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DITES NON AU STRESS

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Le stress, fléau du XXIe siècle? Pernicieux, il peut s'infiltrer à tous les étages de l'entreprise, n'épargnant personne ou presque, ni les chefs d'entreprise, ni leurs collaborateurs. Avec pour conséquences, baisse de productivité, démotivation, absentéisme, turnover... S'il n'existe pas de solution miracle pour lutter contre le stress, vous pouvez néanmoins minimiser les effets négatifs en identifiant les sources, en restant en alerte pour détecter les signes avant-coureurs et en mettant en place des actions préventives et/ou correctives.

Stress au travail: testez-vous!

Où en êtes-vous avec le stress? Pour le savoir, faites ce test élaboré par le docteur Dominique Servant, médecin psychiatre, spécialiste du stress. Pour chacune des affirmations, remplissez le niveau qui correspond le mieux à vos conditions de travail: Non, pas du tout = 0 ; Plutôt non = 1 ; Plutôt oui = 2 ; Oui, tout à fait = 3. Comptabilisez vos points et reportez-vous aux profils en page 39.

Les dix premiers items (1 à 10) évaluent votre façon de réagir au stress auquel tout manager est confronté dans son travail. Lorsque les conséquences sont négatives, elles interfèrent sur l'équilibre mental et physique. Attention aux premiers signes, comme la fatigue, le manque d'énergie, l'énervement dans vos relations avec les autres, l'insomnie et l'insatisfaction. Ne laissez pas le burn out s'installer si vous commencez à sentir des signes avant-coureurs. Vous pouvez agir par des moyens simples en cultivant l'optimisme et la sérénité et en prenant soin de votre santé.

- Les dix derniers items (11 à 20) évaluent les facteurs de l'environnement de votre activité professionnelle. Vous pouvez agir sur certains, par exemple en gérant mieux votre temps, en vous organisant ou en mobilisant votre entourage. Certaines formations peuvent vous y aider. Pour d'autres facteurs, vous ne pourrez agir sur le moment et vous devez apprendre à prendre de la distance et être endurant. Développez toutes vos compétences relationnelles et d'organisation pour améliorer les conditions de travail, la satisfaction et l'épanouissement de tous.

 

RESULTATS

- Vous obtenez plus de 50 points
Vous vous adaptez bien aux différentes exigences et contraintes de votre environnement professionnel. Vos relations professionnelles et extra-professionnelles sont satisfaisantes. Votre environnement vous apparaît comme favorable. Le moral est bon. L'équilibre que vous avez trouvé vous permet de développer une qualité de vie satisfaisante. Continuez! Maintenez cet équilibre sur la durée en cultivant des attitudes positives et une bonne maîtrise de vous-même.
- Vous obtenez entre 40 et 50 points Certains domaines se portent très bien chez vous, mais peut-être n'avez-vous pas réussi à concilier l'inconciliable dans d'autres. Faites le point. Que vous manque-t-il actuellement? Essayez de mettre en place de nouvelles stratégies d'adaptation à votre environnement. Peut-être aussi que certaines choses doivent être améliorées au niveau de votre environnement. Evaluez ce qu'il est possible pour vous de changer et ce que vous souhaiteriez voir changer concrètement.
- Vous obtenez moins de 40 points Vous traversez une période un peu perturbée. Vous avez des difficultés à voir le côté positif des choses. Cela peut vous amener à développer une certaine insatisfaction vis-à-vis de votre vie professionnelle. Votre état est transitoire, vous pouvez changer le cours des choses en agissant par vous-même sur votre stress et peut-être en vous faisant aider.

