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Damer le pion à l'échec

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Carine Guicheteau Rédactrice en chef

@ (C) ARNAUD OLSZAK

Carine Guicheteau Rédactrice en chef

Si l'édito de ce mois-ci est consacré à l'échec entrepreneurial, n'y voyez aucun lien avec la conjoncture. La nouveauté vient plutôt du fait que les mentalités semblent évoluer en France. Notamment du côté des premiers concernés: les entrepreneurs. En effet, des initiatives récentes lèvent le voile et démythifient peu à peu ce sujet tabou. A l'image de l'arrivée, en septembre dernier, du concept américain Failcon, une conférence où les dirigeants échangent sur leurs difficultés et échecs. Il est vrai que les Anglo-Saxons en général et les Américains en particulier sont beaucoup plus avancés que nous sur le sujet: outre-Atlantique, ceux qui échouent ne sont ni stigmatisés, ni mis au ban de la société, bien au contraire. Car, comme le disait le dramaturge irlandais George Bernard Shaw, « le succès ne consiste pas à ne jamais faire d'erreur mais à ne jamais faire la même erreur deux fois ». Mais, en France, il est difficile de voir, derrière le faux pas, l'homme (ou la femme) audacieux qui a osé entreprendre, créer de la richesse et des emplois. Puis comment rebondir? D'où l'idée de Dimitri Pivot, un ex-dirigeant, de fonder l'association «Second souffle». Son but: démarginaliser l'échec entrepreneurial et permettre le rebond. L'idée est également de pouvoir échanger et de briser la solitude de ces entrepreneurs, via l'organisation d'After Fail, tous les premiers jeudis du mois à Paris.

Next step? Instaurer en France une politique de la seconde chance. Justement, permettre le rebond aux entrepreneurs honnêtes qui font faillite, c'est l'une des sept priorités du plan d'action pour «libérer le potentiel entrepreneurial», dévoilé par la Commission européenne le 9 janvier. « Les études montrent que les entreprises créées après une première faillite réussissent mieux et ont une durée de vie plus longue que la moyenne des jeunes pousses. L'échec que connaît un entrepreneur ne devrait donc pas se solder par une condamnation à perpétuité lui interdisant toute nouvelle activité entrepreneuriale mais plutôt être envisagé comme une occasion d'apprendre et de s'améliorer », souligne Antonio Tajani, commissaire européen aux Industries et à l'Entrepreneuriat.