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Il réussit sa reconversion du Web à la maintenance

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Spécialisé dans la création de sites Web, Proxima Creative a été durement touché par la fin de l'âge d'or d'Internet. Son patron a redressé la situation en proposant des services d'hébergement.

L'entreprise aujourd'hui

Proxima Creative est «la» petite entreprise qui monte. Grâce à une centaine de clients réguliers, cette PME bordelaise de création et d'hébergement de sites Web voit son chiffre d'affaires progresser de 15% par an depuis 2004. Ses clients, des PME et des organismes publics, la sollicitent pour créer leurs sites Internet et en assurer le suivi. «Nous comptons une centaine de clients réguliers», affiche fièrement Christian Baudchon, son dirigeant. En 2006, il prévoit d'engranger un résultat net d'environ 2% Une première de 2000 à 2002, l'entreprise a perdu de l'argent.

@ DR

PROXIMA CREATIVE >> Repères

- ACTIVITE: Création et hébergement de sites Internet
- VILLE :Canejan (Gironde)
- FORME JURIDIQUE: SA
- EFFECTIF: 9 salaries
- DIRIGEANT: Christian Baudchon, 37 ans
- ANNEE DE CREATION: 1998
- CA 2005: 630000 Euros

Sa crise

Pourtant, en 1999, Christian Baudchon voit encore la vie en rose. Sa société peut compter sur une trentaine de clients pour qui elle crée des sites Internet. L'entreprise est florissante, à tel point qu'elle suscite l'intérêt d'un capital-investisseur, qui y injecte 150 000 euros en échange de 25% du capital. Mais cette ascension s'interrompt brutalement à l'aube des années 2000, quand le charme d'Internet commence à s'évaporer. «Nos clients étaient des start-up, dont beaucoup ont mis la clé sous la porte ou se sont recentrées sur leur métier traditionnel», relate Christian Baudchon. Conséquence? Malgré une prospection tous azimuts, les nouveaux clients se font rares. En 2001, la PME doit se contenter de six nouveaux contrats. Cette année-là, elle clôt l'exercice sur une perte de 50000 euros, soit plus de 10% de son chiffre d'affaires Le licenciement de six collaborateurs, inévitable, creuse cet abîme. Quand, en 2002, les pertes passent la barre des 100000 euros, Christian Baudchon doit se résigner au redressement judiciaire.

Son rebond

Mais le dirigeant de Proxima Creative ne compte pas tourner la page En septembre 2002, le chef d'entreprise obtient du tribunal de commerce un plan de continuation. Ses dettes sont étalées sur dix ans. Surtout, Christian Baudchon parvient à garder ses clients et ses collaborateurs il appelle, un à un, ses partenaires et les informe de son projet Parallèlement, il définit avec son équipe un nouvel axe stratégique pour Proxima Creative. Une solidarité forte se crée autour du chef d'entreprise. «Mes collaborateurs ont accepté de baisser leur rémunération de 20% et aucun client ne nous a lâchés».

Avec son équipe, il décide de modifier son métier pour trouver des sources de business récurrentes. Dont acte Christian Baudchon lance un service d'hébergement et de maintenance. Et ce changement de cap porte ses fruits une dizaine d'anciens clients signent un contrat de maintenance. Peu à peu, la PME gagne de nouveaux comptes, s'assurant un revenu récurrent égal à 60% de ses recettes. Celles-ci grimpent de 15% par an pour atteindre, en 2005, 630000 euros. «Nous avons échappé au pire, mais rien n'est gagné», conclut Christian Baudchon. Qui espère clore l'exercice 2007 sur un résultat net de 20 000 euros.

Mot clés : euro |

Stéphanie Fontana-Bérard