Test élaboré par Dominique Servant

Dominique Servant est médecin psychiatre responsable d'une consultation spécialisée sur le stress au CHU de Lille et directeur d'enseignement à la faculté de médecine. Il coordonne le programme de recherche Dépistress qui a pour objectif la validation scientifique d'outils, de méthodes et de programmes de prévention et d'action sur le stress au travail en France. Directeur scientifique de la collection Santé psy et travail aux éditions Elsevier Masson, il a également publié plusieurs ouvrages destinés à un large public, dont Ne plus craquer au travail aux éditions Odile Jacob. Il est par ailleurs le fondateur du site Soigner-le-stress.fr

Sachez déceler les signes avant-coureurs

Fatigue excessive, démotivation, perte de moyens, irritabilité... Ce ne sont que quelques-uns des symptômes d'un salarié stressé. Pour éviter que les choses ne tournent mal, sachez détecter les premiers signaux.

«Les dirigeants de PME détectent mal le stress de leurs collaborateurs, car ils n'y sont pas préparés, estime Pierre-Eric Sutter, président du cabinet spécialiste du risque social M@rs-Lab. Le stress est rarement bon. Mais il peut avoir des conséquences positives ou négatives. » Dans le premier cas, le stress est source d'énergie et de dépassement de soi, c'est en quelque sorte un moteur. Dans le second, le stress devient source de maux divers et affaiblit la personne concernée. Installé dans la durée, le mal-être peut même prendre de graves proportions. Aussi faut-il savoir le reconnaître.

PME: les lettres du mal?

Comment repérer un collaborateur qui entre dans la zone rouge? Certains signes ne trompent pas. Tout d'abord, un salarié stressé semble toujours débordé: non seulement il ne peut plus faire face à sa charge de travail, mais le stress lui fait perdre ses moyens. Il arrive de plus en plus souvent en retard. Il est fatigué et ses relations avec les autres se dégradent de jour en jour. Plus irritable, il coupe la parole et perd facilement patience. Il se renferme sur lui-même. La moindre contrariété peut entraîner des colères noires, des crises de larmes ou un mutisme total: il ne supporte plus la moindre critique. Son corps tire également la sonnette d'alarme: le collaborateur stressé souffre de fréquentes douleurs dues à une contraction permanente des muscles dans la nuque, le dos ou la poitrine, d'ulcères ou d'hypertension. Son rythme cardiaque s'accélère et le repos ne parvient plus à le soulager de tous ces maux. D'autant que des troubles du sommeil peuvent apparaître. Tenez compte des arrêts maladie... Pierre-Eric Sutter parle alors de signaux «PME»: « P pour physique, M pour mental et E pour émotion: ces trois aspects de la personne sont affectés par le stress. » Autrement dit, soyez attentif à tout changement de comportement et toute attitude inhabituelle... « Le dirigeant est un secouriste, illustre Pierre-Eric Sutter. Il doit supprimer le danger et agir pour le bien de la personne concernée. » N'hésitez pas à alerter le médecin du travail. Un geste bénéfique pour le collaborateur stressé, et qui évitera au dirigeant que sa responsabilité personnelle ne soit engagée si jamais les choses tournent mal et se poursuivent devant un juge. D'autant qu'un récent arrêt de la Cour de cassation (lire en p. 70) retient la faute inexcusable de l'employeur si des mesures ne sont pas prises pour protéger du stress un salarié. « Le stress est comme une épidémie qui se transmet », illustre l'expert. Manager le stress, oui, manager par le stress, non.

CELINE TRIDON
redaction@chefdentreprise.com

A SAVOIR

Zoom sur les causes du stress
Nous ne sommes pas tous égaux face au stress et les sources d'angoisse varient d'un individu à l'autre. Généralement, cela peut provenir de l'organisation (charge de travail, définition floue des tâches, des rôles, des objectifs, etc.), du management (pression, manque de communication, de reconnaissance, d'équité, de respect, etc.), de l'environnement professionnel (mauvaise santé de l'entreprise, pénibilité au travail, mauvais équilibre entre vies professionnelle et privée...) et des relations entre collègues (incivilités, conflits, etc.). Selon un sondage OpinionWay-Tissot publié fin novembre, la première cause est la charge de travail (43 %). Suivent la pression de la hiérarchie (41 %), la peur de perdre son travail (32 %) et l'ambiguïté des rôles et responsabilités de chacun (30 %).

