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Election 2009 du Dirigeant de PME: lisez... Et votez!

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Parmi les dirigeants de PME et PMI interviewés par Chef d'Entreprise Magazine au fil des mois, nous en avons sélectionné dix pour concourir dans le cadre des Trophées du Dirigeant de PME de l'année 2009. A vous d'élire les trois plus beaux succès.

Chef d'Entreprise Magazine organise la troisième édition de ses Trophées du Dirigeant de PME de l'année. L'édition 2008 avait couronné les deux frères Bergerault, créateurs de L'Atelier des Chefs, dont le succès n'a fait que croître depuis (lire pages 20 et 21). Cette année encore, la rédaction a sélectionné dix dirigeants de PME ou PMI dont la réussite, ces derniers mois, est exemplaire: les indicateurs économiques de leur entreprise (croissance du chiffre d'affaires et rentabilité) sont au beau fixe, ils innovent et débordent de projets de croissance en France ou à l'international... Bref, ils font fi de la sinistrose et rien ne semble les arrêter. Dans les pages qui suivent, nous vous présentons dix portraits de chefs d'entreprise dont l'histoire et la réussite ont retenu notre attention. Nous vous invitons à vous plonger dans ces parcours passionnants. Laissez-vous surprendre par leur histoire et votez, par courrier postal (voir bulletin page 32) ou par Internet (www.chefdentreprise.com/tcem2009), pour les trois success stories qui vous séduisent le plus. Les trophées seront remis aux lauréats à l'occasion d'une soirée officielle, qui se tiendra à Paris le 16 juin prochain. Bonne lecture.

Ils ont gagné en 2008...

Les lecteurs de Chef d'Entreprise ont élu les frères Bergerault à la tête de l'atelier des Chefs, «Dirigeants de PME 2008». Un an plus tard, leurs cours de cuisine à petits prix font toujours recette. Retour sur une année riche en aventures gourmandes.

PaGaelle Jouanne

Il trône dans une vitrine située au coeur de l'accueil du siège parisien de l'entreprise. Le trophée «Dirigeants de PME 2008» reçu, en juin dernier, par Nicolas et François Bergerault, les cofondateurs de l'Atelier des Chefs, a eu «un impact considérable sur les salariés», se souvient l'aîné, Nicolas. Pendant un mois, la statuette a fait le tour des bureaux de la société, symbole d'une collaboration fructueuse entre les différents services.Ce prix, les deux frères l'ont dédié à leurs coéquipiers au lendemain de la cérémonie. «Nous voulions partager cette victoire avec eux», confie Nicolas Bergerault.

Par leurs votes, les lecteurs de Chef d'Entreprise Magazine ont salué le concept et la croissance d'une petite affaire créée en 2004, sur une idée simple: proposer des cours de cuisine à petits prix. Un concept qui a très vite trouvé son public: quatre ans plus tard, l'entreprise affiche un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros et emploie 77 salariés. La reconnaissance de leurs pairs et de la presse a donné un coup de fouet aux dirigeants, qui continuent à aller de l'avant en dépit de la crise. «Ce ralentissement économique nous a fait peur, admet Nicolas Bergerault. Nous pressentions une baisse de fréquentation de nos ateliers.» Pourtant, si les entreprises ont réduit leurs opérations de team building culinaires (- 20% sur cette cible au premier trimestre 2009), les particuliers, eux, se sont inscrits en masse. Et les douze Ateliers français, londonien et bruxellois ne désemplissent pas: leur affluence a même bondi de 20% depuis le début de l'année. «Les gens hésitent de plus en plus à aller au restaurant..., analyse Nicolas Bergerault. Alors ils apprennent les secrets de la gastronomie «home made», sans trop débourser.» Le coût, voilà l'atout qui différencie l'Atelier des Chefs de ses concurrents, particulièrement des grands restaurants qui mettent en place des cours de cuisine. Pour 17 euros, un prix inchangé depuis l'année dernière, les clients apprennent, en trente minutes, la recette du mignon de porc en croûte de moutarde, du risotto végétarien ou du suprême de volaille au chorizo. Les «apprentis», au nombre de 1 500 à 2 000 par jour, dégustent ensuite, sur place, les fruits de leur travail. Et peuvent se procurer les ustensiles utilisés par le chef dans un espace «boutique», qui pèse environ 15% du chiffre d'affaires. La formule est déclinée pour les enfants et les événements familiaux ou amicaux. Les fêtes traditionnelles servent également de support à des cours thématiques: le chocolat à la période de Pâques, par exemple.

Des projets malgré la crise. La société résiste donc à la crise mais a dû, néanmoins, restreindre ses ambitions, après avoir connu une perte de 200 000 euros l'an dernier, en raison d'investissements massifs dans le réseau. En 2009, les frères Bergerault comptent bien renouer avec les profits. S'ils poursuivent leur politique de croissance - avec l'inauguration, en mars 2009, d'Ateliers à Dubaï (en joint-venture avec Le Méridien) et aux Emirats arabes unis -, ils ont reporté à 2010 leurs projets d'ouverture d'un deuxième Atelier en Grande-Bretagne et d'un premier en Espagne. «Il s'agit de se montrer prudents, de faire fonctionner l'existant, sans pour autant se priver de la croissance que pourront générer des projets d'envergure sur lesquels nous avons oeuvré des mois durant.»

Cette croissance raisonnée et raisonnable, les deux dirigeants l'imaginent à la fois en propre et en franchise. L'idée étant d'ouvrir des succursales dans les grandes villes (notamment dans le Sud et l'Est de l'Hexagone, encore mal couverts), et de signer des contrats de franchise dans les villes françaises de taille moyenne. Leur ambition? Construire un réseau de trente Ateliers d'ici à 2011. La stratégie consiste à occuper le terrain avant que les autres ne le fassent... Pour financer ces projets, les deux dirigeants ont levé, en 2008, 2 millions d'euros auprès de partenaires financiers. Un apport en argent frais complété par un prêt d'un million d'euros.

