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Il accueille des jeunes sans qualification

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Aidé par un groupement d'employeurs spécialisé dans l'insertion, Jean-Pierre Minjard offre à des jeunes sans qualification la possibilité de retrouver le chemin de l'emploi

Si l'insertion fait parfois peur aux chefs d'entreprise, elle est loin d'effrayer Jean-Pierre Minjard. A la tête de Time, une PME de trente-cinq salariés spécialisée dans le nettoyage industriel, ce jeune chef d'entreprise a décidé de faire d'une pierre deux coups: s'attaquer au problème du manque de main-d'oeuvre et adopter une démarche citoyenne. Son arme s'appelle le GEIQ (groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification) . Il en préside un depuis quatre ans dans sa région de Saint-Etienne. Le principe est simple. Jean-Pierre Minjard accueille, en contrat de professionnalisation, durant un an, des jeunes de niveau BEP, mais aussi des adultes sans qualification ou des RMistes, pour leur faire découvrir son métier. «Je veux montrer à ces personnes, souvent mal orientées au départ mais qui veulent s'en sortir, que l'ascenseur social n'est pas un vain mot», souligne-t-il. Mais attention. Comme le précise ce chef d'entreprise, l'insertion n'est pas une fin en soi. «Avec le papy-boom, la main- d'oeuvre qualifiée est amenée à se raréfier. Je trouve donc dommage de laisser de côté des jeunes qui cherchent du travail, sous prétexte qu'ils n'ont pas de qualification.» L'avantage d'adhérer à un GEIQ est de pouvoir lui déléguer l'organisation de la formation de son salarié, qui représente, en contrat de professionnalisation, 25% de son temps de travail. L'intéressé bénéficie donc d'un double tutorat. «Le GEIQ aide le jeune à résoudre des problèmes (logement, transport...) qui ne concernent pas directement l'entreprise, explique Jean-Pierre Minjard. Quant au tuteur de l'entreprise, il est là pour écouter et éventuellement sanctionner, bref, se concentrer sur les aspects purement professionnels.» Grâce à cette aide, le dirigeant estime avoir réduit de 60% le taux de rupture des contrats. Absentéisme, mépris de l'autorité, les deux premiers mois ne sont pourtant pas toujours faciles. Si les choses se passent mal, le groupement peut mettre le salarié à disposition d'une autre entreprise. La contrepartie de ce suivi personnalisé? Le coût horaire d'un tel salarié s'élève à 13,50 Euros HT pour l'entreprise, contre 13 Euros pour un CDD classique. Un surcoût que l'entreprise admet volontiers: «Cela correspond à la marge prise par le GEIQ.» D'autant que le jeu semble en valoir la chandelle: d'après le dirigeant, 90% des jeunes en contrat d'insertion décrochent un CDI à l'issue de leur formation. En sept ans, le dirigeant a lui-même contribué à ce succès en en embauchant huit. Sa plus grande fierté? «Voir certains créer leur entreprise.»

Pour tout renseignement sur les GEIQ: www.geiq.net

@ ATELIER NAD'ART

TIME >> Repères

- ACTIVITE:
Nettoyage industriel
- VILLE:
Saint-Etienne (Loire)
- FORME JURIDIQUE:
SARL
- DIRIGEANT: Jean- Pierre Minjard, 36 ans
- ANNEE DE CREATION: 1992
- EFFECTIF: 35 salariés
- CA2006:
1,3 million d'euros

Mot clés :

Hélène Duvigneau