CE QU'IL FAUT RETENIR

- Un salarié stressé perd ses aptitudes dans son travail (sentiment d'être débordé, démotivé, retards permanents, voire absences répétées).
- Il y a des symptômes physiques du stress (maux de dos, d'estomac, crampes, fatigue extrême...), mais aussi comportementaux (irritabilité, agressivité, repli sur soi...).
- Le dirigeant doit s'interroger: ne transmet-il pas son propre stress?

Les clés pour gérer votre stress de vos collaborateurs

Dirigeant, votre stress n'est pas une fatalité! Pour limiter votre anxiété tout comme celle de vos collaborateurs, sachez que des solutions simples existent. Voici quelques pistes pour relativiser, décompresser et se détendre tout en pilotant plus efficacement votre société.

Irritabilité, perte de concentration, crises d'angoisse, repli sur soi, conflits avec votre entourage, déprime, dérèglement du sommeil... Si vous présentez plusieurs de ces troubles, peut-être est-il temps de réagir. Certes, la pression fait partie intégrante de votre quotidien. Pour autant, elle ne doit pas être le principal moteur de votre activité. « Le stress du chef d'entreprise est tabou. On considère souvent qu'il est «normal» qu'un dirigeant soit débordé. Or, il y a là une souffrance qu'il convient de traiter », insiste le docteur Dominique Servant, spécialiste du stress au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille. Votre anxiété peut engendrer des conséquences catastrophiques sur les performances de votre entreprise et sur le management de vos équipes. Sur le plan personnel, il peut par ailleurs provoquer de grandes frustrations et des conflits avec votre entourage. « Quand il est chronique, le stress peut aussi entraîner, à terme, des réactions physiologiques tels que des désordres hormonaux, un état de grande fatigue ou des douleurs musculaires répétées », alerte Patrick Amar, psychologue à la tête de la société de conseil en management et relations humaines Axis Mundi. Contrairement aux dirigeants de grands groupes, qui bénéficient souvent d'une assistance psychologique, les patrons de PME sont plus démunis et isolés. D'où l'importance d'apprendre à bien contrôler votre stress pour qu'il ne gangrène ni votre vie, ni celle de vos collaborateurs ou de vos proches.

Prenez de la hauteur!

Alors, comment s'y prendre? En la matière, il n'existe pas de remède miracle pour maîtriser votre stress. A chacun sa méthode. Vous pouvez néanmoins commencer par identifier les situations qui déclenchent du stress. Par ailleurs, interrogez-vous sur la manière dont vous réagissez à la pression. Cette réaction vous permet-elle d'être plus concentré et performant? « Lorsqu'on est stressé, on rumine des pensées négatives souvent contre-productives. Il faut prendre conscience de ses limites et tenter de se recentrer sur le moment présent, prendre du recul par rapport aux situations. Concrètement, il s'agit de sortir de cette lutte perpétuelle pour entrer dans une posture d'acceptation des événements », conseille le docteur Servant (CHRU de Lille). Pour Valérie Rocoplan, à la tête de Talentis, société spécialisée, entre autres, dans le coaching de dirigeants, vous devez d'abord réapprendre à vous écouter, à être attentif à vos émotions et à votre corps: « C'est la seule solution pour tenir sur la durée et trouver les ressources nécessaires pour faire face aux situations stressantes. Le dirigeant d'entreprise est un marathonien, pas un sprinteur. »