Enfin, pour booster la fréquentation des cours, les deux frères ont enrichi leur site web depuis l'année dernière. D'un simple site de réservation, www.atelierdeschefs.com est devenu un espace culinaire qui propose près de 1400 recettes écrites et filmées en vidéo, ainsi qu'un blog et une e-boutique proposant les ustensiles utilisés durant les cours. Le nombre de visiteurs uniques devrait avoisiner les 500000 pour l'année 2009. La consultation est gratuite... Nicolas et François Bergerault réfléchissent à une manière de capitaliser sur ce trafic considérable. D'ores et déjà, ils valorisent leur fichier d'adresses électroniques. Avant de dispenser des cours de cuisine (payants) sur Internet? Ils y réfléchissent.

Avec ses cours de cuisine à petits prix, L'Atelier des chefs séduit près de 2000 personnes par jour.

@ RENAUD CALLEBAULT

Avec ses cours de cuisine à petits prix, L'Atelier des chefs séduit près de 2000 personnes par jour.

L'ATELIER DES CHEF - Repères

- ACTIVITE: Cours de cuisine
- SIEGE: Paris (VIIIe)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANTS: François et Nicolas Bergerault 40 et 32 ans
- ANNEE DE CREATION: 2004
EFFECTIF: 77 salariés
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2007: 4,7 Meuros
RESULTAT NET 2007: 200 kEuros
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2008: 7 MEuros
- RESULTAT 2008: - 200 kEuros

Ils ont également été récompensés :

Le deuxième prix du Dirigeant de PME 2008 a été décerné à la société Michel et Augustin qui régale les gourmands avec ses Petits sablés ronds et bons, sa Vache à boire aromatisée et sa gamme de fruits entiers mixés. L'entreprise a de nouveau performé en 2008 et réalisé 10 millions d'euros de chiffre d'affaires contre 3 millions en 2007.
- Le troisième prix est revenu à Video Forever, une PME qui s'est lancée, il y a quatre ans, sur le créneau de la numérisation des films de famille afin de leur redonner une seconde vie. L'entreprise a doublé son chiffre d'affaires entre 2007 et 2008 et atteint les 3 millions d'euros.

Augustin Paluel-Marmont (à gauche) et Michel de Rovira célèbrent leur distinction autour de Carlos Brandao, de la JCEF.

Augustin Paluel-Marmont (à gauche) et Michel de Rovira célèbrent leur distinction autour de Carlos Brandao, de la JCEF.

Nicolas Lebreton, cofondateur de Video Forever et président du directoire.

Nicolas Lebreton, cofondateur de Video Forever et président du directoire.

SERVICES AUX ENTREPRISES
Yseulys Costes, dirigeante de 1000mercis
La grande prêtresse du marketing interactif

Yseulis Costes, dirigeante de 1000mercis, une entreprise pionnière dans le marketing interactif introduite en Bourse en 2006, vient de racheter un spécialiste du marketing sur mobile et compte poursuivre son développement à l'international.

Par Julien van der Feer

C'est la rencontre du marketing et des nouvelles technologies. 1000 mercis est une entreprise spécialisée dans la diffusion des campagnes de publicité et dans le marketing interactif. Son métier? L'orchestration de campagnes d'e-mails et de SMS à destination de consommateurs susceptibles d'être intéressés par une offre commerciale donnée. Pour ce faire, 1000mercis s'est constitué, essentiellement grâce à des partenariats avec de grands noms du Web (Priceminister, Meetic, Expedia, e-TF1, Marmiton, etc.), une base de données de plus de 18 millions d'adresses électroniques et de numéros de mobiles.

C'est ce savoir-faire, basé sur les statistiques et la maîtrise d'outils high-tech, qui a permis à Yseulys Costes, fondatrice et dirigeante?- une ex-enseignante chercheuse atteinte du virus de l'entrepreneuriat - et à Thibaut Munier, gestionnaire de l'ombre, de vivre une ascension fulgurante. Partis de rien en 2000, ils réussissent la prouesse - au lendemain de l'éclatement de la «bulle» internet - de convaincre un investisseur d'injecter 5 millions de francs (762 kEuros) dans leur projet. Huit ans plus tard, le duo dirige une PME aux ratios de rêve: en 2008, son chiffre d'affaires a bondi de 70%, pour atteindre 25,6 millions d'euros, et sa rentabilité frise les 23,4%, un taux très élevé, même pour un secteur aussi porteur. Cotée en Bourse, sur Alternext, depuis février 2006, l'entre prise peut, aujourd'hui, s'attaquer à des projets de grande envergure.

Cap sur l'export. En 2008, elle a ainsi racheté Ocito, une société française spécialisée dans le marketing sur téléphones mobiles. «Cette opération nous a permis de compléter notre savoir-faire technologique afin de développer des applications et des sites dédiés aux téléphones portables», explique Yseulys Costes. Elle entend se concentrer sur l'intégration de sa nouvelle filiale, tout en continuant à se développer en France et à l'international. La société innovante opère aujourd'hui dans treize pays. Parallèlement, l'entreprise compte poursuivre ses investissements en recherche et développement. Un poste sur lequel elle investit quelque 20% de ses recettes annuelles.

