Mon compte Devenir membre Newsletters

8 placements en vue de la retraite

Publié le par

S'assurer aujourd'hui des compléments de revenus pour la retraite est une nécessité. Plusieurs pistes peuvent être explorées par les chefs d'entreprise (immobilier, Perco, articles 39 et 83, loi Madelin, Perp, etc.). Des solutions qui doivent être combinées selon vos besoins. Revue de détail.

Préparer sa retraite: une vraie problématique pour les dirigeants d'entreprise, dont le régime obligatoire est loin d'être suffisant pour s'assurer la sécurité essentielle lorsque l'heure de la retraite sonne. Mais, avant de se décider à placer de l'argent, il est bon de se poser certaines questions essentielles: combien de temps me reste-t-il à travailler? Quel degré de risques suis-je prêt à prendre? Est-ce que je souhaite faire profiter mes salariés d'un plan retraite? Tour d'horizon des solutions existantes.

@ FOTOLIA / ALPHASPIRT

1 - L'immobilier

La pierre, valeur sûre par excellence. Car, si préparer sa retraite est crucial pour un chef d'entreprise, il est tout aussi essentiel de protéger sa famille. « Le premier investissement sera alors l'achat de la résidence principale», insiste Nicolas Willig, gérant du cabinet de gestion patrimoniale Valoris Patrimoine. Ensuite, plusieurs options s'offrent à vous. « Il faut être attentif au type de bien que vous voulez acheter, sous forme de société ou en tant que particulier, explique-t-il. Il faut se poser la question suivante: ai-je besoin de la valeur du bien ou des revenus qu'il va générer? » Si vous comptez sur le capital obtenu par une revente, vous pouvez alors choisir de développer un patrimoine professionnel en achetant les murs de votre entreprise. Une option qui va créer une richesse au moment du départ à la retraite, un bémol toutefois si l'entreprise est transmise aux enfants, par exemple. Mais vous pouvez toujours rester propriétaire des murs et percevoir des loyers. « L'activité de l'entreprise entre également en ligne de compte, précise l'expert. Si c'est une entreprise susceptible de croître, il ne faut pas que les charges liées à l'achat soient un frein à la croissance. En revanche, si l'activité est stable, c'est un excellent placement. »

Dans le cas de l'immobilier locatif, l'acheteur peut compter sur les loyers qu'il va percevoir pour s'acquitter du crédit. Celui-ci a alors le choix entre le locatif d'habitation ou le local d'activité, ce dernier s'inscrivant dans les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), à l'instar de la location de logements meublés. Le principal avantage de ce type d'investissement est la possibilité de l'amortir. C'est-à-dire que les loyers perçus ne sont pas imposables tant que des charges liées à l'emprunt sont à payer. Le propriétaire a même intérêt à avoir plus de charges que de bénéfices, puisque cet amortissement peut être reporté au-delà du remboursement de l'emprunt. « Cela peut être une très bonne opération pour des personnes proches de la retraite, à condition que le financement du bien arrive à terme avant la fin de leur vie active, explique Nicolas Willig. Cela permet de se créer une provision. » Autre choix possible: le locatif d'habitation. « Il faut alors choisir entre le neuf et l'ancien, en sachant que si le neuf présente un rendement locatif moindre, il bénéficie néanmoins de déductions fiscales intéressantes via la loi Scellier, notamment. » Une situation bientôt moins lucrative, puisque cette même loi connaît ses dernières heures, avant son abrogation au 31 décembre. Mais un nouveau dispositif doit être bientôt dévoilé...

