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Il lève 14 millions d'euros pour développer le carburant de demain

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En quatre ans, Marc Delcourt, p-dg de Global Bioenergies, PME innovante spécialisée dans la biologie industrielle, réalise trois levées de fonds pour un montant total de plus de 14 millions d'euros. Une stratégie de financement payante.

Plus de 14 millions d'euros. C'est ce qu'a réussi à collecter Global Bioenergies en à peine quatre ans d'activité. Depuis sa création en octobre 2008, la PME francilienne spécialisée dans la biologie industrielle a réalisé pas moins de trois levées de fonds - dont deux boursières - et ce, en pleine crise économique. Son secret? Un projet innovant porteur et un solide business model. Son credo: la production biologique d'hydrocarbures à partir de ressources renouvelables (sucre, céréales...). Global Bioenergies s'intéresse en priorité au développement de la production biologique d'isobutène, une molécule élémentaire de la pétrochimie pouvant être convertie en carburant ou encore en plastique. L'idée est d'industrialiser à grande échelle ce procédé de conversion via la concession de licences auprès des grands noms du secteur dès 2014. Mais pour atteindre cet objectif audacieux, la PME de 35 salariés a d'abord besoin de liquidités. « Ma première mission a été de trouver des fonds pour financer la phase initiale de recherche et développement », se remémore Marc Delcourt, dirigeant de Global Bioenergies. Tandis que son associé, Philippe Marlière, se charge de piloter les premières expérimentations sur le programme isobutène, il part à la conquête d'investisseurs extérieurs. C'est dans ce cadre qu'il contacte une vieille connaissance, Sébastien Groyer, directeur de participation chez Masseran Gestion (aujourd'hui Seventure), le fonds de capital-risque de la Caisse d'Epargne. Après plusieurs discussions, le fonds investit 3,2 millions d'euros en février 2009. Cette levée de fonds permet de financer non seulement les premiers tests, mais également une partie de la phase de développement du programme isobutène. «Nous avons ainsi mis au point le premier prototype de bioproduction d'isobutène à partir de sucre. Nous avons également recruté notre directeur du business développement chargé d'interagir avec les industriels intéressés, à terme, par l'obtention de licences pour l'exploitation du procédé à grande échelle», explique le dirigeant (lire l'encadré ci-dessous).

Marc Delcourt, 42 ans, p-dg de Global Bioenergies

Marc Delcourt, 42 ans, p-dg de Global Bioenergies

Global Bioenergies - Carte d'identité

- Activité
Biologie industrielle
- Ville
Évry (Essonne)
- Forme juridique
SA à conseil d'administration
- Dirigeant
Marc Delcourt, 42ans
- Année de création
2008
- Effectif
35salariés
CA 2012
251kEuros

Cap sur la capitalisation boursière

«On s'est alors posé la question de savoir comment on allait lever à nouveau des fonds pour accélérer le processus de développement, puis d'industrialisation du procédé, souligne Marc Delcourt. La première option naturelle aurait été de refaire un tour de table de capital-risque. Nous avons finalement opté pour une autre solution: réaliser cette levée de fonds via une introduction en Bourse. » Plus grande visibilité, renforcement de la valorisation de l'entreprise... Cette alternative présente des avantages en adéquation avec les besoins et l'ambition de la société. Dans cette optique, la PME recrute son directeur administratif et financier, chargé de préparer les audits préalables durant six à neuf mois. «Notre stratégie a été passée au crible. Nous avons dû démontrer la solidité de la société de la cave au grenier: R&D, propriété intellectuelle, stratégie d'accès au marché, équipe... », raconte le p-dg. Le 15 juin 2011, la PME officialise son introduction en bourse sur Nyse Alternext (lire l'encadré ci-dessous), à Paris. Dès le premier jour, elle voit son cours bondir de plus de 40 % et enregistre une sur-souscription aussi bien du côté des investisseurs institutionnels que des particuliers.

