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Courtiser les bons candidats sur internet

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Facebook, Viadeo, Linkedln... Ces réseaux sociaux sur le Web revendiquent des millions de membres. Une mine d'or pour une PME en quête de nouveaux collaborateurs. A condition de savoir s'y prendre.

Révolution pour les uns, effet de mode pour les autres. Les réseaux sociaux ne font, a priori, pas l'unanimité. Pourtant, utilisés à bon escient, ils peuvent devenir une arme efficace pour mener à bien vos recrutements. Il faut dire que le nombre d'internautes inscrits sur ces sites est conséquent. Viadeo, une plateforme de mise en relation professionnelle, compte 7 millions de membres dans le monde (dont 2,2 millions en France), et plus de 10 000 nouveaux inscrits par jour. Linkedln, l'un de ses concurrents, revendique 38 millions de membres (dont 800000 en France). Quant à Facebook, dont l'utilisation est plus souvent d'ordre privé, il dénombre près de 200 millions d'utilisateurs actifs (dont 9 millions en France). Grâce à la richesse des profils qu'ils réunissent, les réseaux sociaux font donc jeu égal avec les CVthèques des sites de recrutement les plus connus. A titre de comparaison, la base de données de Monster comporte plus de 3 millions de CV, celle de Cadremploi 1,2 million, et celle de Keljob 700 000.

JACQUES FROISSANT, fondateur et dirigeant d'Altaïde

«Trouver la perle rare sur les réseaux sociaux du Net est presque gratuit.»

Démarcher les candidats passifs.

Ce nouveau canal de recrutement présente un autre avantage: son coût, modique. «Trouver la perle rare sur les réseaux sociaux du Net est presque gratuit. Un argument qui fait sens en temps de crise!», souligne Jacques Froissant, fondateur et dirigeant d'Altaïde, un cabinet spécialisé dans le recrutement 2.0. Concrètement, il vous suffit de vous inscrire sur les différents sites et d'y renseigner votre profil. «Il est essentiel d'être très transparent quand vous intervenez sur un réseau social», insiste Jacques Froissant. Décrivez qui vous êtes et l'activité de votre entreprise. Il faut rassurer l'internaute pour qu'il s'intéresse à vous. Une fois votre profil renseigné et un abonnement mensuel souscrit (moins de 7 Euros TTC par mois), vous pouvez entrer en contact avec les candidats potentiels que vous avez identifiés sur le site. Pour les trouver, vous utiliserez les moteurs de recherche intégrés aux plateformes. En tapant des mots- clés, tels que la profession que vous recherchez ou votre secteur d'activité, vous ferez apparaître des profils pouvant correspondre à vos besoins. «Vous pouvez également dénicher des candidats en vous intégrant à des groupes de discussion - les «hubs»- en rapport avec votre activité», ajoute Camille Travers, responsable de WebTalent, une société spécialisée dans le recrutement via les outils du Web 2.0 (blog, réseaux sociaux...). La plupart des sites de mise en relation professionnelle disposent d'espaces payants dédiés à la publication d'offres d'emploi. L'annonce doit détailler le poste à pourvoir et indiquer la rémunération que vous proposez. A titre d'exemple, vous paierez environ 500 Euros HT sur Viadeo pour que votre annonce apparaisse dans cette rubrique, pendant un mois. Au-delà du prix, et à la différence des approches plus traditionnelles, les réseaux sociaux permettent de toucher des personnes déjà en poste. Grâce à Viadeo, Linkedln ou Facebook, vous pouvez débaucher des profils qui ne sont pas en recherche active, mais seulement membres du réseau, et qui n'auraient pas forcément répondu à une offre d'emploi traditionnelle. Ces candidats sont recherchés pour leur expérience. Seule limite: votre poste doit constituer une véritable évolution de carrière pour les intéresser.

CAMILLE TRAVERS, responsable de WebTalent

«Vous pouvez dénicher des candidats en participant à des groupes de discussion».

Donner pour recevoir.

