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Il a triplé son effectif en quelques semaines

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Passer de 45 à 150 collaborateurs en quelques mois en osant la croissance externe, ce challenge n'a pas fait peur à Jérôme Bardini. Son secret? Aller à la rencontre des salariés et prendre le temps de leur expliquer son projet.

Racheter une entreprise trois fois et demi plus grosse que la sienne, qui plus est la filiale d'une société de 1 600 salariés présente dans le monde entier? C'est le défi qu'a relevé Jérôme Bardini, dirigeant de Sodefilms, PME sarthoise de 45 salariés spécialisée dans le découpage et l'impression de films d'emballage. Acceptant la proposition de PR Consulting, spécialiste de l'accompagnement des restructurations industrielles, le dirigeant a repris les activités françaises - une usine à Mantes-la- Ville - du fabricant de films d'emballage Tréofan.

8 mois de tractations. Cette opération, qui a donné naissance en janvier 2006 à Polyfilms, a nécessité patience et empathie. «Entre la première rencontre avec les cédants et la reprise effective de l'entreprise, huit mois se sont écoulés», relate le repreneur. Huit mois durant lesquels l'entrepreneur doit convaincre les salariés de Tréofan du bien- fondé de son projet et, surtout, les rassurer sur la capacité de sa petite affaire à reprendre les rênes d'une société qui compte, alors, 160 salariés. Car, avant même que Jérôme Bardini ne présente officiellement son projet aux représentants du personnel, la rumeur a apporté son lot d'inquiétudes dans les rangs du personnel. «Nous étions habitués au confort d'un grand groupe: avoir un comité d'entreprise (CE) bien sûr, mais aussi l'impression d'être invincibles», explique Raphaël Miraoui, alors délégué syndical CFDT chez Tréofan. Résultat: en octobre 2005, Jérôme Bardini fait face à une grève de plusieurs semaines. Mais il ne se décourage pas. Peu familier des dossiers sociaux complexes, il décide de mettre toutes les chances de son côté et prend conseil auprès de spécialistes du droit et des relations sociales. La solution passera par le dialogue. Jérôme Bardini rencontre, tour à tour, le délégué syndical, puis le CE, de façon informelle. Ensuite, il convoque le comité d'entreprise en séance extraordinaire, pour officialiser son projet de reprise. Enfin, il prend le temps d'exposer son projet à l'ensemble des salariés. «Je leur ai détaillé ma stratégie industrielle qui consistait à maîtriser la chaîne de fabrication, de la conception du papier à son impression, de façon à offrir une prestation complète au client final»

Privilégier le dialogue. Au passage, le nouveau dirigeant apaise les inquiétudes de certains salariés. «Il s'est engagé à préserver les avantages acquis», précise Raphaël Miraoui, de la CFDT. Cette transparence porte ses fruits. «Le business plan de Jérôme Bardini nous a finalement convaincus», reconnaît-il. Aujourd'hui, l'entrepreneur poursuit dans la voie du dialogue. Il veille à rencontrer le plus souvent possible le personnel de production de l'usine de Mantes-la-Ville, où il se rend très régulièrement, deux à trois fois par semaine.

POLYFILMS SAS ET SODEFILMS >> Repères

- ACTIVITE: Fabrication, découpage et impression de films d'emballage
- VILLES: Mantes-la-Ville (78) et La Ferté-Bernard (72)
- FORME JURIDIQUE: Société par actions simplifiée
- DIRIGEANT: Jérôme Bardini, 40 ans
- ANNEES DE CREATION: 2006 et 1985
- EFFECTIFS: 150 et 45 salariés
- CA 2006 CONSOLIDE: 35 millions d'euros

Mot clés : projet

Virginie Jacob