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Il préserve la parité au sein de son «codir»

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Le dirigeant de l'éditeur de logiciels revendique son attachement à la mixité de son comité de direction. A la clé, des équipes plus rigoureuses et donc plus performantes.

Chez Highdeal, la personne la mieux payée... est une femme. «Il s'agit de la présidente de notre filiale américaine», s'amuse Eric Pillevesse, le p-dg de l'éditeur de logiciels né d'un essaimage de France Télécom. Une pratique exemplaire. Car en dépit de la loi sur l'égalité salariale de mars 2006, qui prévoit de supprimer avant le 31 décembre 2010 les écarts de rémunération entre hommes et femmes, force est de constater qu'en France, l'injustice salariale est une réalité. Selon un rapport du Sénat publié en 2002, dans notre pays, les femmes perçoivent en moyenne 20% de moins que leurs homologues masculins.

Une réalité contre laquelle Eric Pillevesse a décidé de s'élever. Dès sa création, en mars 2000, Highdeal a institué la règle de la parité dans son comité de direction, qui comptait, à l'époque, deux femmes et deux hommes. «Depuis, relate le p-dg, d'autres femmes sont entrées au «codir». Nous sommes, aujourd'hui, sept, dont quatre représentantes de la gent féminine.» Parmi elles, Camilla Dahen, la présidente de la filiale américaine; Sylvie Simon, cofondatrice de la société et vice-présidente R&D; Isabelle Roussin, son homologue du marketing; et enfin Caroline Tahon, vice-présidente RH. Selon les entités, les femmes représentent entre 30% et 50% de l'effectif de la PME.

Sans verser dans la discrimination positive ni dans le militantisme, Eric Pillevesse aimerait féminiser encore son équipe. Pour lui, la valeur ajoutée de ces dames est «supérieure» à celle des hommes: «Elles sont plus rigoureuses, franches, honnêtes... Bref, plus professionnelles», résume-t-il très sérieusement. Un indice? «Si on constitue un groupe projet, un binôme homme-femme est systématiquement dans les temps, alors qu'un binôme 100% masculin est automatiquement en retard!», observe-t-il. Et d'ajouter: «Depuis que nous avons intégré une femme dans notre force de vente, nos performances ont progressé. Je constate qu'elle a mis de l'ordre dans les contrats, par exemple.»

Bien entendu, le chef d'entreprise bannit toute forme de discrimination salariale: chez Highdeal, à poste et compétences égaux, les salaires sont identiques. Même lorsqu'une jeune maman s'absente le temps de son congé maternité. «Nous mettons tout en oeuvre pour que leur absence ne bloque pas leur carrière. Elles sont tenues informées des grandes décisions de l'entreprise, voire consultées si elles sont directement concernées.» Et, visiblement, cela semble fonctionner: la présidente de la filiale américaine a mis au monde deux enfants en trois ans.

HIGHDEAL Repères

- ACTIVITE: Edition de logiciels
- VILLES: Caen, Paris et New York
- FORME JURIDIQUE: SA
- DIRIGEANT: Eric Pillevesse, 48 ans
- ANNEE DE CREATION: 2000
- EFFECTIF: 96 salariés
- CA 2007: 11,3 MEuros
- RESULTAT NET 2007: 1,2 MEuros

Mot clés : Femme |

Sylvie Laidet