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Il réussit le virage du numérique

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Touchée par le boom du numérique, cette entreprise de reprographie est passée tout près du précipice. Un plan d'économies et un virage stratégique lui ont permis de redresser la barre.

L'entreprise aujourd'hui

A la tête de Reprolac, l'entreprise de reprographie qu'il a acquise en 1998, Armel Blanc est plutôt confiant. Son chiffre d'affaires est en croissance de 5% depuis deux ans. Mieux: sa rentabilité est en hausse et Reprolac devrait enregistrer un résultat net de 10% sur l'exercice 2006. Pourtant, quelques années plus tôt, l'entreprise a connu des heures sombres.

Sa crise

Après le rachat de Reprolac, Armel Blanc connaît un démarrage sur les chapeaux de roue. Epaulé, la première année par le cédant, le chef d'entreprise voit ses ventes bondir de 30%. Optimiste, il investit dans de nouvelles machines et fait entrer sa société dans l'ère du numérique.

Il ouvre trois agences commerciales et étoffe son effectif. Mais cette euphorie est de courte durée. 2003 est marquée par une crise «conjoncturelle». «Dans notre secteur, la plupart des acteurs ont souffert du boom du numérique» , indique Armel Blanc. Les recettes sont en chute libre et durant l'été, l'entreprise réalise à peine le tiers de son chiffre prévisionnel. Fin octobre, la PME ne peut plus faire face à ses échéances. La banque accepte de maintenir les conditions de découvert accordées initialement, mais refuse d'aller plus loin. L'entreprise est déclarée en cessation de paiements le 12 décembre; le redressement est prononcé trois jours plus tard.

Son rebond

Face à cette crise, l'entrepreneur ne jette pas l'éponge. Il décide de fermer ses trois agences et opère cinq licenciements. Cette restructuration est un mal nécessaire: elle fait perdre à Reprolac une partie de sa clientèle, mais lui permet de diviser par deux ses charges fixes. Parallèlement, le paiement des salaires est pris en charge par l'AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés). Peu à peu, Reprolac trouve un nouvel équilibre. Un investisseur entre au capital et conseille à Armel Blanc de repenser sa stratégie commerciale. «J'ai intégré toute la chaîne de fabrication, depuis la conception des documents jusqu'à leur livraison chez le client», confie le dirigeant. En outre, il décide de partir à la conquête d'une nouvelle cible: les chambres consulaires. Le 17 octobre 2005, un plan de continuation est prononcé pour dix ans. Désormais, Reprolac est capable de proposer une solution globale d'impression, répondant ainsi aux attentes des clients.

EN BREF
Les trois étapes du redressement judiciaire

1 Le tribunal de commerce déclare l'entreprise en cessation de paiements.


2 Le jugement est prononcé: liquidation (l'entreprise disparaît) ou redressement (elle entre en phase d'observation pour huit mois maximum).


3 Lors d'une nouvelle audience, le tribunal ordonne la liquidation de l'entreprise, sa cession à un tiers ou la poursuite de l'exploitation dans le cadre d'un plan de continuation.

REPROLAC >> Repères

- ACTIVITE: Réalisation de documents imprimés
- VILLE: Le-Bourget-du-Lac (Savoie)
- FORME JURIDIQUE: SARL
- DIRIGEANT:
Armel Blanc, 45 ans
- ANNEE DE REPRISE: 1998
- EFFECTIF: 10 salariés
- CA 2005-2006: 780 000 Euros

Mot clés : Crise

Véronique Méot