Delphine Maisonneuve, directrice du marché des professionnels, AXA France

« La rente n'est pas très à la mode. Pourtant, elle présente l'avantage de ne pas être soumise à l'ISF, contrairement au capital. Et personne n'est à l'abri de vivre vieux ! »

2 - L'article 39

Parmi les solutions collectives de retraite, l'article 39 est l'une des plus répandues. Si ce placement présente un véritable engagement pour l'entreprise, puisque les cotisations dues forment un passif social, la fiscalité qui y est rattachée est particulièrement intéressante: les cotisations, définitivement dues, sont déductibles du résultat imposable de l'entreprise. « L'autre avantage non négligeable de ce placement est l'immédiateté de ses effets, précise Anne de Lanversin, directrice commerciale et solutions financières chez AXA Epargne retraite entreprise. Il est donc possible de contracter un article 39 en fin de carrière. » Lors de la conclusion du contrat, l'employeur doit décider de la catégorie de salariés qui en bénéficiera, mais aussi de la durée et du montant des cotisations. En prenant en compte, bien sûr, l'horizon de départ à la retraite des salariés concernés, y compris lui-même. L'article 39 est également un atout pour fidéliser ses collaborateurs, puisqu'il prend effet à condition que le salarié travaille encore au sein de l'entreprise au moment de son départ à la retraite. Il est reversé sous forme de rentes. A partir du 1er janvier 2013, l'article 39 devra obligatoirement être accompagné d'un plan de retraite au bénéfice de l'ensemble des salariés, comme un Perco ou un article 83.

3 - L'article 83

Cousin de l'article 39, l'article 83 lui est souvent associé. Notamment parce que, contrairement à l'article 39, son effet n'est pas immédiat. « Dans le cadre d'un dispositif article 39 combiné à un article 83, c'est l'article 39 qui prendra en charge les départs à la retraite, dans les premiers temps », explique Anne de Lanversin (AXA Epargne retraite entreprise). Autre distinction: les cotisations peuvent être versées intégralement ou partiellement par l'employeur, présupposant ainsi une participation des salariés concernés. L'article 83 peut être établi au bénéfice de tout ou partie des collaborateurs. « Depuis la loi de retraites de 2011, les cadres dirigeants ont la possibilité de faire des versements volontaires en plus de la cotisation initiale, souligne Anne de Lanversin. Ces versements sont déductibles de l'impôt sur le revenu: c'est donc un gain immédiat pour l'employeur et les salariés. »

4 - Le Perco (plan d'épargne retraite collectif)

Autre plan d'épargne collectif: le Perco. Celui-ci se différencie des placements expliqués précédemment de par son contenu: il s'agit un portefeuille de valeurs mobilières, comme les Sicav ou les FCPE (fonds commun de placement d'entreprise). Sa souscription au sein d'une société est conditionnée à la présence préalable d'un PEE (plan d'épargne entreprise). « Le Perco présente les avantages de l'épargne salariale, puisque les salariés peuvent nourrir le Perco grâce à l'intéressement, la participation ou le compte épargne-temps qui composent l'épargne, détaille Pascale Pellarin, responsable de l'ingénierie patrimoniale gestion privée pour Banque Palatine. Mais cet eldorado tend à perdre de son attrait, avec la décision du gouvernement de faire passer le forfait social de 8 à 20 % cet été. »

5 - La loi Madelin

Cette loi a été créée dans le but de pallier les carences du régime obligatoire des travailleurs non salariés (TNS), en leur permettant de cotiser pour percevoir une rente viagère complémentaire. Comme les placements précédents, les cotisations sont déductibles du revenu imposable. C'est un placement adapté aux TNS disposant de hauts revenus, pour que le bénéfice sur les impôts soit notable. « Le souscripteur choisit, à la conclusion du contrat, un montant de cotisation annuel, explique Delphine Maisonneuve, directrice du marché des professionnels chez AXA France. Il est maintenant possible de multiplier ce montant par 15 avec un versement complémentaire. » Par exemple, si vous vous engagez à verser 4 000 euros par an, vous avez la possibilité de verser jusqu'à 60 000 euros en un an. Une marge de manoeuvre bienvenue, qui peut permettre d'ajuster ses cotisations en fonction, notamment, de la santé de l'entreprise. Le contrat Madelin comporte trois formes: une partie en fonds en euros, une autre en fonds boursiers, puis en points retraite. « Selon l'appétence du client au risque, nous allons combiner ces différents types de fonds, tout en gardant à l'esprit que plus on approchera de la retraite, plus on sécurisera les fonds en réduisant la part en unités de compte », précise Delphine Maisonneuve (AXA France). Sauf cas graves, comme la liquidation judiciaire ou le décès du conjoint, un contrat Madelin ne peut se liquider qu'au moment de la liquidation du régime obligatoire à taux plein. Dernier détail: sous réserve d'une durée de cotisation supérieure ou égale à 15 ans, la rente perçue n'est pas soumise à l'impôt sur la fortune (ISF).

