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Du textile au traitement des déchets médicaux

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Victime de la crise du textile, le fabricant roubaisien de machines à teintera renoué avec la croissance en commercialisant des machines à détruire les déchets hospitaliers.

L'entreprise aujourd'hui

Grâce a la fabrication de machines permettant la stérilisation et le broyage des déchets hospitaliers, Ecodas est aujourd'hui une entreprise florissante. Cette PME roubaisienne, dirigée par Jeff Squalli, affiche un chiffre d'affaires de 7,5 millions d'euros pour 1 million d'euros de résultat net en 2008. Ecodas produit une quarantaine de machines par an, installées dans les hôpitaux ou chez les prestataires de service en charge du traitement de ces déchets pour le compte des centres hospitaliers français... et étrangers. L'export représente pas moins de 80% des recettes. Aujourd'hui, Jeff Squalli s'attache à faire vivre le label «éco-entreprise» qu'il a décroché en 2009 et n'exclut pas de se diversifier.

Sa crise

Initialement spécialisée dans la fabrication de machines pour les teintures textiles, l'entreprise (Lajtos à l'époque) est touchée de plein fouet par la crise du textile de la fin des années quatre-vingt. Pour contrer ce ralentissement, elle tente de lancer de nouvelles machines, plus modernes. Erreur! Les clients disparaissent les uns après les autres. L'entreprise n'a d'autre choix que d'abandonner son coeur de métier et de chercher un nouveau positionnement.

Grâce à Ecodas, les déchets hospitaliers ne sont plus brûlés, mais stérilisés sous l'effet de la chaleur et de la haute pression.

Grâce à Ecodas, les déchets hospitaliers ne sont plus brûlés, mais stérilisés sous l'effet de la chaleur et de la haute pression.

Son rebond

L'idée vient de Jeff Squalli. En 1992, malgré un contexte économique tendu, il devient actionnaire et directeur général de Lajtos. Il se met en quête de nouveaux débouchés. «Spécialisés dans les machines sous pression et dans la gestion des process thermiques, nous aurions pu nous attaquer au marché de Y agroalimentaire, de la pharmacie ou même de l'hôpital pour la stérilisation des instruments. Mais, à moins de casser les prix, notre valeur ajoutée n'aurait pas été suffisante.» Très vite, il vise le traitement des déchets hospitaliers contaminés, jusque-là brûlés dans des incinérateurs parfois vieillissants et entraînant des problèmes de voisinage liés à la pollution. Il conçoit un prototype pour le traitement des déchets contaminés, qui repose sur un processus de broyage et de stérilisation sous haute pression. En 1994, sa machine est homologuée. Mais il reste un problème de taille: à l'époque, seule l'incinération est admise pour traiter ce genre de déchets. En 1997, à force de pressions et de rencontres avec les autorités compétentes, Jeff Squalli réussit à faire évoluer la réglementation. Il a remporté une bataille, mais pas la guerre: les hôpitaux français demeurent rétifs au changement. Les ventes de Lajtos poursuivent leur déclin. En 1998, la PME est placée en liquidation judiciaire. Mais Jeff Squalli croit à la stérilisation sous haute pression. En 2000, il crée une nouvelle structure juridique, baptisée Ecodas, et réembauche 13 des 20 salariés de Lajtos. Entre-temps, les clients ont mûri. L'entreprise décroche un premier marché, l'hôpital de Roubaix, et les contrats s'enchaînent. Ecodas embauche près d'une dizaine de collaborateurs supplémentaires. A ce jour, plus de 200 machines ont été installées dans des hôpitaux. Déjà présente dans 45 pays, la PME roubaisienne compte renforcer son poids à l'international via de nouveaux distributeurs.

ECODAS
Repères

ACTIVITE: Fabrication de machines pour la destruction des déchets hospitaliers
VILLE: Roubaix (Nord)
FORME JURIDIQUE: SAS
DIRIGEANT: Jeff Squalli, 44 ans
ANNEE DE CREATION: 2000
EFFECTIF: 22 salariés
CA 2008: 7,5 M Euros
RESULTAT NET 2008: 1M Euros

Sylvie LAIDET