Mais la grande trouvaille de 1000mercis reste sans doute sa promesse marketing: elle propose aux annonceurs du Web de calculer facilement le retour sur investissement de leurs campagnes. Elle met à leur disposition des outils de «tracking» permettant de suivre le comportement des internautes lors de leurs pérégrinations sur la Toile. L'annonceur peut, ainsi, savoir si ses e-mails ont été ouverts et s'ils ont abouti à la vente d'un produit. Un argument qui fait mouche en ces temps de pragmatisme économique: «Cette recherche d'efficacité est au centre de notre business model depuis neuf ans, affirme la dirigeante, mais elle est encore plus percutante en temps de crise.» Une raison de plus, pour Yseulys Costes, de voir l'année 2009 en rose.

1000MERCIS - Repères

- ACTIVITE: Marketing et publicité interactifs
- SIEGE: Paris (IXe arr.)
- FORME JURIDIQUE: SA
- DIRIGEANTS: Yseulys Costes, 36 ans, et Thibaut Munier, 35 ans
- ANNEE DE CREATION: 2000
- EFFECTIF: 100 salariés
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2007: 13,7 MEuros
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2008: 25,6 MEuros
- RESULTAT NET 2008: 6 MEuros

INDUSTRIE
Stéphane Grosier, gérant d'AMC Grosier
L'orfèvre de la vitrine réfrigérée

Fils de pâtissier et fin gourmet, Stéphane Grosier a multiplié par quatre le chiffre d'affaires de sa société en commercialisant des devantures réfrigérées très haut de gamme.

Par Jeanne Cavelier

Passionné, Stéphane Grosier n'hésite pas à enfiler la veste du pâtissier - sa première catégorie de clients - pour mieux le comprendre. L'entreprise de fabrication de vitrines réfrigérées qu'il a reprise en 2006, après en avoir assumé la direction générale déléguée, a multiplié par quatre son chiffre d'affaires en six ans. La conséquence, notamment, du repositionnement des produits sur le segment très haut de gamme: le dirigeant a, en effet, arrêté la vente de modèles standards pour proposer des vitrines réfrigérées personnalisées. Cette stratégie de différenciation lui a attiré les faveurs des grands noms des métiers de bouche (Jean Philippe Maury, Frédéric Cassel, Fabrice Gilotte, etc.), dont il équipe les boutiques en France et à l'étranger. «Je leur propose de véritables écrins pour leurs produits», affirme le chef d'entreprise. AMC Grosier a d'ailleurs été le premier fabricant de vitrines réfrigérées à adapter la technique du verre collé, utilisée en bijouterie, à la vente de denrées alimentaires...

Technologie de pointe. En plus de leurs qualités esthétiques, les produits d'AMC Grosier se caractérisent par une technologie de pointe et ont fait l'objet de nombreux dépôts de brevets suite à une politique active de recherche et de développement.

La société, qui a bénéficié d'un crédit d'impôt-recherche de 19 000 euros l'année dernière, compte d'ailleurs agrandir prochainement son laboratoire. D'ici à la fin 2009, la PMI devrait déménager de Lunéville vers un site nancéen de 30 000 m2, en cours d'achat, dont 14 000 m2 de bâtiments contre 3 800 m2 actuellement. Un siège social que le dirigeant souhaite agréable à vivre: «J'envisage des partenariats pour y intégrer un centre de fitness, un restaurant d'application, pour les trainings et même un amphithéâtre de 300 places», annonce Stéphane Grosier, qui va investir entre 2,5 et 3 millions d'euros dans le chantier. Autre terrain sur lequel le dirigeant compte se développer: l'export. Monaco, Jordanie, Ukraine... Les ventes à l'étranger représentaient, en 2008, 13% de son chiffre d'affaires. Stéphane Grosier a en tête un projet d'envergure: il veut créer, avec une vingtaine d'entreprises françaises liées aux métiers de bouche, un pôle pâtisserie à Sao Paulo. «Au Brésil, les professionnels manquent de produits de base et de matériel de qualité.» Initialement prévue pour fin 2009, la construction du site a été repoussée à 2010, crise oblige. Mais nullement refroidi, Stéphane Grosier continue de plancher sur le montage financier et envisage l'année 2009 avec sérénité: il table sur une croissance de ses ventes de plus de 25%.

AGENCEMENT MAGASINS COORDINATION (AMC) - Repères

- ACTIVITE: Conception et fabrication de vitrines réfrigérées haut de gamme
- VILLE: Lunéville (Meurthe-et-Moselle)
- FORME JURIDIQUE: SARL unipersonnelle
- EFFECTIF: 35 salariés
- DIRIGEANT: Stéphane Grosier, 40 ans
- ANNEE DE CREATION: 1982
- CA 2007: 3,2 MEuros
- RN 2007: 354 kEuros
- CA 2008: 4,2 MEuros
- RN 2008: 696 kEuros

E-commerce
Bruno Couly, p-dg d'Auto escape
Le discounter de la location automobile cartonne en ligne

Grâce à un fort développement sur internet et une introduction en Bourse réussie, auto Escape ne craint pas la sortie de piste. La PME vise une croissance à deux chiffres pour son exercice 2008-2009, malgré un contexte économique morose.

Par Julien van der Feer

C'est une entreprise qui avance sur les chapeaux de roue. Avec une croissance moyenne de 32% par an depuis sa création, en 1999, Auto Escape tourne à plein régime. Son créneau? La location de voitures, à petits prix. La PME vauclusienne fonctionne comme une centrale de location, négociant auprès d'Avis, Hertz et Europcar des prix cassés pour ses clients. Elle ne possède donc pas de flottes de véhicules et élabore des offres packagées: ses tarifs, discount, sont sans surprise et incluent un kilométrage illimité, les assurances obligatoires et la TVA.

