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Education nationale et entrepreneuriat: peut mieux faire

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Exception culturelle, la France méconnaît le monde de l'entreprise, ne valorise pas l'entrepreneuriat, ni l'esprit d'entreprise. Pourtant, notre système éducatif a un rôle décisif à jouer en la matière.

Cette rentrée est, pour l'entrepreneur que je suis, l'occasion de dresser un constat amer sur la place de l'entrepreneuriat dans le système éducatif français. Comme le feront valoir les participants au sommet international du G20 YES (Young entrepreneur summit, qui réunit des entrepreneurs du monde entier) lors de la prochaine session, qui débute le 31 octobre, à Nice, l'une des réponses concrètes à la crise est de favoriser l'écosystème entrepreneurial. Il suffit de s'inspirer du tissu économique dense et varié de notre voisin allemand, qui allie grands groupes et entreprises de toutes tailles: les premiers sont l'ossature, les secondes, les muscles. Or, pour nombre de nos concitoyens, l'évidence du rôle moteur de l'entreprise n'en est pas une. Les Français ont peu l'esprit d'entreprise. Non parce qu'ils ne le veulent pas, mais parce qu'on ne le leur enseigne pas. Dans un récent rapport publié en juin 2011, l'Institut Montaigne analyse les difficultés de l'entreprise en France. L'un des blocages est culturel: l'entrepreneuriat est sous- valorisé à tous les niveaux de l'éducation. Les nouvelles générations évoluent dans un univers où l'entreprise n'a pas la place qu'elle mérite. Une étude d'OpinionWay pour KPMG, datant de 2010, montre que seuls 34 % des étudiants et jeunes actifs se voient chefs d'entreprise.

L'alternance, l'une des clés

Il faut que l'Education nationale considère cette question de la connaissance de l'entreprise comme une nécessité publique, engageant le devenir de la France. Tandis que les filières classiques tendent à maintenir les étudiants dans un monde virtuel, à accroître le désintérêt envers l'univers professionnel, un système éducatif en alternance permet progressivement d'entrer dans le monde du travail et de découvrir le goût d'entreprendre. Nombre de parents encouragent leurs enfants à s'orienter vers des études de ce type: les jeunes en alternance se voient proposer un CDI plus tôt que ceux qui ont fait de longues études. Des initiatives existent, comme la «Semaine école-entreprise». Mais notre système éducatif doit mieux prendre l'entreprise en compte. Il ne s'agit pas de publicité, d'intrusion du marché dans la sphère éducative: l'Institut Montaigne parle de «valoriser la figure de l'entrepreneur dans l'opinion publique, de faire pénétrer les valeurs de l'entreprise dans des milieux qui n'y sont traditionnellement pas sensibles». Le monde de l'entreprise doit faire partie de la culture que chacun reçoit à l'école. Des mesures simples permettraient d'intégrer l'écosystème entrepreneurial aux programmes scolaires: à chaque classe, faire découvrir les entreprises environnantes, des parcours d'entrepreneurs, valoriser l'esprit d'entreprise pour susciter les vocations, expliquer l'entrepreneuriat, son rôle dans l'économie. Etalées sur l'année, ces actions n'impactent pas l'apprentissage des savoirs fondamentaux. Au contraire, elles l'enrichissent. Si l'Education nationale veut aller vers les entreprises et les entrepreneurs, nous sommes prêts! Car nous avons en commun le souci du futur de celles et ceux qui feront notre pays.

Grégoire Sentilhes, président du G20 YES

Grégoire Sentilhes, président du G20 YES

BIO EXPRESS

Grégoire Sentilhes est président du G20 YES, sommet international organisé parallèlement au Sommet du G20.
Du 31 octobre au 2 novembre 201 1, cet événement mondial rassemblera à Nice, en 20 délégations, 400 entrepreneurs âgés de 18 à 45 ans parmi les plus emblématiques des pays du G20.
Depuis 2007, Grégoire Sentilhes est aussi le président et cofondateur des Journées de l'entrepreneur, un mouvement rassemblant les chefs d'entreprise autour d'un but commun: valoriser l'entrepreneuriat. Enfin, il est le président-fondateur de NextStage, l'un des leaders du capital développement en France.