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Espace de travail: entre risques et confort, les solutions...

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Le bruit, la chaleur, le froid ou encore la luminosité peuvent avoir des répercussions négatives sur la performance et la santé de vos collaborateurs. Règles de bonne conduite et aménagement des locaux peuvent éviter cela. Voici nos recommandations.

Trop bruyants, trop chauds, trop froids, trop tristes... Les locaux d'entreprise essuient de nombreuses critiques. Pourtant, avec quelques aménagements et l'édiction de règles de savoir-vivre en communauté, il est possible d'améliorer l'espace de travail de chacun, voire de le rendre confortable. Si, dans la plupart des cas, aucune législation ne réglemente ce que doit proposer l'employeur, un certain nombre d'organismes planchent sur le sujet et émettent des recommandations. Par exemple, « les employeurs peuvent s'appuyer sur la norme Afnor NF X 35-102 qui évalue les risques professionnels et qui, si elle est respectée, assure le bon aménagement de l'espace de travail », cite Régine Marc, conseillère en ergonomie à l'INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles). Sans pour autant vous faire certifier, vous pouvez prendre connaissance des recommandations de cette norme en matière d'ergonomie, de conception et de correction des espaces de travail pour les appliquer dans votre entreprise. Premier enseignement: la surface minimale dédiée à un collaborateur est estimée à 10 m2 (idéalement 12 à 15 m2). Cette dernière inclut aussi bien un plan de travail d'au moins 1,20 mètre sur 80 centimètres de largeur, que les rangements et un espace pour circuler.

@ © Michel Szlazak

1 Atténuer le bruit

Bruits de conversation entre collègues ou au téléphone, sons émis par les machines (ordinateurs, imprimantes, climatisation... ), etc.: open space oblige, dans l'espace de travail, le volume sonore peut rapidement s'envoler. Gêne, difficulté pour se concentrer, maux de tête, voire dégradation des relations entre collaborateurs et agressivité... Bref, la pollution sonore n'est pas anodine et mérite toute votre attention. Depuis 1963, elle est même reconnue comme cause de maladies professionnelles.

Avant toute chose, il est indispensable de rappeler certaines règles de bonne conduite pour minimiser le bruit: parler à voix basse, mettre son portable sur vibreur, passer ses appels personnels à l'extérieur du bureau, etc. Ensuite, sachez que le code du travail protège les travailleurs contre les risques liés à une exposition prolongée au bruit. Ainsi, l'article R 235-211 souligne l'importance du traitement acoustique des locaux dès leur conception et les articles R. 231-125 à R. 231135 visent à évaluer les risques qui subsistent et à assurer la protection des travailleurs qui subissent les plus fortes nuisances sonores. Aussi, il est possible d'investir dans quelques aménagements qui vont permettre d'atténuer le bruit. Vous pouvez, par exemple, équiper vos locaux de faux plafonds et de sols en PVC, en mousse ou en moquette. En effet, un parquet ou un carrelage augmenteront de manière considérable les bruits de pas quand un collaborateur se déplace. Par ailleurs, des cloisons, même de petite taille, évitent la propagation des ondes sonores. Les armoires peuvent jouer le rôle de «pare-sons», puisque de plus en plus de fabricants y insèrent de l'absorbant acoustique. Vous pouvez aussi distribuer des arceaux ou des casques anti-bruit, une solution peu conviviale certes, mais ces équipements diminuent les décibels perçus. Enfin, dernière nouveauté en date, le masquage sonore. Il s'agit de diffuser un bruit dit blanc (c'est-à-dire formé d'une infinité de fréquences aléatoires distribuées avec la même amplitude). Résultat? Un bruit neutre, doux et agréable... qui sait se faire oublier! Ces fréquences ne véhiculant pas d'informations sonores significatives, le cerveau ne les entend plus au bout de quelques jours.

2 Cap sur le confort thermique

Que ce soit en période hivernale ou estivale, la température peut en refroidir plus d'un. A michemin entre les tropiques et la banquise, se situe ce qu'on appelle le confort thermique, c'est-à-dire une température ambiante de 21/23 °C. D'autant que, pour rappel, tout salarié peut faire jouer son droit d'alerte et de retrait s'il considère que son environnement de travail le met en danger. Ce qui peut être le cas lors de très fortes chaleurs ou inversement. Si le code du travail est assez flou sur cette notion de danger, il convient néanmoins de ne pas laisser les températures s'envoler ou dégringoler. En effet, à partir de 26 °C, vos collaborateurs connaissent une baisse de productivité. A 30 °C, ils souffrent d'une fatigue excessive, deviennent irritables et souffrent de maux de tête. A contrario, un bureau où il fait trop froid détourne l'attention des salariés en les rendant agités: ils cherchent une façon de se réchauffer.