Autre clé du succès de l'entreprise: sa montée en puissance sur Internet. Bien que présente physiquement à travers 9 000 points de location, la PME s'est fortement développée sur la Toile. «La plupart des particuliers préparent leur voyage sur le Web», souligne Bruno Couly, le p-dg. Auto Escape touche donc 125 pays grâce à son portail, traduit en anglais, allemand, italien, espagnol et néerlandais. Tous les collaborateurs parlent français et maîtrisent l'une de ces cinq langues. Un atout non négligeable pour la PME, qui peut ainsi appeler tous les prospects ayant fait une demande de devis sur son site. Une façon de nouer un contact privilégié avec les consommateurs, en leur donnant des conseils ciblés. Par exemple, un conseiller d'Auto Escape soulignera le fait que, pour circuler en Islande librement, il faut franchir des gués. Ainsi, pour ce voyage, un 4x4 sera plus adapté qu'une petite trois-portes. Ce service complémentaire séduit les particuliers: aujourd'hui, 30% du chiffre d'affaires d'Auto Escape est réalisé par des clients fidélisés.

Pour accompagner sa croissance tous azimuts, l'entreprise a pris un virage décisif, en janvier 2007, date de son entrée en Bourse sur Alternext. L'objectif? Saisir, grâce aux 11 millions d'euros levés, des opportunités de croissance externe à l'étranger, notamment au Royaume-Uni, un pays où le courtage en location de voitures est très développé. Finalement, le premier rachat s'est fait en Italie, avec l'acquisition en janvier de JKCA, une société de conseil et de services de management spécialisée dans le secteur de la location de voitures. Grâce à cette opération, Auto Escape vient de lancer Car 4 Leisure, un site de location de voitures dédié, pour l'heure, aux agences de voyages italiennes. Mais Bruno Couly espère bien séduire aussi les agences présentes en Allemagne et au Benelux.Grâce à ce nouveau développement et à la consolidation de son positionnement, il vise une croissance à deux chiffres pour son exercice 2008-2009. De quoi poursuivre son accélération et regarder ses concurrents dans le rétroviseur.

AUTO ESCAPE - Repères

- ACTIVITE: Courtier en location de voitures
- VILLE: Pertuis (Vaucluse)
- FORME JURIDIQUE: SA
- DIRIGEANT: Bruno Couly, 50 ans
- ANNEE DE CREATION: 1999
- EFFECTIF: 65 salariés, dont 5 en Italie
CHIFFRE D'AFFAIRES 2006-2007: 20,5 MEuros
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2007-2008: 26,5 MEuros
- RESULTAT NET 2007-2008: 504 kEuros

Ameublement
Eric Guillet, gérant de Brillouet
Du mobilier design à l'agencement naval

En trouvant des débouchés dans l'agencement intérieur de bateaux, le fabricant de meubles haut de gamme est parvenu à croître dans un secteur pourtant en récession.

Par Gaelle Jouanne

Malgré la crise, Eric Guillet garde le cap. Depuis 2001, ce quadragénaire dirige la société Brillouet. Cette PME, qui fabrique depuis ses débuts des meubles haut de gamme pour des enseignes telles que Roche Bobois, équipe aussi aujourd'hui des bateaux pour le compte de chantiers navals. Cette diversification permet à son dirigeant de rester confiant et ce, malgré la crise et les quelques annulations de commandes pour son activité ameublement. «J'estimais le positionnement initial de l'entreprise dangereux et restrictif, explique Eric Guillet. Or, je savais que notre savoir-faire nous permettait d'évoluer vers d'autres secteurs que celui de la fabrication de meubles.» Ses ébénistes étant compétents et ses machines facilement adaptables, il juge donc très vite le risque mesuré.

Etude de marchés à l'appui, le chef d'entreprise cible, dès 2002, les chantiers navals. Son idée? Meubler des multicoques, puis des yachts. En 2002, la PME parvient à décrocher ses premiers contrats, notamment avec Fontaine Pajot, le leader mondial de la construction de catamarans de croisière, pour lequel elle agence l'intérieur d'une quarantaine de bateaux par an. Ce groupe est devenu son deuxième client. «Nous avons séduit par notre réactivité et nos capacités à réaliser des équipements sur mesure», analyse le dirigeant. Cette nouvelle stratégie a porté ses fruits. En huit ans, l'effectif de l'entreprise a doublé tandis que le chiffre d'affaire a quintuplé. Désormais, le mobilier ne représente plus guère qu'un tiers des ventes, le reste étant assuré par cette nouvelle activité d'agence ment naval. «Notre stratégie de diversification nous a sauvés du naufrage», confie le dirigeant, conscient de l'inéluctable déclin du marché du meuble.

Convaincu que Brillouet a tout à gagner à trouver d'autres débouchés, Eric Guillet prospecte depuis quelques mois un marché à première vue étonnant: celui des flottes d'ambulances, dont les équipements intérieurs sont en partie composés de bois de qualité. Il vient d'ailleurs de décrocher un premier contrat. Son objectif est de générer 20% des ventes de l'entreprise avec ce nouveau marché d'ici à 2011. «Nous refusons l'attentisme, indique-t-il. L'après-crise se prépare maintenant.»

Brillouet - Repères

- ACTIVITE : Fabrication de meubles et d'agencements navals
- VILLE : L'Herbergement (Vendée)
- FORME JURIDIQUE: SARL
- DIRIGEANT: Eric Guillet, 48 ans
- ANNEE DE CREATION: 1993
- EFFECTIF : 49 salariés
- CA 2008: 5,3 MEuros
- RESULTAT NET 2008: 139 KEuros
- CA 2007: 4,8 MEuros
RESULTAT NET 2007: 206 KEuros

Après cinq ans d'activité, la marque de vêtements biologiques Ekyog pèse 5 millions d'euros de chiffre d'affaires et a ouvert 25 boutiques en propre ou en franchise. Une réussite pour Nathalie Lebas et Louis-Marie Vautier, pionniers de la vague verte.

