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Il mise sur le haut de gamme pour résister à la concurrence

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Pour faire face à la concurrence des géants américains, l'agence photographique parisienne a dû se spécialiser dans les photos made in France.

L'entreprise aujourd'hui

Un clic, et les clients de Photononstop peuvent faire leurs emplettes dans un catalogue 100% virtuel. Autrefois artisanale, l'agence photographique gère aujourd'hui sa base documentaire, soit 650 000 images, à la façon de ses concurrentes américaines. Une révolution numérique qui a sauvé cette petite agence française. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2005, la PME a enregistré une hausse de 6% de son chiffre d'affaires et dégagé un bénéfice de 200 000 Euros.

@ DR

PHOTONONSTOP >> Repères

- ACTIVITE: Agence photographique
- VILLE: Paris (XIIe)
- FORME JURIDIQUE: SA
- ANNEE DE CREATION: 2000
- DIRIGEANTS: Christian Delannoy, 48 ans, et Gilles Tacquet, 45 ans
- EFFECTIF: 20 salariés
- CA 2006: 3 MEuros

Sa crise

Christian Delannoy crée Photononstop en 2000, en pleine bulle Internet. Au même moment, naissent deux grandes agences photographiques américaines, Corbis et Getty Images. Outre un fonds photographique impressionnant, elles disposent d'une technologie dernier cri leur permettant de mettre en ligne leurs visuels. «Même si elles n'étaient pas moins chères, leur arrivée a été un vrai raz-de-marée pour les petites agences traditionnelles», relate Christian Delannoy. Il faut dire que face à ces géants qui proposent aux clients d'accéder à de gigantesques photothèques sur le Web, Photononstop et ses méthodes manuelles de classement ont du souci à se faire. Certes, à l'époque, la petite entreprise dispose bien d'un site Web. «Mais il était lent et le moteur de recherche laissait à désirer», admet Christian Delannoy.

Pour Photononstop, la bataille est inégale. Au bout de quelques mois, la majorité des clients cède au chant des sirènes de la concurrence américaine, tournant le dos à l'agence tricolore. Entre 2000 et 2004, Photononstop voit son chiffre d'affaires passer de 4,5 à 2 millions d'euros. La société se sépare de plus de la moitié de son effectif.

Le site Web de la petite agence abrite 650 000 images.

@ DR

Le site Web de la petite agence abrite 650 000 images.

Son rebond

Seule une stratégie offensive peut sauver la PME. En 2003, l'agence numérise son fonds photographique et refond son site Web. Pour se différencier des agences américaines, elle se repositionne sur le haut de gamme, avec une spécialité «made in France». «Notre richesse, c'est notre fonds «local», indique Christian Delannoy, car une photo acquise auprès d'une agence outre-Atlantique est forcément «américanisée».» Pour communiquer sur sa stratégie, le chef d'entreprise lance une opération d'e-mailing. Les salariés sont promus responsables de clientèle. Enfin, un responsable export est recruté pour ouvrir l'entreprise sur l'international. Ce programme finit par porter ses fruits. En 2006, le chiffre d'affaires devrait progresser de 25%. L'agence parisienne semble, désormais, sortie d'affaire.

Mot clés : affaires |

Emmanuelle Sampers