Le confort thermique dépend de la vitesse de l'air et de l'humidité ambiante. Aussi, si vos locaux sont en construction, pensez à soigner l'isolation du bâtiment, ce qui stabilisera les températures en interne quel que soit le temps extérieur. Vous aurez ainsi fait le plus gros du travail en matière de protection thermique, mais surtout, vous respecterez le code du travail. Les articles R. 4423-13 et R. 422314 stipulent, en effet, que les constructions de futurs bureaux doivent permettre d'adapter la température à l'organisme humain.

Si vos locaux sont anciens, faites installer un système de régulation de la température et de l'humidité de l'air. Ce dispositif permet, entre autres, de capter, à la source, les émissions d'air chaud. L'idéal? Un taux d'humidité relatif entre 30 et 60 % de l'air ambiant. Vous y parviendrez avec un système de ventilation efficace, qui doit aussi agir contre les polluants (particules, fumées, etc.). Si vous faites installer un système de climatisation, veillez à ce que la ventilation ne génère pas de courant d'air.

Enfin, un petit geste simple mais qui a son importance: aérez vos locaux! « Au moins une à deux fois par jour », recommande Régine Marc (INRS). Si vous souhaitez faire évaluer vos installations et savoir si vous devez mettre en place de nouvelles actions, rendez-vous sur Franceenvironnement.com: vous trouverez des adresses d'organismes qui analyseront l'air de vos locaux.

3 Luminosité: une question de dosage

Dans les locaux, la lumière résulte avant tout d'une savante combinaison de plusieurs éléments. Entre les éclairages naturels et artificiels d'une part, les lumières directes ou indirectes d'autre part.

Dans la mesure du possible, favorisez l'éclairage naturel. Mais attention, les bureaux de vos collaborateurs ne doivent être placés ni trop près, ni trop loin d'une fenêtre. A partir de 6 mètres de distance, un collaborateur peut estimer qu'il est placé dans un local sans fenêtres. Si, au contraire, son bureau est placé près d'une fenêtre, il doit veiller à placer son écran d'ordinateur perpendiculairement à la vitre, au risque sinon de souffrir des reflets du soleil. L'article R. 2327-4 du code du travail prévoit que les postes de travail doivent être protégés du rayonnement solaire gênant, soit par la conception des ouvertures (orientation vers le nord ou l'est des fenêtres), soit par des protections fixes (vitrages réfléchissants, pare-soleil inclus dans la structure de la façade) ou mobiles (stores vénitiens). L'autre atout de la fenêtre? Elle permet de reposer les yeux. « Pour limiter la fatigue oculaire, il est essentiel de faire une pause dans la vision sur écran, explique la conseillère en ergonomie de l'INRS. Le fait de pouvoir regarder vers l'extérieur permet une vision lointaine, plus confortable. »

Quant à l'éclairage artificiel, s'il est mal adapté, il expose le salarié à une fatigue oculaire, mais aussi posturale, puisqu'il est obligé de se pencher davantage vers son poste de travail pour mieux voir. Aussi, le décret n° 3-721 du code du travail précise que «le niveau d'éclairement doit être adapté à la nature et à la précision des travaux à exécuter». Par exemple, des travaux de dessin ne peuvent être réalisés que sous une lumière de 300 lux minimum, tandis que l'activité de bureau requiert une luminosité d'au moins 200 lux. Les locaux doivent donc être suffisamment éclairés, sans pour autant provoquer des éblouissements. Pour la directrice générale d'Actineo (Observatoire de la qualité de vie au bureau), Odile Duchenne, le piège réside « dans les lumières crues, qui tombent du plafond ». Se pose alors la question de la qualité de la lumière, autrement dit une lumière générale qui se caractérise par ses tons chauds (évitez les lumières blafardes), et par la présence de lumières individuelles, type lampes de bureau. Dans ce dernier cas, on parle alors d'éclairage d'appoint ou indirect. « Les personnes n'ont pas les mêmes comportements en matière de luminosité. L'éclairage d'appoint permet de l'adapter aux besoins de chacun », précise Régine Marc (INRS). Pour autant, il ne s'agit pas de créer de contrastes entre les espaces de travail individuels, éclairés, et les parties communes plus sombres. L'ensemble doit rester homogène: veillez donc à éclairer suffisamment vos locaux (minimum 300 lux). Enfin, sus aux réverbérations: le mobilier doit être mat, tout comme le revêtement du sol.

