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Elle recourt au crédit-bail pour relancer son activité

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Pour éviter le dépôt de bilan, la jeune dirigeante a eu recours a une société de leasing pour financer ses contrats commerciaux. Une stratégie astucieuse qui lui a permis de supporter sa croissance sans emprunter.

L'entreprise aujourd'hui

Olyvia Pilo est une jeune dirigeante heureuse. Son entreprise, Océan, qui fournit aux grandes entreprises des solutions de géolocalisation de leurs véhicules, est en pleine croissance: l'an dernier, son chiffre d'affaires a connu un bond de 54 % par rapport à 2005. Elle a même dégagé, pour la première fois, un bénéfice de 550 000 euros.

Sa crise

Pourtant, la PME a connu des heures critiques. Quand elle rachète Océan en 2003, Olyvia Pilo voit grand. Trop grand. A l'époque, la start-up propose un logiciel embarqué à destination des taxis. La jeune femme veut populariser cette technologie en développant un service de géolocalisation basé sur le modèle de l'abonnement. Elle vise les 8 millions de véhicules professionnels de l'Hexagone. Mais le développement de son boîtier magique, la Blue Box, qui indique en temps réel où se trouve l'ensemble de la flotte, va lui coûter plus cher que prévu. «Mes deux précédentes entreprises étaient des sociétés de services, précise-t-elle. Ici, tout tournait autour d'un produit et j'ai sous-estimé le coût d'industrialisation de la Blue Box, ainsi que les frais engagés pour constituer mon stock.» Sans compter que la jeune femme ne dispose d'aucune trésorerie. La location de son outil de géolocalisation aux entreprises - entre 30 et 100 euros par mois - ne suffit plus à combler les coûts d'industrialisation de la Blue Box ni à payer les dix ingénieurs de la PME. En 2003, Océan est au bord du gouffre.

Son rebond

Heureusement, Olyvia Pilo réagit rapidement et entreprend de réduire sa masse salariale en se séparant de quatre collaborateurs. Et de se lancer à la recherche d'investisseurs. Certes, ils sont nombreux à être intéressés, mais la dirigeante d'Océan n'est pas prête à faire des concessions. «Ils me prêtaient de l'argent en échange de 50 % de ma société.» Au pied du mur, la jeune femme a alors une idée audacieuse: faire appel à une société de leasing. Le principe? Celle-ci lui finance ses contrats commerciaux de location mensuelle, qui varient entre 30 et 100 euros par mois et s'échelonnent sur une durée de 12 à 36 mois. Ainsi, plutôt que de facturer à son client 50 euros par mois pendant trois ans, Océan facture en une seule fois 1 800 euros au leaser, lequel s'octroie une commission de 20 % sur chaque contrat. D'où des rentrées d'argent frais - 150 000 euros -, qui vont permettre à la jeune dirigeante de supporter sa croissance sans emprunt ni ouverture du capital. Fin 2003, les affaires reprennent. La Blue Box est finalisée, le stock de départ constitué et deux commerciaux embauchés pour prospecter le marché. De 1 million d'euros en 2003, le chiffre d'affaires passe à 2,5 millions d'euros fin 2004, à 3,5 millions fin 2005, et enfin à 5,4 millions l'an dernier. Océan a gagné son pari.

La société de leasing finance à Olyvia Pilo ses contrats commerciaux de location mensuelle.

@ DR

La société de leasing finance à Olyvia Pilo ses contrats commerciaux de location mensuelle.

OCEAN >> Repères

- ACTIVITE: fournisseur de géolocalisation
- VILLE: Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis)
- FORME JURIDIQUE: SARL au capital de 250 000 euros
- NOM ET AGE DU DIRIGEANT: Olyvia Pilo, 34 ans
- ANNEE DE CREATION: 2003
- EFFECTIF: 30 salariés
- CA 2006: 5.4 millions d'euros

Mot clés : euro |

EMMANUELLE SAMPERS