Pour relâcher la pression, un seul mot d'ordre: débranchez! Petites pauses régulières dans la journée, microsiestes, écoute de musique, marche digestive, travail sur la respiration, exercices de relaxation, de méditation, appel d'un proche... Ces coupures, même brèves, vous permettront de gagner en concentration, et donc en efficacité. Surtout, vous y trouverez une source de satisfaction personnelle. De manière générale, réintégrer votre vie personnelle dans votre quotidien vous servira à prendre du recul sur les événements. « Les nouvelles technologies, et en particulier les smartphones, parasitent de plus en plus la sphère privée. Sachez couper! », recommande Dominique Servant (CHRU de Lille). Par ailleurs, votre anxiété risque de vous isoler. Ne vous repliez pas sur vous-même: le soir et le week-end, aménagez-vous des moments de rupture avec le travail en vous consacrant à des activités sportives, familiales, amicales, ludiques... Adopter un mode de vie plus sain (meilleure régulation du sommeil, alimentation équilibrée, exercices physiques réguliers... ) peut aussi contribuer à diminuer votre stress. N'hésitez pas à vous épancher, à parler de vos problèmes. « Attention toutefois à ne pas trop ruminer. Ne parler que de ses soucis n'est pas toujours la meilleure des solutions », prévient Dominique Servant (CHRU de Lille).

Restez à l'écoute des autres

En tant que dirigeant, vous êtes amené à gérer une succession de problèmes, sources de stress. Essayez de vous recentrer sur les événements positifs de votre activité. Par exemple, une réunion de travail fructueuse, la signature d'un nouveau contrat, une discussion constructive avec un salarié... Sans tomber dans l'angélisme ou le déni, cette attitude plus détendue contribuera à votre bien-être, mais également à celui de votre équipe. En véhiculant des valeurs positives, vous instaurerez un climat apaisé dans l'entreprise.

Pour éviter de manager par le stress, posez des objectifs clairs à vos collaborateurs, hiérarchisez leurs priorités, réaffirmez-leur votre confiance. « Comme pour vous, le stress de vos salariés se déclenche lorsque naît un sentiment de perte de maîtrise ou une impression de manque de visibilité par rapport à leur travail », explique Patrick Amar (Axis Mundi). Restez d'ailleurs vigilant à ce que les situations de stress ne s'installent pas. « Il est essentiel que vous restiez en contact avec vos troupes, d'autant plus en période de crise », souligne le psychologue. Aussi, incitez vos collaborateurs à évoquer leurs doutes ou leurs craintes sur leurs tâches, leur équipe ou encore l'avenir de la société avec leur manager ou vous-même. Surtout, ne négligez pas l'importance du feedback, qu'il soit positif ou négatif. Pour rester motivés et performants, vos salariés ont besoin d'être rassurés sur leurs missions, leur avenir... Accompagnez aussi les personnes qui vous semblent en détresse. « Posez-leur des questions, incitez-les à vous parler de ce qui semble les pressuriser, conseille Valérie Rocoplan (Talentis). Même si leur vie personnelle est à l'origine de leur mal-être, la pire des attitudes serait de faire comme si de rien n'était. » Le cas échéant, alertez la médecine du travail. Bref, restez en alerte. D'autant que le stress peut générer des situations difficiles à gérer, comme des conflits, un fort taux d'absentéisme, une perte de performance ou un turnover important. Un coût non négligeable à l'échelle de l'entreprise.

Valérie Rocoplan, dirigeante, Talentis

Il faut être attentif à ses émotions. Le dirigeant d'entreprise est un marathonien, pas un sprinteur. »

Patrick Amar, psychologue, Axis Mundi

« Quand il est chronique, le stress peut entraîner des réactions physiologiques. »

CE QU'IL FAUT RETENIR

- Pour combattre votre stress, apprenez d'abord à en identifier les facteurs déclencheurs.
- Accordez-vous régulièrement des moments de coupures et de détente dans la journée, le soir et le week-end. Le pire des réflexes est de vous isoler Communiquez avec vos équipes et votre entourage.
- Restez à l'écoute de vos salariés et apprenez à repérer ceux qui présentent des signes de détresse.