4 Cerise sur le gâteau: la détente et le plaisir

« Une plainte qui revient souvent chez les salariés? Des locaux à la décoration trop standardisée. Les open spaces sont la plupart du temps uniformisés, gris, pour offrir le plus de flexibilité possible, voire permuter les espaces. Mais c'est au détriment du plaisir des collaborateurs », déplore Odile Duchenne (Actineo). Pourtant avec quelques astuces, vous pouvez remédier à la monotonie et offrir un cadre de travail plus agréable à vos collaborateurs. Première étape: optez pour des couleurs vives. Synonyme de modernité et de gaieté, elles insuffleront un vent de fraîcheur dans vos open spaces. Posées sur des pans de mur, elles délimitent plusieurs zones. « On peut ainsi organiser l'espace de travail de manière beaucoup plus ludique », soutient Régine Marc (INRS). Si vous n'osez pas repeindre vos murs en violet ou en vert pomme, jouez sur le mobilier, notamment les sièges de bureau qui permettent beaucoup de fantaisie, tout en restant raisonnable.

Une autre solution consiste à placer des cloisonnettes, soit de couleur, soit avec des éléments graphiques. Certains fabricants proposent même des cloisons en verre à l'intérieur desquelles ils insèrent des bambous et autres végétaux. Le tout est de laisser parler votre inspiration et celle de vos collaborateurs. Un grand classique consiste à placer ça et là des plantes vertes (réelles, pas en plastique): effet zen et dépolluant garanti. Aux murs, des photos de grands espaces amènent exotisme et dépaysement, tandis que des oeuvres d'art (à acheter ou à louer, selon votre budget) apportent originalité et fantaisie.

Enfin, de plus en plus d'entreprises soignent leurs espaces communs. Le plus facile à mettre en place: un coin cafétéria version lounge, avec des canapés et des tables basses, pour gagner en convivialité. « Ainsi, on emprunte aux codes du domestique et on favorise la communication interservices », assure Régine Marc (INRS). Ici, toutes les innovations et toutes les folies peuvent être envisagées, du moment qu'elles ne perturbent pas le travail des collaborateurs: des consoles de jeux au billard en passant par des jeux de société, des BD... Le fabricant Delaval propose, par exemple, pour la modique somme de 30 000 euros HT (prix qui peut grimper jusqu'à 50 000 euros HT), MyZenBox, un espace de détente en forme de cube. Blanc, cet espace de 5 m² dispose d'un fauteuil massant et d'un écran géant fixé au plafond qui diffuse des images de paysages de la chaîne Zen TV. A vous d'inventer les locaux qui vous ressemblent et reflètent votre culture d'entreprise...

CE QU'IL FAUT RETENIR

- Acoustique
Le code du travail veille à la protection des salariés exposés au bruit et favorise le traitement acoustique des locaux dès leur conception. En équipant vos bureaux d'isolants ou absorbants acoustiques (sol, plafond et cloisons), vous limiterez l'agressivité entre collaborateurs et les problèmes de concentration.


- Température
Pour limiter la fatigue et la perte de concentration, la température idéale de vos bureaux doit se situer entre 21 et 23 °C. En accord avec les articles R. 4423-13 et R. 4223-14 du code du travail, les futurs locaux doivent être conçus de manière à minimiser les écarts de température. Pensez à placer un système de régulation de la température et un système de ventilation efficace et anti-polluant.


- Luminosité
D'après le décret n° 83-721 du code du travail, l'éclairage doit être adapté à la nature des travaux exécutés. Veillez à ce que les locaux soient suffisamment éclairés, que les bureaux soient pourvus de lampes d'appoint et que l'éclairage naturel soit favorisé. Vous éviterez ainsi maux de tête et fatigue à vos collaborateurs.


- Plaisir et bien-être
Des plantes vertes à l'espace détente, en passant par un subtil jeu de couleurs, créez des locaux qui reflètent votre culture d'entreprise.

Mot clés : travail |

CELINE TRIDON