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L'Etat prend des mesures pour soutenir l'économie

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La création d'un fonds d'investissement souverain et d'un poste de médiateur du crédit, ainsi que l'exonération de la taxe professionnelle sur les nouveaux investissements jusqu'en 2010 font partie des réponses de Nicolas Sarkozy à la crise financière.

A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le 23 octobre dernier, le président de la République a annoncé une batterie de mesures de soutien à l'activité, ciblées principalement sur les entreprises. Les plus importantes sont au nombre de trois.

Premièrement, Nicolas Sarkozy compte créer, d'ici à la fin de l'année, un fonds souverain (c'est-à-dire un fonds de placements financiers détenu par l'Etat), qui pourra «intervenir massivement chaque fois qu'une entreprise stratégique aura besoin de fonds propres». Ce fonds, géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), a vocation à stabiliser les entreprises qui ont besoin d'appui pour passer un mauvais cap ou se restructurer. Il ne creusera pas les déficits, car il s'appuiera sur les ressources propres de la CDC, complétées par des emprunts sur les marchés.

Ainsi, il contribuera à faire circuler l'argent et à l'orienter vers le développement des entreprises plutôt que vers la spéculation financière. Si le président n'a pas donné de détails sur les montants alloués au fonds, ni sur la définition «d'entreprise stratégique», il a assuré qu'une société pourra être aidée «quelle que soit sa taille». Pour Laurence Parisot, présidente du Medef, ce fonds «peut être utile à l'économie du pays, à condition que son objectif soit clairement défini et que les règles de la concurrence ne puissent être faussées». La CGPME, quant à elle, estime que ce fonds pourra utilement contribuer au maintien en France d'entreprises moyennes, «à condition toutefois de le destiner uniquement à la stabilisation ou à l'augmentation du capital sans prise de contrôle étatique».

Contrôler les prêts. Autre mesure d'importance: l'instauration d'un poste de médiateur du crédit qui, selon les propos mêmes de Nicolas Sarkozy, «sera à la disposition des entreprises françaises qui auront des difficultés pour accéder au crédit». Plus précisément, le médiateur «suivra, département par département, la façon dont les prêts sont accordés par les banques». Son rôle consistera à résoudre les difficultés et à assurer un dialogue constructif entre les banques et leurs clients. René Ricol, commissaire aux comptes et auteur d'un rapport sur la crise financière remis début septembre à l'Elysée, a été nommé à cette fonction. «On va voir ce qui sera fait de cet argent, on va le suivre, on va le tracer. On fera de l'opinion publique le juge du comportement de nos banques», a martelé le président de la République lors de l'annonce. La création de ce poste est accueillie «avec perplexité» par Gontran Lejeune, président du Centre des jeunes dirigeants (CJD). L'organisation considère, en effet, qu'il faudrait plutôt se doter d'un véritable contrôleur des crédits qui s'assurerait de la coopération des banques. Enfin, depuis le 23 octobre, tous les nouveaux investissements des entreprises en France sont «exonérés à 100% de la taxe professionnelle, et ce jusqu'au 1er janvier 2010», a indiqué Nicolas Sarkozy. Le manque à gagner pour les collectivités territoriales devrait être entièrement compensé par l'Etat. Dubitatif, le CJD craint que «cette démarche ne revienne à une hypothèque sur l'avenir alors que le budget 2009 est déjà fondé sur un déficit accru et que cette mesure ne reste qu'un ajustement aux marges sans être véritablement opérationnelle».