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Il met de l'huile usagée dans nos moteurs!

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Pour aider les petits restaurateurs à se conformer à la législation sur les déchets, Jean-Marie Vidal ne se contente pas de collecter leurs huiles de friture. Il les transforme en combustibles bio... et commercialisables.

 

Chaque mois, nous vous proposons ici le portrait d'un créateur d'entreprise, que nous retrouverons un an plus tard, afin défaire le point sur l'évolution de son affaire.

Collecter les huiles de friture des restaurants et les transformer en biocarburants. Ce n'est pas le projet d'un savant écolo, mais l'activité d'une petite entreprise francilienne, Neobiol, qui a vu le jour en novembre 2006. Son créateur, Jean-Marie Vidal, lui-même issu d'une famille de restaurateurs, a quitté un poste de responsable de R&D dans le secteur informatique pour renouer avec les odeurs de friture de son enfance. «C'est révolution de la réglementation sur le traitement des déchets qui m'a inspiré», relate-t-il. En vertu d'un décret paru en avril 2002, les huiles de friture sont considérées comme des déchets industriels dangereux. Les restaurateurs sont donc tenus de les éliminer de façon à éviter tout effet nocif sur l'environnement. C'est pourquoi, à moins d'acheminer par leurs propres moyens les huiles à la déchetterie la plus proche - ce qui demande une logistique trop contraignante pour de si petits volumes - ils doivent faire appel à un prestataire spécialisé. «Or, le marché est dominé par les géants de la propreté, qui travaillent principalement avec les grands comptes, comme les chaînes de fast food et les entreprises de restauration collective», décrit Jean-Marie Vidal. Jusqu'à la création de Neobiol, aucun modèle de proximité n'avait été pensé pour les petits établissements: restaurants de proximité, sandwicheries et même boulangeries.

Performances écologiques. Un vide que Jean-Marie Vidal entend combler, en proposant aux restaurateurs et commerçants de bouche l'enlèvement de leurs huiles alimentaires usagées, pour un investissement modique: à partir de 20 euros HT par mois. Mais ce n'est pas tout. Ces huiles végétales sont ensuite décantées, filtrées et déshydratées, puis converties en biocombustible, en lubrifiant industriel ou encore en substitut de fuel domestique. «Leur revalorisation par réinsertion dans la filière des biocombustibles représente autant d'économies sur les produits pétroliers, avec des performances écologiques meilleures que les carburants fossiles», plaide le patron de Neobiol. Une fibre écolo qui ne l'empêche pas de privilégier la rentabilité de son affaire.

L'entreprise a d'ores et déjà atteint son point mort en décembre et compte engranger 350 KEuros de chiffre d'affaires pour l'exercice 2007/2008, dont la moitié proviendrait de la collecte et l'autre de la vente de déchets transformés. Avec 600 clients, Neobiol couvre, pour le moment, le grand tiers nord-est de l'Ile-de-France. «C'est, en quelque sorte, une zone pilote avant d'envisager de nous étendre à l'ensemble de la région, puis de construire un réseau national.»

NEOBIOL - Repères

- ACTIVITE: Collecte et traitement d'huiles de friture
- VILLE: Villemomble (Seine-Saint-Denis)
- DIRIGEANT: Jean-Marie Vidal, 46 ans
- FORME JURIDIQUE: SARL
- ANNEE DE CREATION: Novembre 2006
- EFFECTIF: 3 salariés
- CA PREVISIONNEL 2007/2008: 350 KEuros
- RESULTAT PREVISIONNEL 2007/ 2008: A l'équilibre

Mot clés : euro

Houda El Boudrari