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EPARGNE-RETRAITE: quelles solutions pour les DIRIGEANTS?

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De nombreux produits individuels d'épargne existent en vue de préparer votre retraite, à l'image du Perp, de l'assurance-vie et des contrats loi Madelin. A chacun ses avantages et ses inconvénients. panorama des possibilités.

@ IMAGINE/FOTOLIA/LD

Quel produit pour quel dirigeant?

L'assurance-vie est ouverte à tous, tout comme le Perp (Plan d'épargne retraite populaire). En revanche, les contrats issus de la loi Madelin de 1994, dits contrats loi Madelin, sont réservés aux dirigeants non salariés ainsi qu'à leurs conjoints collaborateurs. «La première étape pour préparer votre retraite consiste à ouvrir un Perp. Puis, une fois que vous maîtrisez votre trésorerie et que vous dégagez des bénéfices importants, complétez- le par un contrat loi Madelin», conseille Ingrid Bocris, directrice marketing de Sogecap, filiale assurance-vie de la Société Générale.

Les experts sont unanimes: «Pour les indépendants fortement fiscalisés, le contrat loi Madelin est très avantageux, car il autorise d'importantes déductions», souligne Romy Lecoq-Champeau, responsable du marché des professionnels à la Caisse d'Epargne. Elle préconise également de diversifier ses investissements en vue de la retraite: «Votre banquier peut vous aiguiller vers les produits les plus adaptés à votre situation.»

Quelle disponibilité?

Comme l'assurance-vie est un produit multi-usages, l'argent épargné est disponible à tout instant. Ce n'est pas le cas du Perp (Plan d'épargne retraite populaire) ni du contrat loi Madelin*, tous deux réservés à la préparation de la retraite. L'argent est donc bloqué jusqu'à cette échéance, après versement de la pension de vieillesse par le régime obligatoire. Cependant, quelques rares cas de déblocage anticipé sont prévus, comme la liquidation judiciaire ou l'incapacité définitive de travailler.

Quel apport?

L'assurance-vie et le Perp vous laissent libre d'épargner à votre rythme, sans apport minimum ou maximum. Les contrats loi Madelin sont plus contraignants à ce niveau. Une cotisation doit être versée chaque année jusqu'à la cessation de l'activité. Le montant minimum est choisi à la souscription du contrat et vous pouvez épargner jusqu'à un maximum égal à dix fois le minimum. «Si l'épargnant ne respecte pas ses engagements, il peut perdre ses avantages fiscaux», prévient Ingrid Bocris, de Sogecap.

Rente ou capital?

Au terme de votre contrat d'assurance-vie, vous pouvez opter pour un versement en rente ou en capital, voire pour un panaché des deux. La fiscalité des intérêts produits diffère selon le type de sortie choisi. La rente, par exemple, est imposée sous le régime des rentes à titre onéreux. Quant au Perp et aux contrats loi Madelin, ils vous assurent une rente à vie, soumise à l'impôt sur le revenu. Seul cas de figure pour lequel le Perp autorise une sortie en capital, issu de la loi du 13 juillet 2006: l'engagement national pour le logement. Comme son nom l'indique, il est conditionné au fait que le capital soit destiné à la première acquisition d'une résidence principale. Il est alors soumis à l'impôt sur le revenu qui peut, sur demande, être réparti sur cinq ans.

Côté avantages fiscaux, l'intérêt du contrat assurance-vie se situe à la sortie. Quant au Perp et aux contrats loi Madelin, c'est le contraire: l'avantage fiscal est à l'entrée, c'est-à-dire immédiat (voir notre tableau ci-dessus).

Quel rendement espérer?

