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Il soutient un salarié sans papiers

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Surpris par l'aveu d'un salarié qui lui a dévoilé sa réelle identité, Hamid Hosseini, plutôt que de le licencier, a décidé de soutenir sa demande de régularisation auprès de la préfecture.

Sa société est quasiment en situation d'illégalité. Hamid Hosseini, gérant de l'entreprise d'études et de travaux géotechniques Geoest, emploie toujours Boubacara; Le prénom du salarié a été changé de façon à respecter son anonymat. , Sénégalais sans papiers qui lui a avoué sa situation en avril dernier: «Il m'a présenté une vraie carte de séjour, mais ce n'était pas la sienne... Comme nous intervenons parfois sur des lieux dits «sensibles», nous devons montrer patte blanche et fournir les papiers de tous nos salariés.» D'où sa surprise lorsque le sondeur ose lui avouer sa situation, à la suite de la médiatisation du mouvement de grève des salariés sans papiers. «J'ai encore du mal à l'appeler par son vrai nom», souligne le dirigeant. Depuis, le chef d'entreprise soutient Boubacar dans sa demande de régularisation auprès de la préfecture.

Une main-d'œuvre rare. Il faut dire qu'Hamid Hosseini est réellement satisfait du travail du jeune homme. Envoyé à plusieurs reprises par une société d'intérim, Boubacar a été repéré, pour son esprit volontaire et son respect des horaires, par le chef sondeur qu'il assistait. « Je manque de main-d'œuvre. Aucune école n'existe pour les sondeurs et nous l'avons formé pendant plus d'un an avant qu'il ne devienne totalement opérationnel Il est difficile de trouver des candidats dans mon secteur, a fortiori de bons éléments comme lui, dont tout le monde se montre satisfait. »

Le travail se révèle, en effet, assez pénible et les annonces affichées par l'Anpe restent sans réponse malgré le bon niveau de salaire proposé. Comme dans beaucoup d'entreprises de ce secteur, plus de la moitié des salariés de Geoest sont d'origine étrangère. Présent en France depuis plus de dix ans, Boubacar est employé en CDI et gagne 1 500 euros bruts par mois. Marié à une Française et depuis peu père de famille, il a toutes les chances d'être régularisé, de l'avis de son employeur. Dans le cas contraire, Hamid Hosseini serait obligé de le licencier, ne souhaitant pas « déclarer la guerre à la préfecture ». Afin d'être aidé dans sa démarche, Hamid Hosseini a adhéré au Groupement des entreprises pour la régularisation de leurs salariés (GERS). Ce mouvement, qui rassemble des dirigeants de TPE et PME, se réunit régulièrement pour organiser des actions de lobbying auprès des pouvoirs publics. Reçu en juin par un conseiller de Brice Hortefeux, le GERS réclame, entre autres, l'ajout d'un article à la loi sur l'immigration, qui permettrait aux salariés en situation irrégulière d'obtenir un permis de travail dès lors que l'employeur atteste que leur présence est nécessaire au fonctionnement de l'entreprise. « Nous allons aussi partager les frais d'avocat », souligne le gérant qui a déjà pris conseil auprès d'un juriste et de l'association “Droits devant !”. Le problème de son salarié est devenu le sien, il y consacre environ 10 % de son temps. « Je suis partagé, car il s'est installé illégalement en France, il ne devrait donc pas avoir le droit de travailler... Mais ce serait une déchirure de nous séparer de lui. »

GÉOLOGIE SONDAGES ÉTUDES ET TRAVAUX GEOTECHNIQUES - Repères

- Activité : Études de sols et études de faisabilité
- Ville : Paris (XXe arr.)
- Forme juridique : SARL
- Année de création : 1993
- Dirigeant : Hamid Hosseini, 47 ans
- Effectif : 13 salariés
- Chiffre d'affaires 2007 : 1,2 MEuros
- Résultat Net 2007 : 60 000 Euros