Pour tirer le meilleur profit des réseaux sociaux, vous devez vous dégager du temps. Même si Jacques Froissant (Altaïde) affirme qu'il ne lui faut, désormais, que 30 minutes par semaine pour suivre l'évolution de sa base de contacts (c'est-à-dire les personnes avec qui il est en relation directe), recruter un nouveau collaborateur lui demande d'effectuer des recherches. «Cette activité prend toujours moins de temps que de trier des profils dans une CVthèque», assure Camille Travers (WebTalent). Vos offres d'emploi auront plus d'impact si elles sont relayées par vos contacts. «Veffet bouche à oreille est un bon pourvoyeur de candidatures qualifiées», poursuit l'experte. Et pour cela, il faut entretenir son réseau et être actif. En clair, y consacrer quelques heures chaque semaine. Si vous n'avez pas assez de temps pour vous investir dans cette démarche, mieux vaut passer par un prestataire spécialisé. La facture est alors plus élevée. A titre indicatif, pour un mois de recherche comprenant la présélection des candidats et la première prise de contact, WebTalent facture la prestation 2 000 Euros HT environ. Enfin, sachez que les réseaux sociaux ne sont pas adaptés à tous les recrutements. Vous pourrez rencontrer des difficultés pour dénicher certains profils. C'est le cas pour les métiers de l'industrie (ouvriers spécialisés, mécaniciens). A l'inverse, les cadres, commerciaux et jeunes diplômés sont familiers de ces plateformes. Pour tirer le meilleur parti de ce mode de «sourcing», considérez donc les réseaux sociaux comme l'un des canaux de recrutement à explorer, mais pas comme la réponse unique à toutes vos recherches de candidats.

TEMOIGNAGE
J'ai recruté trois collaborateurs grâce aux réseaux sociaux

CHARLES BORNICHE, directeur général de Comptoir de l'homme


Les réseaux sociaux sur le Web, Charles Borniche en est friand. Il a déjà réussi trois recrutements grâce à Viadeo. Dernier en date: celui d'un commercial spécialisé en marketing interactif. «Entre le moment où j'ai diffusé mon annonce et la signature du contrat il ne s'est pas passé plus de quatre semaines», se félicite le dirigeant. Pour lui, les réseaux sociaux présentent bien d'autres avantages, outre la rapidité pour publier une annonce (24 heuresjA < maximum). Grâce à leur moteur de recherche, ils permettent «d'opérer une présélection de profils intéressants». Ainsi, Charles Borniche peut directement contacter les profils sélectionnés pour leur envoyer son offre d'emploi. Cette méthode, flatteuse pour le candidat, augmente les chances d'obtenir une réponse positive. «Un plus pour une petite structure» qui, souvent, pâtit d'un déficit d'image et peut rencontrer des difficultés pour recruter des profils particuliers. En outre, les candidatures sont souvent «très qualitatives, avec des profils correspondants bien au poste à pourvoir». Le tout pour un investissement modique, puisque le dirigeant n'aura déboursé que 500 euros pour sa dernière campagne de recrutement sur Viadeo. Seul bémol: certains profils sont difficiles à dénicher sur ces plateformes. «Lors du recrutement d'un webmaster, nous n'avons pas reçu assez de CV. Notre choix était trop limité», se souvient le directeur général. Il admet qu'utiliser les réseaux sociaux peut prendre du temps, jusqu'à «plusieurs heures par semaine». Mais, cette activité prend moins de temps que d'«éplucher la CVthèque d'un site de recrutement». Une raison de plus qui conforte le dirigeant dans sa méthode de recrutement.


COMPTOIR DE L'HOMME - Repères
- ACTIVITE: Vente de produits de beauté pour homme
- VILLE: Paris (XVIIe arr.)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANTS: Charles Borniche, 38 ans, Sébastien Lebeau, 40 ans
- ANNEE DE CREATION: 2005
- EFFECTIF: 8 salariés
- CHIFFRE D'AFFAIRES PREVISIONNEL 2009: 3 MEuros