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AU SECOURS, MA COLLABORATRICE PART EN CONGE MATERNITE !

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C'est une joie pour la collaboratrice, mais aussi une source de tracas pour le chef d'entreprise. Un congé maternité doit être bien préparé si l'on veut éviter certains déboires, tels que des dossiers mal transmis ou une collaboratrice démotivée à son retour.

@ Maljuk/Fotolia/LD

Pierre Durand a un sentiment mitigé. A la tête d'une entreprise de cinquante salariés, il vient d'apprendre que son assistante est enceinte et éprouve un sentiment partagé. Certes, il est heureux pour elle. Mais, en tant que chef d'entreprise, il pense aux complications à venir: recrutement d'une remplaçante, transmission des dossiers délicats, gestion de son absence et préparation du retour de la salariée. Il va devoir être vigilant et procéder par étapes, pour que cette bonne nouvelle ne soit pas à l'origine de tracas, aussi bien pour l'entreprise que pour sa collaboratrice.

Selon Philippe Tramond, p-dg du cabinet Pilotis, spécialiste des relations interpersonnelles en entreprise, l'un des risques est que la future maman soit en état de stress à l'idée d'être mise sur la touche à son retour et qu'à l'issue du congé, elle se sente déconnectée ou revienne moins motivée. Pour éviter ces risques, «la préparation du congé maternité doit se faire dès que la salariée annonce sa grossesse», conseille l'expert. Rassurer et impliquer doivent être les maîtres mots. «Vous pouvez, par exemple, demander à votre collaboratrice de vous aider dans le recrutement de sa remplaçante», souligne Philippe Tramond.

Veillez à la transmission des dossiers

Autre point sur lequel vous devez être vigilant: la bonne transmission des dossiers. C'est l'une des clés de la bonne gestion d'un tel congé, dont vous-même et votre salarié tirerez profit. Ici, deux situations peuvent se présenter. Soit vous décidez de recruter une personne en contrat à durée déterminée (CDD) pour la remplacer, soit vous réorganisez le service et confiez les dossiers en cours à des collaborateurs en place. Quel que soit votre choix, prévoyez au moins une semaine de transition. Cette période est essentielle, car elle permet à la future maman de transmettre le relais dans de bonnes conditions, en «briefant» son remplaçant sur les points importants de sa mission (quels sont les dossiers urgents ou compliqués, qui sont les contacts privilégiés, etc.). Ledit remplaçant sera ainsi opérationnel plus rapidement. Si vous optez pour un recrutement en CDD, pensez, lors de l'élaboration du contrat, à ajouter une clause de disponibilité. Ainsi, si la mère décide de prolonger son congé maternité par un congé parental (voir l'encadré), vous n'aurez pas besoin de renouveler le contrat. Si vous avez choisi de réorganiser le service, il est judicieux de prévoir une prime pour les salariés qui verront leur charge de travail augmenter.

@ ELL/FOTOLIA/LD

Enfin, vient l'heure du retour de la collaboratrice de son congé maternité. Le jour J, organisez un entretien avec elle. Faites-lui un résumé des faits marquants survenus durant son absence (arrivée ou départ de collaborateurs, lancement de nouveaux produits, etc.). C'est aussi le moment pour faire le point avec elle sur ses envies. La personne en face de vous peut avoir «changé» avec l'arrivée de son bébé et afficher de nouvelles priorités dans sa vie: a-t-elle l'intention, par exemple, de demander un temps partiel pour s'occuper de son enfant? Essayez de jauger sa motivation et jouez cartes sur table. Comme pour le départ en congé maternité, prévoyez une bonne semaine de transition lors du retour de la collaboratrice, le temps qu'elle reprenne en main ses dossiers. Par ailleurs, évitez de lui mettre une pression trop grande. Elle aura certainement besoin d'un peu de temps pour retrouver ses repères.