A lire sur Chef d'entreprise.com

Et si vous faisiez la chasse à vos managers toxiques, des chefs rusés prêts à tout pour éliminer subtilement leurs rivaux dans la guerre aux promotions et aux bonus? Un profil qui aurait le vent en poupe dans les entreprises, selon deux auteurs suisses. Des astuces existent pour le débusquer Lisez notre article: «Traquez vos managers toxiques!»

MARION PERROUD
- mperroud@chefdentreprise.com

Inversez la tendance avec un plan d'action

Le stress entraîne des tensions entre collaborateurs, une hausse des arrêts maladie et une baisse de motivation. De quoi peser lourdement sur la performance de l'entreprise. Comment agir avant que le stress ne gangrène votre structure? Réponse: en adoptant une démarche proactive dont voici les grandes étapes.

L'affaire n'est pas simple. Il n'y a pas de solutions standard, prêtes à l'emploi, qui permettent d'agir efficacement sur le stress au travail, quelles que soient les entreprises et leur organisation. Bien au contraire. « Les solutions efficaces sont celles qui tiennent compte du contexte particulier de l'entreprise et se fondent sur l'analyse des différentes sources de stress auxquelles sont soumis les salariés », assure Sandrine Guyot, experte d'assistance conseil en risques psychosociaux à l'Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Selon cette spécialiste, la démarche de prévention permet à l'entreprise de construire ses propres solutions, en associant ses salariés à différentes étapes. C'est l'une des clés du succès.

1. Etablissez un prédiagnostic

Pourquoi?

Parfois attribués à la fragilité de certains salariés, voire tout bonnement niés, les problèmes liés au stress doivent être objectivés et évalués dans leur dimension collective. C'est l'enjeu du prédiagnostic. A partir des premiers éléments d'analyse, le dirigeant décidera ou non de poursuivre en profondeur sa démarche. Valérie Langevin, psychologue du travail, souligne que cet exercice peut se faire dans le cadre de l'obligation des entreprises d'inclure les risques psychosociaux (RPS) dans le document unique.

Qui?

A l'origine de ce prédiagnostic, soit l'entreprise en phase d'interrogation, soit des acteurs extérieurs (médecin ou inspecteur du travail) alertés par certains indicateurs (arrêts maladie, accidents, etc.). Valérie Langevin recommande que le prédiagnostic soit réalisé en interne, de manière paritaire (direction d'un côté et représentants du personnel, CHSCT, syndicats, de l'autre).

Comment?

« Il ne s'agit pas de mettre en place une grande enquête auprès des salariés, prévient Valérie Langevin, mais plutôt d'utiliser les indicateurs déjà disponibles pour dresser un constat et délimiter le potentiel champ d'action à venir. » La démarche consiste ainsi à rassembler et à mettre en perspective des informations existantes (plaintes exprimées au médecin du travail, aux délégués du personnel, taux d'absentéisme, nombre de postes non pourvus, retards de production, etc.). La première analyse qui en découle provient à la fois de l'observation des données dans le temps, d'une comparaison entre les différents services mais aussi avec les données nationales.

2. Constituez un groupe projet projet

Pourquoi?

Suite au prédiagnostic, un groupe projet doit être constitué. Sa mission? Piloter la démarche, s'assurer que les objectifs sont atteints et associer le personnel.

Qui?

Il peut être composé d'un membre de la direction, de représentants du personnel, d'acteurs de la santé au travail et de salariés volontaires issus de différents services de l'entreprise. « Ces derniers doivent être capables de porter le point de vue d'un collectif et non défendre des intérêts personnels », précise Valérie Langevin. Leur légitimité est primordiale.

Comment?

Tout ce petit monde est chargé de définir un calendrier, d'informer l'ensemble des collaborateurs, de guider les intervenants extérieurs et, naturellement, d'assurer le suivi des actions. Précision de taille: le groupe projet n'est pas décideur. Il conseille la direction, qui écoute mais reste souveraine.

3. Réalisez un diagnostic approfondi

Pourquoi?

Vient le moment d'identifier les causes de stress et les éventuelles catégories de salariés les plus touchées.

