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Faut-il louer ou acheter ses logiciels ?

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Une PME n'est plus obligée d'acheter ses logiciels informatiques pour les utiliser : elle peut aussi les louer. Cette nouvelle forme de consommation n'a pas, pour autant, rendu obsolète l'achat de licences. Achat ou location, que choisir ?

Tous les jours, ou presque, vous vous connectez à votre boîte e-mail personnelle. Et ce, de presque n'importe où, puisqu'une connexion internet et un navigateur web suffisent. Cette forme de «consommation» de logiciels, qui permet d'avoir accès à une application sans devoir l'installer au préalable sur son ordinateur, est aujourd'hui appelée mode «SaaS», pour «Software as a Service» (logiciel en tant que service, en français). Il peut aussi porter le nom de mode «ASP» (pour «Application Service Provider») ou «On Demand». Le principe est simple : le logiciel est installé, configuré et hébergé chez un prestataire. Pour y avoir accès, vous devez vous connecter à distance grâce à un identifiant.

Si l'utilisation grand public est désormais ancrée dans les moeurs, son entrée dans le monde de l'entreprise a été plus longue. Il faut dire que la location de logiciels a révolutionné le modèle économique existant. Plus besoin, en effet, d'acheter de licence d'exploitation, d'avoir des compétences en interne pour administrer le logiciel (installation des mises à jour, maintenance de la base de données, etc.), ni d'investir dans des infrastructures informatiques lourdes et complexes. Tout est hébergé chez un éditeur de logiciels ou un intégrateur, et accessible moyennant un droit d'accès dont le montant est exprimé, le plus souvent, par utilisateur et par mois. Par exemple, un logiciel de gestion de la relation client (CRM) se loue entre 30 et 300 euros par utilisateur et par mois, en fonction de l'éditeur et des options souscrites. «Avec le mode «SaaS», les dirigeants d'entreprise ne payent plus pour acquérir un logiciel, mais pour l'utiliser», résume Julien Barbanchon, responsable commercial chez Partesys, cabinet de conseil dans la mise en oeuvre de systèmes d'information. Les avantages liés à la location de logiciels séduisent des dirigeants. Selon une étude de Markess International, publiée en février 2009, les solutions «SaaS» représentent près de 15 % du marché français des applications. Celui-ci devrait atteindre 2 milliards d'euros de revenus en 2010, soit une croissance annuelle de 14 %.

La licence fait de la résistance.

Si les avantages de la location de logiciels sont nombreux, l'achat a encore quelques atouts dans sa manche. Et pas des moindres. En effet, de nombreuses entreprises craignent de confier à un tiers la gestion de leurs données-clés et préfèrent donc acheter leurs logiciels, notamment ceux de gestion de la relation client (CRM) et d'automatisation des forces de vente (SFA) . En outre, en cas de problème technique - une coupure de la ligne internet

par exemple - il n'est plus possible d'avoir accès à ses logiciels en mode SaaS. Parallèlement, si la location permet de lisser votre investissement initial, le coût total d'un projet informatique est souvent moins élevé, à long terme, lorsque vous êtes propriétaire de vos logiciels (le ticket d'entrée est de 15 000 euros pour l'installation d'un logiciel CRM sur une dizaine de postes). Enfin, certaines PME préfèrent acheter leurs applications pour pouvoir les modifier et les adapter à leurs propres besoins. Autant de raisons qui expliquent, selon Markess International, que l'achat de licence reste plébiscité par près de 85 % des entreprises.

POUR LA LOCATION; La location nous offre plus de souplesse

Jean-François Longy, directeur général et cofondateur de cybercité


Quand, en 2003, Jean-François Longy décide d'investir dans un logiciel de CRM (gestion de la relation client), il opte pour le mode locatif en version SaaS. «La première raison qui m'y a poussé, c'est le prix», explique-t-il. A l'époque, la PME ne compte que cinq salariés, et le ticket d'entrée est trop élevé pour cette petite entreprise qui ne réalise que 300 000 euros de chiffre d'affaires : « Il fallait compter 25 000 euros. Nous n'en avions pas les moyens !» Après un tour d'horizon du marché, Jean-François Longy choisit la solution d'un éditeur spécialisé, Ines, qui lui coûte 25 euros par utilisateur et par mois. Si, à l'époque, l'argument prix est décisif, aujourd'hui le chef d'entreprise est séduit par un autre atout de la location : «Le mode SaaS nous apporte une grande souplesse. Quand nous intégrons un nouveau collaborateur, son compte est configuré en une journée. » En effet, le dirigeant n'a besoin que d'un identifiant et d'un mot de passe pour ouvrir un nouvel accès à son logiciel de CRM. Un plus pour cette PME en croissance constante, qui espère réaliser 6,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010. Enfin, le chef d'entreprise considère que ses données sont plus en sécurité dans un «datacenter» que sauvegardées dans son entreprise : «Si nos locaux prennent feu ou sont cambriolés, nous pourrons reprendre notre activité dès le lendemain», conclut-il.

CYBERCITE- Repères

- Activité : Agence de marketing interactif
- Ville : Villeurbanne (Rhône-Alpes)
- Forme juridique : SAS
- Année de créAtion : 1999
- Dirigeants : JeanFrançois Longy, 34 ans, et Nicolas Claraz, 34 ans
- Effectif : 52 salariés
- CA 2008-2009 : 5,5 M Euros
- Résultat net 2008-2009 : 430 kEuros

POUR L'ACHAT; L'achat permet d'adapter les logiciels à son métier

MICHEL LAVANDIER, président d' Ariane Systems Group


Acheter du sur-mesure. C'est la raison qui a poussé Michel Lavandier à opter pour l'achat de son logiciel de gestion de la relation client (CRM) chez E-deal : «Nous voulions une solution qui prenne en compte nos spécificités et que nous puissions faire évoluer en fonction de nos besoins. » Une demande impossible à satisfaire quand on loue un logiciel. Par exemple, la PME vient de mettre au point un module de gestion de ses contrats de service (maintenance de ses produits, support technique et téléphonique...). Cette solution prend en compte les caractéristiques des pays dans lesquels elle est présente (France, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unis...). Mais «customiser entièrement» son application CRM coûte cher. Ces dernières années, Ariane Systems Group a déboursé près de 50 000 euros pour l'achat des licences, plus environ 7 000 euros par an pour leur renouvellement et l'obtention des mises à jour. En outre, la PME emploie un ingénieur en 3/5e pour paramétrer son logiciel. Un investissement élevé que le chef d'entreprise ne regrette pas : «Toutes nos informations sont désormais intégrées dans une base de données unique !»

Ariane Systems Group - Repères

- Activité : Editeur de solutions de check-in/ check-out pour l'hôtellerie
- Ville : Pantin (Seine-Saint-Denis)
- Forme juridique : SA
- Année de création : 2001
- Dirigeants: Michel Lavandier, 47 ans et Laurent Cardot, 37 ans
- Effectif : 48 salariés (dont 6 en Allemagne, 2 au Royaume-Uni, 3 en Espagne et 1 aux Etats-Unis)
- CA 2008-2009 : 5 MEuros