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Il rétablit la situation par la communication

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Le licenciement de salariés porteurs de faux papiers a plongé la blanchisserie industrielle de Robert Ejnes dans une grave crise sociale. Mais une communication offensive, accompagnée d'une nécessaire restructuration, a remis l'entreprise sur le bon chemin.

L'entreprise aujourd'hui

 

A la tête de Modeluxe, la blanchisserie industrielle qu'il a acquise en 2006, Robert Ejnes sort enfin la tête de l'eau. «En l'espace de six mois, la situation financière de l'entreprise s'est assainie», soupire le dirigeant de cette PME francilienne de 110 salariés, qui a amélioré sa marge de dix points depuis la fin 2006. En outre, le chiffre d'affaires, qui avait chuté de 30% fin 2006, s'est enfin stabilisé en 2007, à 7 millions d'euros. Du coup, les projets fourmillent: rénovation des locaux, formation du personnel à de nouvelles normes de qualité et même lancement de nouveaux produits.

Sa crise

 

Des projets d'avenir? C'était impensable, il y a encore un an. Car quand, en octobre 2006, cet expert financier décide de racheter Modeluxe à l'industriel britannique Sunlight, la blanchisserie industrielle de 170 salariés est en mauvaise posture. «Un mois auparavant, la police avait détecté que 18 salariés étaient porteurs de faux papiers.» L'affaire, relayée dans les quotidiens nationaux, occasionne une fâcheuse publicité. La PME licencie ce personnel en situation irrégulière. Mais, par solidarité, une poignée de salariés font grève, bloquant la production pendant cinq jours. La crise sociale provoque un séisme. «Une grande partie de nos clients n'ont pas pu être livrés.» Une semaine après la reprise du travail, le couperet tombe: 90 clients de Modeluxe (soit un tiers du portefeuille) dénoncent leur contrat, entraînant une baisse du chiffre d'affaires de 30% fin 2006. Robert Ejnes craint le pire.

Son rebond

 

Pour remonter la pente, le chef d'entreprise organise un plan d'action en plusieurs étapes. Premier acte: une communication interne et externe offensive. C'est ainsi que, moins d'un mois après l'affaire des faux papiers, Modeluxe participe au salon professionnel Equip'hôtel, afin de «clarifier la situation auprès des clients». En même temps, Robert Ejnes rencontre les représentants du personnel, lance une newsletter en interne, rassure sur l'avenir de la blanchisserie. Ce qui n'empêche pas les comptes de l'entreprise de continuer leur plongée. L'exercice 2006 s'avère inquiétant: le chiffre d'affaires chute de 30% à 6 millions d'euros (contre 8,7 millions en 2005) et la perte nette de la PME s'élève à près d'un million d'euros. «Il fallait envisager une restructuration en profondeur», confie Robert Ejnes. Dès novembre 2006, le patron met en place un plan social, basé sur des départs volontaires, faisant passer son effectif de 170 à 110 salariés. Puis, il adopte de nouvelles normes de qualité, plus draconiennes que les précédentes. «Les salariés ont été formés à de nouvelles pratiques, contrôlées par un responsable de production chargé défaire des visites hebdomadaires auprès des clients.» Ce plan de formation, qui nécessite un budget de 300000 euros, donne des résultats immédiats. La productivité progresse de 30 %.

Les clients, eux, semblent revenir au pas de course. Depuis le début de l'année, la PME a conquis une vingtaine de nouveaux comptes.

MODELUX - Repères

- ACTIVITE: Blanchisserie industrielle
- VILLE: Chilly-Mazarin (Essonne)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANT: Robert Ejnes, 50 ans
- ANNEE DU RACHAT: 2006
- EFFECTIF: 110 salariés
- CA 2007: 7 MEuros
- PERTE D'EXPLOITATION PREV. 2007: 400 KEuros

Mot clés : euro |

Stéphanie Fontana-Bérard