L'opération rapporte 6,6 millions d'euros. «Avec l'introduction en Bourse, nous avons acquis une nouvelle stature dans notre secteur et gagné en notoriété vis-à-vis du grand public.»

Un an plus tard, en juin 2012, Global Bioenergies décide de réaliser une deuxième levée de fonds boursière de 3 millions d'euros. « Nous nous donnons les moyens de nos ambitions, à savoir industrialiser le procédé de conversion de l'isobutène jusqu'à la production de tonnes, en 2014. Nous ne souhaitons pas construire et exploiter le procédé nous-même, mais confier à des industriels établis le soin de le faire. Nous allons aussi dupliquer ce premier succès aux autres molécules de la famille des oléfines légères, qui constituent le coeur de la pétrochimie et sont aujourd'hui exclusivement dérivées du pétrole. C'est maintenant que tout se joue», insiste le dirigeant de Global Bioenergies. Le revers de la médaille? «Notre chiffre d'affaires (251 k€ sur le dernier exercice, NDLR) témoigne de l'intérêt préliminaire des industriels, mais n'est vraiment pas significatif à ce stade. Nous attendons un chiffre d'affaires en très forte croissance à partir de 2014, date de la concession des premières licences d'exploitation. Notre responsabilité vis-à-vis de nos investisseurs est d'autant plus grande. Nous comptons bien ne pas les décevoir.» La PME poursuit désormais sur sa lancée et finalisera d'ici à la fin 2013 le développement de son programme isobutène, tout en débutant les expérimentations sur deux autres molécules. Pour la suite, l'ambition de la PME est claire: devenir une «billion dollar company», soit une entreprise valant plusieurs milliards de dollars. «Qui sait, peut-être que d'ici à quelques années, nous deviendrons le Microsoft de la biologie industrielle ! », lâche Marc Delcourt. Affaire à suivre.

ZOOM

Elue «société de biotechnologie européenne la plus innovante»...
Préparer l'après-pétrole. Tel est l'un des défis majeurs de Global Bioenergies. Ainsi, la PME est la seule entreprise européenne à investir dans la conversion de ressources renouvelables en hydrocarbures par fermentation. Elle est d'ailleurs soutenue financièrement à plusieurs reprises par Oséo pour sa stratégie innovation.
En septembre 2012, elle est élue «société de biotechnologie européenne la plus innovante» par EuropaBio, association rassemblant plus de 1 800 sociétés européennes du secteur.

... la PME compte de devenir l'un des leaders mondiaux du secteur
Positionnée sur un marché mondial estimé à 300 milliards de dollars, Global Bionenergies compte s'imposer parmi les leaders du secteur de la biologie industrielle. En 2009-2010, elle engage plus d'une centaine de discussions avec de grands groupes internationaux. Un industriel américain a même déjà acheté une option de licence pour 300000 dollars, suivi par un constructeur automobile allemand. Un accord est aussi signé avec le groupe Synthos. En parallèle, après l'Allemagne en 2010, une deuxième filiale est ouverte durant l'été 2012 aux Etats-Unis.

SAVOIR

Nyse Alternext, pour les PME de croissance
Créé en 2005, le marché financier Nyse Alternext, rattaché à la Bourse paneuropéenne Nyse Euronext, est principalement destiné aux PME de croissance. Son objectif: faciliter l'accès à la cotation sur le marché boursier aux petites entreprises, tout en présentant des garanties aux investisseurs. En septembre 2011, 184 sociétés y étaient cotées, représentant 5,5 milliards d'euros de capitalisation boursière. Pour être admis sur Nyse Alternext, les entreprises doivent remplir un certain nombre de conditions, telles que justifier de deux années d'historique de comptes. Il existe trois façons d'être admis à la cotation et à la négociation sur Nyse Alternext: placement public / placement privé / cotation directe.
Rens.: https://europeanequities.nyx.com/fr.