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Ils modernisent une PMI centenaire

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Retraité mais entrepreneur dans l'âme, Michel Prissette rachète Tôles Perforées de la Sambre en 2003 et en confie la gestion à son fils, Thierry. Aujourd'hui, la petite entreprise renoue avec la croissance.

 

Michel Prissette (ci-dessus), p-dg de Tôles Perforées de la Sambre, et son fils Thierry, directeur général.

L'entreprise aujourd'hui

Tôles Perforées de la Sambre (TPS), l'entreprise spécialisée dans la fabrication de tôles perforées, vient de fêter ses 114 ans d'existence de fort belle manière. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros en 2009, pour un résultat net d'environ 200 000 euros. La PMI travaille pour plus de 800 clients, dont le célèbre Jules Verne, propriété d'Alain Ducasse, restaurant de la tour Eiffel, et la Cité du design, à Saint-Etienne. Elle a même créé, en 2008, une filiale baptisée Tôlerie de la Sambre, qui fournit des services à valeur ajoutée: découpage, pliage, assemblage, soudure et planéité. « Cette société va nous permettre d'accroître nos marges», souligne Thierry Prissette, directeur général et fils du dirigeant. Ambitieuse, la PMI a même emprunté 2 millions d'euros pour renouveler son parc de machines-outils déjà vieillissant, et mettre à jour son progiciel de gestion intégré (PGI). Elle espère ainsi étendre son activité dans les secteurs de l'informatique et de l'électronique, et se développer à l'international, notamment au Benelux et au Royaume-Uni.

Sa crise

Si l'entreprise est aujourd'hui économiquement saine, elle a connu des jours moins fastes. La cessation de paiement est même imminente en 2003. Filiale du groupe D. Bonduelle Industries, TPS accumule les pertes depuis plusieurs années. «La maison mère était en grande difficulté financière et l'étanchéité entre les comptes des deux entités était très aléatoire», explique Thierry Prissette. Conséquence directe: la société n'a plus les moyens d'investir dans son développement. Elle est donc de moins en moins compétitive et perd peu à peu ses clients.

Son rebond

Le salut vient d'un entrepreneur hors-norme. Michel Prissette, alors retraité, reprend TPS en 2003 pour un euro symbolique. Pourtant, l'homme est novice dans le secteur de la tôlerie et veut seulement contribuer au développement économique de sa région.

Dès la transaction finalisée, il met tout en oeuvre pour redresser la société. Il embauche d'abord son fils Thierry. Il injecte ensuite 2,5 millions d'euros en fonds propres, issus de la vente de son ancienne entreprise. La moitié de la somme sert à solder le passif de TPS avec ses fournisseurs. L'autre est investie dans des machines-outils dernier cri et dans la mise aux normes de l'usine.

La nouvelle direction décide également de diversifier les productions de TPS. Au lieu de produire des séries standardisées, la PMI se spécialise dans le sur-mesure, ce que ses concurrents ne sont pas encore en mesure de proposer. «Nos machines sont capables de réaliser 200 produits différents par semaine. Nous sommes devenus des fournisseurs de solutions», précise Thierry Prissette. Un positionnement gagnant. TPS vise une croissance de 50 % d'ici à 2012 et compte embaucher une dizaine de salariés.

TPS - Repères

- ACTIVITE: Fabrication de tôles perforées, de tôles gaufrées et de produits façonnés
- VILLE: Maubeuge (Nord-Pas-de-Calais)
- FORME JURIDIQUE: SAS
- EFFECTIF: 45 salariés
- DIRIGEANTS: Michel Prisette, 68 ans, et son fils Thierry, 45 ans
- ANNEE DE CREATION: 1896
- ANNEE DE RACHAT: 2003
- CA 2009: 8 MEuros
- RESULTAT NET 2009: 200 kEuros

Mot clés : euro

Julien van der Feer