6 - Le Perp (plan d'épargne retraite populaire)

Ouvert à tous, le Perp est le chouchou des jeunes dirigeants. Et pour cause. Si les déductions d'impôts sont légèrement moins intéressantes que celles du contrat Madelin, vous n'avez pas à vous engager sur un montant défini de cotisations. Celles-ci peuvent être programmées ou libres. « Le Perp présente plus de souplesse en matière de versements que la loi Madelin, c'est donc compatible avec le démarrage d'une activité », explique Delphine Maisonneuve. Le Perp est aussi un choix judicieux lorsque vous travaillez avec un conjoint collaborateur, puisque les plafonds peuvent être mutualisés: depuis la loi de finances de 2007, si l'un des conjoints n'utilise pas la totalité, la différence peut être reportée sur le plafond de l'autre conjoint, ce qui permet d'augmenter le montant des cotisations déductibles. « Au moment du départ à la retraite, il y a une possibilité de tout toucher sous la forme de rentes ou de toucher 20 % sous la forme de capital, précise Delphine Maisonneuve (AXA France). La rente n'est pas très à la mode ces temps-ci, et pourtant, elle a l'avantage de ne pas être soumise à l'ISF, contrairement au capital. Et personne n'est à l'abri de vivre vieux... »

7 - Le PEA (plan d'épargne en actions)

Moins populaire que les autres placements, en particulier en ces temps de crise, le PEA ne reste pas moins un placement ouvert à tous, qui peut attirer certains jeunes dirigeants. « On peut préconiser un petit portefeuille de participations en complément d'autres plans, développe Pascale Pellarin (Banque Palatine). Mais il ne faut pas oublier que le chef d'entreprise supporte déjà le risque action tous les jours dans sa société, donc il n'a pas un profil très «boursicoteur», sauf si c'est un investissement dans sa propre société ou une société amie. Il faut pouvoir gérer le risque. » Car, avec un plafond à 132 000 euros (264 000 euros pour un couple marié), le PEA laisse une large marge de manoeuvre sur la prise de risques. En revanche, celui-ci demande un engagement important de la part du souscripteur, puisque tout retrait avant huit ans clôt le PEA et si, en plus, le retrait intervient avant cinq ans, vous perdez les avantages fiscaux. Après huit ans, plusieurs options sont possibles: continuer à faire vivre le PEA, effectuer des retraits partiels ou un retrait total. Si celui-ci est versé sous la forme d'un capital, la plus-value sera alors soumise aux prélèvements sociaux et défiscalisée, tout comme la rente viagère si l'on opte pour ce mode de versement.

8 - L'assurance-vie

24 millions de Français en possèdent une. Elle doit sa popularité à l'absence de risques qu'elle implique. Cette forme coexiste avec une épargne en fonds boursiers et une mixité de ces types de fonds. « A adapter en fonction du niveau de risque souhaité », souligne Nicolas Willig (Valoris Patrimoine).Elle comporte plusieurs types de sorties: rachat total ou partiel, sortie en capital ou en rente, ou encore en capital décès. La fiscalité dépend du mode de sortie et de l'âge du souscripteur. « On ne choisit pas l'assurance-vie pour s'enrichir, nuance l'expert. On en souscrit une pour des excédents de capitaux que l'on pourra utiliser au moment du départ à la retraite. »

Mot clés :

SOPHIE ROY