«La rentabilité du placement dépend du niveau de risque que vous êtes prêt à accepter, souligne Ingrid Bocris, de Sogecap. Enpréférant la sécurité, vous pouvez espérer un rendement de l'ordre de 4% annuel. Pour un placement plus audacieux, soumis aux variations de la Bourse, sur le long terme, le rendement moyen peut aller de 7 à 9%.» Les sommes investies dans un Perp, un contrat loi Madelin ou une assurance-vie peuvent l'être sur des fonds en euros (principalement constitués d'obligations, à capital garanti) et, pour les contrats dits multisupports, sur des unités de compte (fonds en actions, obligataires ou immobiliers). Dans ce dernier cas, vous pouvez choisir entre plusieurs modes de gestion: profilée (vous laissez aux experts financiers le soin de choisir les valeurs et la répartition des actifs selon le profil que vous déterminez, du plus prudent au plus dynamique), libre (vous choisissez les fonds sur lesquels vous investissez) et enfin pilotée ou «à horizon» (la répartition entre les classes d'actifs s'effectue selon un schéma dépendant de votre âge, très risquée au début, puis de plus en plus sécuritaire lorsque le contrat arrive à son terme). A noter que les fonds en euros peuvent offrir aux souscripteurs un rendement minimum garanti. Avant de faire votre choix, soyez attentif aux frais d'entrée (de 2 à 5%), de gestion (de 0,30 à 1%) et sur versements (de 2 à 5%), qui plombent d'autant la rentabilité d'un contrat. Analysez également la variété des supports et des modes de gestion proposés.

En cas de décès...

Dans le cas de l'assurance-vie, la désignation d'un bénéficiaire présente un intérêt juridique et fiscal: lors du décès de l'assuré, le capital ou la rente payable au(x) bénéficiaire(s) désigné(s) ne fait pas partie de la succession de l'assuré. Le capital est alors exonéré de droits de succession, dans certaines limites et sous certaines conditions. Concernant le Perp et les contrats loi Madelin, la réversion sous forme de rente est possible, selon les contrats, que le décès survienne pendant la phase d'épargne ou de rente. Vous pouvez, par exemple, opter pour une rente réversible à 60, 80 ou 100%, qui diminue alors le montant de votre rente personnelle.

Site

- COMPARER LES PRODUITS FINANCIERS
Le site www.testepourvous.com (24 euros par trimestre) se pose en observatoire indépendant dans les domaines de la banque, du crédit, de l'assurance, de la fiscalité, des placements et de la prévoyance. Vous pouvez consulter ses classements des meilleurs contrats Madelin, Perp et autres produits financiers.

Zoom

Les avantages fiscaux de l'épargne retraite individuelle
Assurance-vie
Les gains réalisés sont principalement imposés en cas de rachat (retrait de fonds), total ou partiel. Dans ce cas, l'épargnant peut opter soit pour l'intégration de ses gains à l'impôt sur le revenu, soit pour un prélèvement libératoire d'un montant de 35% pour un rachat intervenant jusqu'à 4 ans après la signature du contrat, de 15% entre 4 et 8 ans et, au-delà de 8 ans, de 7, 5%, après application d'un abattement de 4 600 euros par an pour un célibataire ou de 9 200 euros pour un couple. Des prélèvements sociaux de 11% (CSG + RDS) sur les gains sont également pratiqués.
Contrats loi Madelin
Les versements sont déductibles des revenus, à concurrence de 10%, dans la limite de huit fois le Plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) de l'année précédente. Vous bénéficiez, en plus, d'une déduction dans la limite de 15% sur la fraction de ce bénéfice, comprise entre une et huit fois le Pass. Soit un plafond total de déduction de 61 561 euros pour 2008.
Perp
Les versements sont déductibles des revenus, à concurrence de 10%, dans la limite d'une à huit fois le Plafond annuel de la Sécurité sociale (Pass) de l'année précédente, soit de 3 327 à 26 620 euros en 2008.

A savoir

Pouvez-vous changer d'assureur?
Dans le cas d'une assurance-vie, changer d'assureur est impossible. Il vous faudrait clôturer votre contrat et donc perdre votre antériorité fiscale, puis en ouvrir un autre auprès de votre nouveau prestataire. en revanche, le transfert du Perp et des contrats loi Madelin est possible sans perte d'avantages fiscaux. Attention, des frais de transfert (jusqu'à 5%) peuvent vous être demandés.