les statuts n'existaient pas. ...
DARNAND - 24/08/2010
CONFERENCE
Paris, le mercredi 13 et jeudi 14 octobre 2010
Motiver et fidéliser vos forces de ventes
Objectifs :
Distribution d'échantillons, catalogues, bons de réduction…dans les crèches de France au travers d'un sac cadeau original. 3 distributions par an : mars, juin, novembre. Familles avec au moins un ...
Voir le fichier en détail
Regroupement de plus de 275 clubs répartis dans la France entière, animés par plus de 5000 bénévoles. Agés de plus de 42 ans en moyenne, les adhérents sont de CSP + (45% de cadres, professions ...
Voir le fichier en détail
Pôle regroupant trois titres: Télé-Loisirs, Télé 2 semaines et TV Grandes Chaînes. Les deux premiers regroupent l'utilité et le plaisir, proposant de l'actualité et des jeux, des magazines à partager ...
Voir le fichier en détail
Commentaires des lecteurs (0)