@ Maljuk/fotolia/ld

PHILIPPE TRAMOND, p-dg du cabinet Pilotis

La préparation du congé maternité doit se faire dès que la salariée annonce sa grossesse.

TEMOIGNAGE
Nous allons préparer son retour avec minutie
THIBAULT BECHETOILLE, président de Qosmos

«Je ne veux pas qu'une future maman puisse penser une seconde qu'elle sera mise à l'écart à cause de son congé maternité!» C'est ce qu'explique, sans détour, Thibaut Bechetoille, dont la directrice de la communication est absente depuis le mois de septembre. Pour éviter qu'elle soit trop stressée, il a réduit sa charge de travail les dernières semaines. Il a aussi réorganisé le service marketing et communication et veillé à ce qu'elle transmette, dans de bonnes conditions, les dossiers les plus importants à d'autres collaborateurs. Thibaut Bechetoille tient aussi à préparer le retour de sa collaboratrice. Il a prévu de la tenir au courant, dans les grandes lignes, des changements qui auront eu lieu pendant son absence. Toutefois, pour ne pas être trop intrusif, le dirigeant laissera sa collaboratrice reprendre contact avec l'entreprise, quand «elle en sentira le besoin». Enfin, il souhaite lui confier, dès son retour, «des dossiers importants», afin de lui montrer qu'elle a bien sa place dans l'entreprise. Avec toutes ces attentions, Thibaut Bechetoille espère que la jeune femme ne se sentira pas trop déconnectée.


QOSMOS - Repères
ACTIVITE: Développement d'une solution d'optimisation et de sécurisation des réseaux IP
VILLE: Paris (XVIIearr.)
FORME JURIDIQUE: SA
DIRIGEANT: Thibaut Bechetoille, 48 ans
ANNEE DE CREATION: 2000
EFFECTIF: 40 salariés
CHIFFRE D'AFFAIRES 2008: 4,3 MEuros

@ DEANM1974/FOTOLIA/LD

JURIDIQUE
Le congé maternité, un statut très encadré

- Dès qu'une salariée déclare sa grossesse à son employeur, elle bénéficie de la protection des femmes enceintes contre les sanctions, le licenciement ou la mutation pendant sa période de grossesse et pendant son congé maternité ou d'adoption.
- La durée du congé maternité est de 16 semaines dont, en principe, un congé de 6 semaines avant la date présumée de l'accouchement et un congé de 10 semaines après. Depuis 2007, les femmes enceintes peuvent reporter trois semaines (maximum) de leur congé maternité après l'accouchement. L'employeur n'a pas le droit de s'y opposer.
- En cas d'état pathologique attesté par un certificat médical, le congé maternité peut être augmenté de 2 semaines avant la date prévue de l'accouchement et de 4 semaines après celui-ci.
- Dès le début du congé maternité de votre salariée, vous devez établir une attestation de salaire qui permet à l'assurance maladie de déterminer si votre collaboratrice a droit aux indemnités journalières pendant son congé maternité et, si tel est le cas, en calculer le montant. Elle doit justifier de 10 mois d'immatriculation, en tant qu'assurée sociale, à la date présumée de son accouchement.
- Lorsque votre salariée reprend son travail, vous devez en informer sa caisse d'assurance maladie.
- Tout homme ou femme, parent naturel ou adoptif, peut, si il/elle a au moins un an d'ancienneté, demander un congé parental. L'employeur ne peut pas le refuser. La durée initiale est d'un an, mais le congé parental peut être prolongé deux fois, à condition de ne pas excéder le troisième anniversaire de l'enfant. Ce congé peut être total ou partiel (minimum de 16 heures par semaine). Les deux parties doivent se mettre d'accord sur l'aménagement de l'emploi du temps. A défaut, c'est l'employeur qui choisit les horaires.
- A l'issue du congé, la (ou le) salarié(e) doit retrouver son précédent emploi ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente.

Mot clés : Fotolia

Julien VAN DER FEER