Par Anne-Françoise rabaud

Tee-shirts en coton bio, tuniques en bambou... Ekyog a réussi son pari de proposer une collection de vêtements biologiques stylés et de s'imposer sur un marché encore balbutiant. Cinq ans après son lancement, Ekyog pèse 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, a construit un réseau de 25 boutiques et emploie plus de 70 salariés. Surtout, l'entreprise a toujours été bénéficiaire et affiche une croissance insolente. Elle table, en effet, sur une progression de ses ventes de l'ordre de 70% cette année.L'histoire démarre en 2003. Louis-Marie Vautier et sa compagne, Nathalie Lebas, décident de quitter Paris, de lâcher leurs jobs respectifs de commercial et d'ingénieur textile, et d'investir leurs économies - 100 000 euros - dans le projet de création d'une marque de prêt-à-porter bio moyen-haut de gamme. «L'idée était séduisante, mais le marché et la filière industrielle quasi inexistants», reconnaît Louis-Marie Vautier. Collection, production, commercialisation... La tâche est vaste. Ils signent un partenariat avec une usine indienne respectueuse d'un cahier des charges strict en matière de développement durable. Leur première collection voit ainsi le jour à l'hiver 2004. «Nous visons les femmes qui ne sont pas spécialement «écolo«dans l'âme.» Les collections sont créées par une équipe de quatre stylistes basée au siège rennais de la PME. Pour accompagner leur développement, ils opèrent, en 2005 puis en 2008, deux levées de fonds auprès d'investisseurs privés et de fonds régionaux. Cet apport de capitaux leur permet, en outre, d'assurer le déploiement du réseau de boutiques.

L'une des 25 boutique Ekyog.

L'une des 25 boutique Ekyog.

Franchises et succursales. Car l'une des clés du succès d'Ekyog, c'est le choix de son mode de distribution. «Nous proposons une marque innovante. Il nous a donc semblé essentiel d'être en contact direct avec nos clientes pour leur parler de nos produits et partager avec elles nos valeurs», souligne Louis-Marie Vautier. Outre les vêtements pour femmes, Ekyog commercialise désormais une ligne pour enfants et même quelques produits cosmétiques bio. Aujourd'hui, la marque est distribuée dans 25 boutiques, succursales et franchises, chiffre que la direction ambitionne de doubler d'ici deux ou trois ans. La marque souhaite, en effet, s'installer dans les villes de plus de 100 000 habitants. Des magasins au design soigné et zen.

«Nos boutiques sont nos meilleurs outils de communication», explique Louis-Marie Vautier. Et pour affirmer ses valeurs et accompagner son développement, la direction sait également faire preuve d'imagination. Ainsi, en 2006, la société a créé l'association Terre d'Ekyog. La marque verse à l'association 10% de ses bénéfices qui sont réinvestis dans des projets environnementaux ou sociaux. Et demain? La direction entend améliorer sa relation clients à travers une carte de fidélité.

@ CHRISTINE CAYRE

@ CHRISTINE CAYRE

Ekyog - Repères

- ACTIVITE: Mode et cosmétiques biologiques
- VILLE: Rennes (Ille-et-Vilaine)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANTS: Nathalie Lebas, 34 ans, et Louis-Marie Vautier, 36 ans
- ANNEE DE CREATION: 2003
- EFFECTIFS: 70 salariés (hors réseau de franchise)
- CA 2007/2008: 3 MEuros
- RESULTAT NET 2007/2008: 150 kEuros
- CA 2008/2009: 5 M Euros (prévisionnel)

Formation
Benjamin Levy et Antoine Brenner, cofondateurs et cogérants d'A9 (Gymglish) Leurs clients apprennent l'anglais en s'amusant

Parce qu'ils trouvaient l'apprentissage des langues fastidieux, Benjamin Levy et Antoine Brenner ont conçu la méthode Gymglish. Les clients en redemandent.

Par Jeanne Cavelier

Une autruche loufoque qui présente chaque jour une mini leçon d'anglais inspirée des «talk-shows» américains: c'est le nouveau produit de Gymglish, sorti au printemps, destiné aux enfants et aux adultes débutants. Benjamin Levy et Antoine Brenner ont décliné une recette éprouvée depuis 2004 sur la cible des entreprises. Chaque jour, l'utilisateur reçoit, par e-mail, une brève séquence (texte, audio ou vidéo), accompagnée de questions. En dix minutes, il visionne la scène, et répond aux questions. Grâce à un moteur d'intelligence artificielle, les corrections commentées arrivent dans les cinq minutes qui suivent. Le contenu, ludique, met en scène les personnages d'une société fictive de parfums établie à San Francisco. La saynète est interprétée par des acteurs originaires du monde entier, pour une bonne représentativité des accents. Le but de cette saga? Fidéliser la clientèle. «Le manque d'assiduité constitue le premier obstacle à la réussite d'une formation», argumente Benjamin Levy, qui avance un taux d'assiduité de 80% sur un an chez les clients de Gymglish. L'idée de développer ces cours d'anglais d'un genre nouveau est le fruit de l'expérience d'Antoine Brenner à l'étranger. C'est pour apprendre l'espagnol, au Guatemala, que cet ingénieur élabore, en 2003, un programme informatique qu'il rend progressivement «intelligent». Il vient de créer alors la société A9, en association avec Benjamin Levy.

