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Il se spécialise dans les textiles spéciaux

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Faute de créativité et mal gérée, Boldoduc allait déposer son bilan. Son repreneur Jean-Charles Potelle a misé sur le développement de tissus techniques à valeur ajoutée et gagné 13% de croissance.

L'entreprise aujourd'hui

Des tissus de contention pour hernies, des filets de protection pour les compétitions de tir à l'arc ou encore des bâches de bennes... L'offre de Boldoduc, PME lyonnaise créée en 1948 pour tisser la soie, a définitivement bifurqué vers le textile technique spécialisé. «Environ 80% de notre activité s'effectue sur mesure, suivant un cahier des charges fourni par les clients», explique Jean-Charles Potelle, le dirigeant. Boldoduc consacre ainsi de 3% à 5% de son chiffre d'affaires à la recherche et développement avec une équipe interne de cinq ingénieurs. L'activité repose sur trois marchés: le sport (écrans de protection), la santé (tissus chirurgicaux), la protection et l'emballage (filets antichute, filets de protection, sacs de ramassage pour les blanchisseries...). L'entreprise connaît actuellement une croissance moyenne de 13% par an.

Sa crise

Lorsque Jean-Charles Potelle reprend Boldoduc en 1991, avec son père, l'entreprise est au bord du dépôt de bilan. «Le propriétaire avait commencé à développer les textiles techniques mais son offre était trop fournie, très concurrencée et avait peu de valeur ajoutée», précise le repreneur. Les dettes se sont accumulées, jusqu'à représenter 15% du chiffre d'affaires qui était alors de trois millions de francs (environ 458 000 euros).

Boldoduc consacre de 3% à 5% de son CA à la recherche et développement.

Boldoduc consacre de 3% à 5% de son CA à la recherche et développement.

Son rebond

Jean-Charles Potelle pressent qu'il manque à Boldoduc, nantie d'un bon outil de production, une gestion plus saine et de la réflexion. «Pendant trois ans, j'ai fait le tour des clients pour écouter leurs attentes, explique le dirigeant. J'ai réduit la gamme de 50% et me suis séparé des mauvais payeurs.» Issu d'un cursus marketing et développement, le repreneur se forme pendant 18 mois auprès d'un professionnel issu de l'école de tissage Denis-Diderot à Lyon. Indispensable pour ce jeune patron bouillonnant d'idées. «Je saisis chaque opportunité pour créer des débouchés: les écrans de protection pour le tir à l'arc sont nés d'une discussion avec un champion, qui recherchait du matériel pour ses démonstrations.» Le résultat: une production, annuelle de 70 000 mètres de filets. L'entreprise renoue avec les bénéfices, car ses textiles spéciaux génèrent de la marge: «Un tissu chirurgical se vend 10 à 15 fois plus cher qu'un tissu classique», souligne le dirigeant. Si chaque nouveau développement réclame de 12 à 36 mois de travail, Boldoduc a su s'entourer, en faisant valider ses recherches par l'IFTH (Institut français du textile et de l'habillement) et en travaillant avec les laboratoires de recherche spécialisés. Chaque innovation est présentée à la clientèle, argumentée et personnalisée, par une équipe de trois commerciaux spécialisés. Jean-Charles Potelle ambitionne désormais de développer l'export. Son atout? Un filet antiméduses, développé avec l'entreprise monégasque Medusa Protect, et qui pourrait connaître une application antipollution.

BOLDODUC - Repères

- ACTIVITE: Fabrication et commercialisation de textiles techniques
- VILLE: Limonest (Rhône)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- DIRIGEANT: Jean-Charles Potelle, 43 ans
- ANNEE DE REPRISE: 1991
- EFFECTIF: 18 salariés (120 avec les diverses unités de production de l'entreprise)
- CA 2007: 3,9 MEuros
- RESULTAT NET 2007: 170 000 Euros

Olga Stancevic