Chef d'entreprise Magazine N°14 - 01/12/2006 - Hélène Duvigneau
Pris en tenaille entre des fournisseurs qui exigeaient d'être payés sans délai et des clients qui ne le réglaient qu'à soixante jours, Patrice Vigneron a frôlé la cessation des paiements.

Entre un chantier à Orly et un autre à Roissy, Patrice Vigneron ne sait plus où donner de la tête. Depuis quelques mois, son emploi du temps prend des airs de casse-tête. Heureusement, ce chef d'entreprise voit les choses avec philosophie. Il faut dire que ce regain d'activité va permettre à son entreprise, EDBM, d'augmenter son chiffre d'affaires de près de 40%, passant de 165 000 euros à 230000 euros entre 2005 et 2006. Et de réaliser une opération de croissance externe. Mais les auspices n'ont pas toujours été aussi favorables pour la PME.
Sous-traitant de Spie Batignolles pour les marchés publics, Patrice Vigneron est soumis, comme beaucoup d'entreprises du BTP, à des délais de paiement allant jusqu'à 60 jours. Une contrainte pour la petite entreprise, qui doit assumer un important décalage entre ses décaissements et ses encaissements. Un vrai problème pour le dirigeant, qui s'avoue plus commercial que gestionnaire. A tel point qu'en mai dernier, Patrice Vigneron se retrouve, pendant deux mois, avec un «trou» de trésorerie de 36 000 euros. Autant dire le couteau sous la gorge, son découvert autorisé étant de 12 000 euros. En cause? Une mauvaise estimation de son besoin en fonds de roulement (BFR). A quoi se sont ajoutés d'importants investissements en outillage spécialisé, réglés comptant plutôt qu'en leasing, pour satisfaire rapidement la demande des clients. La sanction tombe vite: Patrice Vigneron se voit refuser un chèque par sa banque. Le chef d'entreprise a beau rassurer son banquier, lui apporter la preuve qu'il va recevoir sous trente jours 36 000 euros d'ADP, il se trouve pieds et poings liés, incapable d'honorer la moindre échéance. Une situation d'autant plus rageante qu'EDBM affiche, à l'époque, une santé florissante, et vient de signer d'importants contrats. «Je me suis retrouvé dos au mur, alors que j'avais un carnet de commandes rempli et que j'aurais pu faire escompter ma créance.»
- L'AFFACTURAGE
Les sociétés de factoring permettent à une entreprise de se garantir contre le risque d'impayés et de faire financer leurs créances. Le coût comprend la commission d'affacturage (entre 0,6% et 1,5% des montants facturés), qui rémunère les services prévus (gestion du poste clients, recouvrement...), et une commission financière (comparable au taux du crédit à court terme), qui correspond à l'avance de trésorerie I consentie par le factor.
- ACTIVITE: Démantèlement de systèmes de climatisation et de chauffage
- VILLE: Paris, XVIe arr.
- FORME JURIDIQUE: SARL
- DIRIGEANT: Patrice Vigneron, 44 ans
- ANNEE DE CREATION: 2003
- EFFECTIF: 6 salariés
- CA PREVISIONNEL 2006: 230 000 euros
Dans un premier temps, Patrice Vigneron pare au plus pressé, et réussit à obtenir d'Aéroports de Paris un règlement anticipé de sa créance. Une aubaine pour la petite entreprise, qui voit, douze jours plus tard, son compte crédité de 36 000 euros. Mais cela ne suffit pas à rassurer Patrice Vigneron. Pour éviter de retomber dans la même ornière, il fait appel à un spécialiste de la gestion d'entreprise, Hervé Karacha, d'HK Consult. Ensemble, ils élaborent un plan de trésorerie détaillé. Le dirigeant s'adresse également à un second partenaire financier, qui lui accorde de meilleures conditions de découvert et, surtout, lui propose une solution d'affacturage. Désormais, grâce à cette formule, EDBM est payé immédiatement après émission de ses factures. «Cela m'évite d'être à découvert et de payer des milliers d'euros d'agios chaque année.» Bien sûr, cette tranquillité a un prix: un montant forfaitaire de 500 euros par mois. Mais Patrice Vigneron préfère de beaucoup cela aux nuits blanches.
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Commentaires des lecteurs (1)
hugo - 20/12/2008
Coût
Je viens également de passer à l'affacturage. J'en suis très content, je n'ai plus ces soucis de trésorerie, et je suis heureux de lire un article objectif sur l'affacturage. Avant de me lancer, je me suis beaucoup renseigné et j'ai trouvé que, dans l'ensemble, l'affacturage souffrait d'une mauvaise image notamment en terme de coût ! Alors qu'aujourd'hui le marché est très ouvert, concurrentiel, et par internet on fait facilement jouer la concurrence.
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