Une croissance à deux chiffres. Les dirigeants visent, en premier lieu, la cible des entreprises, pour des contrats de six mois à trois ans (de 300 à 800 euros HT pour un parcours), avant de sortir une version grand public, à 9 euros par mois, en septembre 2005. Cette stratégie leur permet de dégager plus rapidement des bénéfices et d'autofinancer leur développement. «Nous sommes très attachés à notre indépendance», insiste Benjamin Levy. Ravis de travailler avec une petite et jeune équipe réactive (27 ans de moyenne d'âge), les deux entrepreneurs n'envisagent pas de faire grossir leur effectif, à Paris du moins. «Nous avons refusé d'ouvrir notre capital à un partenaire financier, car nous ne voulons pas rendre de comptes.» Ce qui n'empêche pas A9 d'afficher une croissance à deux, voire trois chiffres, depuis sa création. Désormais, Gymglish est implanté dans plusieurs pays - dont le Vietnam récemment - sous forme de joint-ventures, de filiales ou de partenariats. En se développant à l'export, cette petite entreprise a vocation à devenir un acteur fort de la «pédagogie intelligente». Quant à la crise, elle semble ne pas la connaître et table sur une croissance de 40% en 2009.

Antoine Brenner (à gauche) et Benjamin Lévy.

Antoine Brenner (à gauche) et Benjamin Lévy.

A9 (Gymglish) - Repères

- ACTIVITE: Cours d'anglais
- VILLE: Paris (XIIe)
- FORME JURIDIQUE: SARL
- ANNEE DE CREATION: 2004
EFFECTIF: 19 salariés
- DIRIGEANTS: Antoine Brenner, 32 ans, et Benjamin Levy, 33 ans
- CA 2007: 1,2 MEuros
- RN 2007: 381 kEuros
- CA 2008: 1,7 MEuros
- RN 2008: 466 kEuros

Services IP
Eric Varszegi, président et cofondateur d'Iplabel.newtest
Il crée le «Guide Michelin» des services sur Internet

Ip-label.newtest mesure la qualité des services web de 30 sociétés du CAC 40 et de 90% des entreprises d'e-commerce en France. Forte de son succès, la société voit plus loin...

Par Jeanne Cavelier

Le «Guide Michelin» des services sur Internet: c'est ainsi qu'Eric Varszegi présente sa société, Ip-label.newtest, qui mesure «la qualité perçue des services numériques». Concrètement, une centaine de «robots» répartis dans le monde évaluent la qualité des données, de la voix et des flux vidéos perçue par les internautes. Un instrument de mesure qui a séduit de grands groupes (voyagessncf.com, sfr.fr, ...) désireux d'améliorer la performance de leurs applications Internet, ainsi que des opérateurs télécoms.

Sur un marché porteur, l'entreprise a mené une belle opération de croissance externe en achetant Auditec-Newtest, en septembre dernier. La nouvelle entité se targue de présenter une offre répondant, à 100%, aux préoccupations de ses clients. Grâce à cette acquisition, Ip-label.newtest propose, en effet, son produit en mode licence, et non plus seulement en mode SaaS (Software as a Service), c'est-à-dire en mode locatif. Cette complémentarité devrait améliorer encore ses performances. Depuis neuf ans, son chiffre d'affaires augmente, chaque année, de 25 à 30% et la PME table, cette année encore, malgré la crise, sur une croissance de 10%. D'ici à l'été, Ip-label.newtest prévoit quatre embauches et espère doubler son chiffre d'affaires dans les trois ans, en développant l'export, qui représente pour le moment 30% des ventes. En Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne et en Allemagne, l'entreprise est représentée par des collaborateurs seniors ainsi que par de jeunes diplômés en VIE (volontariat international en entreprise). Par ailleurs, le développement de la société en Chine a été confié à l'un des cofondateurs, ancien directeur commercial France. «Dès la prochaine embellie économique, nous investirons sérieusement l'Europe centrale, du nord, et l'Amérique du sud», indique Eric Varszegi. En revanche, il n'a pas prévu de prospecter les marchés anglo-saxons, ses principaux concurrents, américains, y étant bien implantés. Autre clé du succès: depuis 2002, le dirigeant a créé des partenariats avec la presse informatique. Il publie des benchmarks (comparatifs), notamment de fournisseurs d'accès à Internet, dans plusieurs revues spécialisées. «Cette visibilité nous apporte de la notoriété, et donc de la légitimité en nous positionnant comme une référence», estime Eric Varszegi. Cette réussite, le chef d'entreprise tient à en faire bénéficier ses salariés. En juillet 2007, il leur a ouvert le capital de la société. «80% d'entre eux sont désormais copropriétaires de l'entreprise», souligne-t-il non sans fierté. Une opération qu'Ip-label.newtest compte renouveler cette année.

Ip-label.newtest - Repères

- ACTIVITE: Mesure de la qualité perçue des services numériques
- VILLE: La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANT: Eric Varszegi, 52 ans
- ANNEE DE CREATION: 2000
- EFFECTIF: 75 salariés
- CA JUIN 2007-JUIN 2008: 10 M Euros
- RN JUIN 2007-JUIN 2008: 1,2 M Euros
- CA PREVISIONNEL JUIN 2008-JUIN 2009: 11,2M Euros
- RN PREVISIONNEL JUIN 2008-JUIN 2009: 1,2 M Euros

Haute technologie
Frédéric Amoros-Routié, président de Nexio
L'homme qui électrise les grands comptes

La PME toulousaine affi che des indicateurs de croissance presque insolents. Son secret? Avoir réussi à faire reconnaître son expertise auprès de ses prospects et clients.