Qui?

« La réalisation du diagnostic approfondi demande des compétences spécifiques », explique Sandrine Guyot (INRS), pour qui se faire accompagner par des intervenants extérieurs, tels des consultants spécialisés, ne signifie pas pour autant sous traiter la démarche. Le groupe projet désigné reste le pilote. « Sa mission consiste à soutenir cette aide extérieure en lui fournissant des données et des contacts internes », précise-t-elle. Parallèlement, il tient le personnel informé des avancées du processus.

Comment?

Les outils à la disposition des intervenants sont variés. Ils vont de l'observation à l'entretien individuel ou collectif, en passant par le remplissage de questionnaires. Objectif: comprendre le contenu des tâches affectées aux salariés, les moyens dont ils disposent pour les effectuer et les difficultés qu'ils peuvent être amenés à rencontrer. « L'anonymat et la confidentialité sont de mise », complète la psychologue du travail, Valérie Langevin.

4. Restituez les résultats

Qui?

Une fois son analyse terminée, l'intervenant extérieur restitue le contenu de son analyse au groupe projet.

Pourquoi?

« L'étape de restitution des résultats n'est pas une simple formalité, prévient Sandrine Guyot (INRS). C'est un temps important de la démarche où les acteurs de l'entreprise vont non seulement prendre connaissance du diagnostic, mais plus largement le discuter, le débattre. » Il va être enrichi de ces discussions autour des constats, des analyses et des préconisations éventuelles. Les résultats quant à l'ampleur du problème, aux groupes à risques et aux facteurs de stress constituent les bases de la réflexion préalable à l'édification d'un plan d'action.

Comment?

Le groupe projet, à son tour, présente les résultats au comité de direction et au CHSCT, ou aux représentants du personnel. Partant du principe que la transparence facilite le dialogue social, la psychologue du travail, Valérie Langevin, préconise de tenir une réunion d'information à destination de l'ensemble des collaborateurs et de laisser le rapport écrit à la disposition de tous.

5. Elaborez et mettez en oeuvre un plan d'action

Pourquoi?

Le diagnostic approfondi permet de déterminer des sources de stress qu'il faudra dorénavant parvenir à réduire à travers des actions précises, concrètes et hiérarchisées.

Qui?

« Le groupe projet associé aux managers, voire à des salariés, est censé émettre des propositions d'amélioration», explique Valérie Langevin. La direction, quant à elle, décide de la mise en?oeuvre et affecte les moyens.

Comment?

Parce qu'ils affectent le plus de collaborateurs ou ressortent comme les facteurs les plus stressants, des thèmes sont classés comme prioritaires. Des groupes de travail spécifiques planchent alors sur des actions à mener. «Il s'agit à la fois de jouer sur le court terme, avec des solutions rapides à mettre en oeuvre - par exemple, valoriser le travail en montrant au personnel des produits finis ou communiquer sur les marchés remportés -, qui montrent aux salariés l'envie de changement, et sur le moyen terme - par exemple, réaménager un service -, pour ce qui nécessite des investissements ou des aménagements plus importants », indique l'experte en psychologie du travail. Le plan d'action décrit le type d'actions à réaliser, les objectifs à atteindre, les personnes responsables, les coûts et l'échéancier, notamment.

6. Assurez un suivi

Pourquoi?

Le plan d'action doit être suivi dans le temps afin de s'assurer de son efficacité et d'apporter d'éventuels correctifs.

Qui?

Ont accès au plan d'action et s'assurent de son respect le CHSCT ou les représentants du personnel et bien sûr, la direction, notamment des ressources humaines.

Comment?

«Tous les ans, au moment de l'actualisation du document unique, le dirigeant a tout intérêt à s'appuyer sur les indicateurs des RPS pour faire un point», conseille Valérie Langevin.

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CE QU'IL FAUT RETENIR

Sandrine Guyot, experte d'assistance conseil en risques psychosociaux, INRS

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