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Alain Pascail, dirigeant de Pelios: Il se forme... à la garde à vue

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Le chef d'entreprise évolue dans un environnement juridique à haut risque pénal... Alain Pascail, dirigeant de Pelios, en est bien conscient. C'est pourquoi il a suivi une journée de formation intitulée «Le dirigeant et la garde à vue».

Le 16 juin 2009. Une journée de formation comme les autres pour Alain Pascail, fervent adepte de la formation continue et dirigeant de Pelios, société parisienne d'infogérance. Il note tout ce que dit son formateur, François Beauchêne, directeur associé de Parthenia, société de conseil aux entreprises. Seul le sujet est pour le moins inhabituel: Alain Pascail s'informe sur les sanctions pénales encourues par un dirigeant et sur la garde à vue. «Le chef d'entreprise est un généraliste de tout. Il n'est pas expert en droit et, de fait, court un certain nombre de risques liés à sa fonction et au secteur d'activité dans lequel il évolue, déplore Alain Pascail. Accidents du travail, délit d'entrave au bon déroulement de la mission des représentants du personnel, entorses à la réglementation du travail, abus de biens sociaux... Même sans le vouloir, on peut commettre des impairs. En tant que prestataire informatique, je peux, par exemple, être accusé de complicité si l'un de mes clients héberge des images pédophiles sur son serveur. » Et le risque est réel... Chaque année, 3 000 à 4 000 chefs d'entreprise sont placés en garde à vue. Soit dix dirigeants par jour! Alain Pascail prend donc les devants en se formant via cette session d'une journée (800 euros HT environ) qui mêle théorie et retours d'expérience.

Un homme averti en vaut deux. Les enseignements de cette formation sont nombreux. Du b.a-ba de la garde à vue à la gestion du stress, en passant par tous les aspects juridiques du risque pénal, la formation aborde l'ensemble des problématiques. Le dirigeant a ainsi cartographié les risques, établi des règles déontologiques et élaboré des process que devront suivre les salariés. Mais, d'ailleurs, ces derniers n'ont-ils pas trouvé suspect que leur patron suive cette formation s'il n'a rien à se reprocher? «Se former à la garde à vue, pour moi, c'est comme apprendre à conduire sur glace, illustre Alain Pascail. La probabilité que je me trouve confronté à cette situation en plein Paris est quasinulle. Mais si jamais cela m'arrive, je saurai comment réagir. La formation peut aussi servir dans mon quotidien: savoir gérer un gros stress peut être utile en cas de licenciement d'un salarié ou lors d'une prise de parole en public. » Alain Pascail est fin prêt (autant que l'on puisse l'être!), au cas où... «Si je suis convoqué pour une garde à vue, je sais ce qu'il faut faire, assure non sans malice Alain Pascail. Je dois mettre un pantalon qui tient tout seul car on nous retire ceinture et lacets. Je sais aussi que mieux vaut superposer les couches de vêtements pour avoir chaud car les couvertures fournies sont souillées, etc.» Ainsi informé de ses droits et du déroulement de la procédure, le dirigeant sera mieux armé, si d'aventure cette épreuve lui est imposée.

Chaque année, 3 000 à 4 000 chefs d'entreprise sont placés en garde à vue!

@ FOTOLIA/SHOOT4U

Chaque année, 3 000 à 4 000 chefs d'entreprise sont placés en garde à vue!

 

PELIOS - REPÈRES

ACTIVITE: Infogérance pour les TPE et PME
VILLE: Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine)
FORME JURIDIQUE: SARL
DIRIGEANT: Alain Pascail, 52 ans
ANNÉE DE CREATION: 2007
EFFECTIF: 8 personnes
CA 2010: 800 kEuros