Par Anne-Françoise Rabaud

La société toulousaine Nexio, spécialisée dans le contrôle de la compatibilité électromagnétique entre équipements électriques et électroniques, fait des étincelles. En 2008, l'entreprise a affiché une croissance de 40% et une rentabilité nette de 9%. Et pour 2009, son président, Frédéric Amoros-Routié, prévoit une hausse de l'activité de 20 à 30%. Les raisons de cette santé florissante? «Nous nous sommes développés progressivement, en proposant des prestations de plus en plus complexes», explique le dirigeant. Sa première offre visait à automatiser les tests de compatibilité électromagnétique via un logiciel. L'entreprise propose aujourd'hui, en plus, des essais complexes sur des avions et satellites ou encore des simulations sur des systèmes électroniques. Cet élargissement de son offre, fruit de cinq années d'investissement en R&D, permet à Nexio d'être présent chez les géants de l'industrie, de PSA à Renault, d'EADS à Thalès, en passant par Philips, Panasonic ou Legrand.

Si l'activité de Nexio a décollé en 2008, c'est grâce au lancement de son activité de simulation sur des systèmes électroniques. «D'emblée, nous avons reçu un accueil très favorable dans le milieu aéronautique, puis dans l'automobile qui nous a, en outre, sollicités sur des projets de moteurs hybrides», raconte Frédéric Amoros-Routié. L'entreprise a ainsi pu entrer chez les grands de l'industrie française et internationale, grâce à sa participation à un pôle de compétitivité sur l'aéronautique et les systèmes embarqués. Ce travail lui a permis de mutualiser ses coûts de R&D avec d'autres industriels tels que EADS IW, Continental ou encore Thales Alenia Space, et de se faire connaître. «Cette participation nous a donné une vraie légitimité auprès de nos partenaires industriels. Ils l'ont perçue comme un gage de sérieux et de professionnalisme», analyse Frédéric Amoros-Routié. Des clients également séduits par le fait que Nexio soit indépendant et multisectoriel (automobile, spatial, IT...), ce qui lui permet de proposer des solutions globales.

Des ambitions internationales. Enfin, en 2008, Nexio s'est lancé à l'international. En Allemagne tout d'abord. «C'est un marché proche de nous, géographiquement et culturelle- ment, commente Frédéric Amoros-Routié. Nous avons commencé à décrocher nos premiers contrats l'année dernière et 2009 sera, je le crois, une grande année.» Puis, en juin 2008, l'entreprise est partie à l'assaut des Etats-Unis. «Nous y avions de belles perspectives, notamment celle d'ouvrir une filiale. La crise est venue jouer les trouble-fête, mais depuis février, les perspectives sont à nouveau plus dégagées.» La Chine, autre partenaire, vient de signer avec la PME trois contrats. La direction prévoit de réaliser au minimum 10% de ses ventes à l'exportation cette année et envisage de créer une filiale sur chacun de ses marchés stratégiques. Enfin, pour 2009, la direction se lance un nouveau défi: celui de prospecter le marché des PME. «Il y a une réelle demande sur le secteur de l'électronique», assure le président de Nexio, que rien ne semble pouvoir arrêter.

Nexio - Repères

- ACTIVITE: Contrôle de la compatibilité électromagnétique
- VILLE: Toulouse (Haute-Garonne)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANT: Frédéric Amoros-Routié, 45 ans
- ANNEE DE CREATION: 2003
- EFFECTIF: 33 salariés
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2007: 980 kEuros
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2008: 1,7 MEuros
- RESULTAT NET 2008: 150 kEuros

Edition de logiciels
Marc Schillaci, p-dg d'Oxatis
Le visionnaire du Web marchand

Marc Schillaci souhaite accélérer le développement de son entreprise à l'étranger. Après le Canada cette année, il compte investir le marché asiatique.

Par Julien van der Feer

Le site chacunsoncafe.fr, c'est lui; l'e-boutique rasoir online.fr, encore lui. Marc Schillaci, p-dg d'Oxatis, a fourni le logiciel d'e-commerce et les services associés d'un site marchand français sur neuf, essentiellement des TPE et PME. Désormais présent en Espagne, en Italie, en Amérique du Sud et en Grande-Bretagne, l'éditeur a vu son chiffre d'affaires bondir de près de 600% entre 2003 et 2008. Marc Schillaci déborde de projets. En 2009, il inaugurera sa première filiale, installée au Canada, un marché choisi «pour ses consommateurs francophones». A plus long terme, il souhaite investir l'Asie avec, en ligne de mire, l'Inde, la Chine et le Japon.

Un visionnaire audacieux. Une superbe réussite que cet entrepreneur téméraire - qui a créé son affaire en 2001, neuf mois seulement après l'explosion de la bulle Internet - doit à ses qualités de visionnaire. Dès le début des années 2000, pressentant le boom du Web marchand, il fonde Oxatis et édite un logiciel permettant aux sociétés tricolores de créer leur e-boutique en quelques clics. Un pari audacieux, même si, à l'époque, l'entrepreneur n'en est pas à son coup d'essai. En effet, il a déjà éprouvé son concept aux Etats-Unis en créant, dès 1997, ebz.com, l'une des toutes premières plateformes de commerce en ligne outre-Atlantique. En 2001, en pleine crise de l'Internet, ebz.com est vendu, mais Marc Schillaci est contaminé par le virus du Web marchand.

Retour en France. Pour autant, il ne baisse pas les bras. «J'étais certain que le commerce en ligne allait se développer en Europe», se souvient-il. Marc Schillaci récidive donc, secondé par Marc Heurtaut, l'ancien directeur technique d'ebz.com. Conscient qu'aucun investisseur ne pariera sur son projet, il décide de se lancer sur fonds propres, en limitant au maximum les coûts de développement. Vient alors la traversée du désert. Elle durera quatre ans, de 2002 à 2005. Les internautes paient encore à la minute pour surfer sur la Toile et les solutions de paiement en ligne en sont à leurs balbutiements. «En outre, La Poste n'était pas structurée pour assurer le transport des colis en moins de deux jours», souligne Marc Schillaci. Bref, l'e-commerce peine à décoller et Oxatis aussi. C'est en 2006 que la machine s'emballe. En une année seulement, l'entreprise passe de 500 à 1 000 clients. Son chiffre d'affaires double, permettant à Marc Schillaci de réembaucher d'anciens coéquipiers d'ebz.com et d'attirer à lui des commerciaux hispanophones, chargés de prospecter le marché ibérique. Cette stratégie, le chef d'entreprise la reproduit pour faire ses premiers pas en Italie. Parallèlement, la société lève 2 millions d'euros pour renforcer ses positions en Europe. «Le marché de l'e-commerce était enfin mature, ce qui le rendait attrayant pour les grands éditeurs de logiciels. Après tous nos efforts, nous ne voulions surtout pas nous faire voler la place par un nouvel entrant!» Une nouvelle fois, Marc Schillaci a vu juste: depuis 2008, Oxatis fait partie des Deloitte Technology Fast 50, le top 50 des entreprises de croissance que réalise, chaque année, le très respecté cabinet d'audit.

Oxatis - Repères

- ACTIVITE: Edition de logiciels d'e-commerce
- VILLE: Marseille (Bouches-du-Rhône)
- FORME JURIDIQUE: SA DIRIGEANT: Marc Schillaci, 47 ans
- ANNEE DE CREATION: 2001
- EFFECTIF: 34 salariés CHIFFRE
- D'AFFAIRES 2006-2007: 760 k Euros
- CHIFFRE D'AFFAIRES 2007-2008: 1,4 MEuros
- RESULTAT NET 2007-2008: 210 kEuros

Agroalimentaire
Christophe et Nathalie Landais, cogérants de Titok Leurs plats lyophilisés régalent les skippers

Après avoir enchanté les papilles des collectivités et des industriels, ce sont, aujourd'hui, les fans de nautisme et de course à pied que nourrit Titok. Et la sauce est en train de prendre.

Par Gaelle Jouanne

Cet ancien cuisinier aurait-il trouvé la recette du succès? En une douzaine d'années, Christophe et Nathalie Landais, cogérants de Titok, une PME qui conçoit, fabrique et distribue des plats lyophilisés, ont su transformer leur petite société de négoce en une structure solide, en pleine croissance. Forte de ses 30 à 40% de progression annuelle, l'entre prise emploie 25 salariés et a réalisé, en 2008, un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros. Son objectif est de doubler de taille dans les trois ans. Faisable? Totalement, au vu des résultats et des projets de l'entreprise. Tous les ans, trente nouveaux produits viennent compléter un catalogue comptant plus de 300 références, dont une gamme bio, lancée en avril 2009. Les grossistes et les industriels (Pomona, Transgourmet, Tipiak) représentent 40% des ventes. Les appels d'offres des RHF (réseaux hors foyer), tels que les hôpitaux, l'armée et les restaurants scolaires, pèsent 35% du chiffre d'affaires, la vente directe auprès de partenaires régionaux 20%. Les 5% restants sont le fait des marques lancées en 2006, MX3 Aventure et MX3 Extrême. Cette gamme, dédiée aux sportifs, devrait générer, dans les trois à cinq ans, plus de 30% des ventes, selon le dirigeant.

La gamme MX3, dédiée aux sportifs, est distribuée dans une centaine de magasins spécialisés.

La gamme MX3, dédiée aux sportifs, est distribuée dans une centaine de magasins spécialisés.

Cap sur l'international. Convaincu du potentiel de MX3, Christophe Landais a participé à divers salons professionnels à l'étranger l'année dernière. Les premières commandes viennent de tomber: la Finlande, le Maroc et la Suisse apprécient sa?, paella et son parmentier de poisson en sachet. De quoi tabler sur un chiffre d'affaires à l'export de 10 à 20% d'ici à 2011. Pour faire connaître sa marque en France, le chef d'entreprise mise sur la communication. «Les produits Titok n'ont pas besoin de publicité, étant destinés aux collectivités ou aux grossistes, mais la marque MX3 a besoin d'être promue auprès des sportifs», explique-t-il. Ainsi, 150 000 euros ont été investis en 2008 en dotations produits distribuées lors d'événements sportifs comme le marathon du Médoc, en septembre. «Les organisateurs apprécient notre image jeune et fun et la technicité de nos produits», commente Christophe Landais. Une partie de ce budget a été utilisée pour acheter des encarts publicitaires dans des titres spécialisés comme Jogging ou Triathlète Magazine. La société s'est aussi assuré un beau coup de pub en fournissant des sachets MX3 à la moitié des skippers du Vendée Globe. «Nous pouvons capitaliser sur cette image qualitative auprès des chaînes de sport», assure le dirigeant. Aujourd'hui, une centaine de points de vente spécialisés proposent les produits MX3. Pour satisfaire la demande, le site de production de Titok devrait s'agrandir de 1 000 m2 dans quelques mois.

TOTIK - Repères

- ACTIVITE: Fabrication de produits alimentaires
- SIEGE: Olonne-sur-Mer (Vendée)
- FORME JURIDIQUE: SARL
- DIRIGEANTS: Christophe Landais, 43 ans, et Nathalie Landais, 40 ans
- ANNEE DE CREATION: 1996
- EFFECTIF: 25 salariés
- CA 2007: 2,6 MEuros
- RESULTAT NET 2007: 120 kEuros
- CA 2008: 3,5 MEuros
- RESULTAT NET 2008: 140 kEuros