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L'hôtellerie, un secteur somnolant

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Alors que le moral des consommateurs est en berne, que la fréquentation des hôtels baisse en volume, les réseaux restent confiants et misent sur la qualité du service et de l'accueil.

L'année 2012 n'aura pas été de tout repos pour le secteur hôtelier, qui, comme presque tous les pans de l'activité française, a subi de plein fouet la crise économique. D'après les chiffres publiés par le cabinet Deloitte In Extenso, 2012 a été marquée par de profondes disparités. Le cabinet note ainsi que les catégories économique et super-économique voient leurs chiffres d'affaires hébergement baisser (- 2 %), le milieu de gamme stagne (0 %), tandis que dans le secteur de l'hébergement haut de gamme, la tendance est plutôt à la hausse (+ 3 %), tout comme dans le grand luxe (+ 6 %).

Pour Arnaud Lemonnier, directeur de la franchise Groupe B & B Hôtels, « plusieurs facteurs sont intervenus au cours de l'année, notamment le repositionnement marketing et commercial du groupe Accor qui a créé des remous dans l'économie hôtelière ». Par ailleurs, les années d'élection présidentielle ne sont pas très favorables au secteur hôtelier. « On ne peut pas dire que les conditions météorologiques en 2012 nous aient favorisés, indique Jean-Virgil Crance, directeur de la franchise Louvre Hotels pour la France. Ajoutez à cela les tensions sur le marché et l'évolution du classement hôtelier, ou encore l'entrée en application des normes d'accessibilité et d'incendie, et vous obtenez un contexte particulièrement sensible! ».

Un marché relativement disparate

Selon l'étude sur les tarifs hôteliers 2012 publiée par HRS (Hotel Reservation Service), la France enregistre une hausse sensible des prix moyens des chambres par nuit, notamment sur Paris et Nice, même si la plupart des régions françaises sont confrontées, elles, à une baisse. Une tendance qui se maintient en 2012 grâce à l'hôtellerie haut de gamme, notamment francilienne, qui améliore ses résultats en fréquentation, comme en prix moyen par nuitée. Paris affiche des résultats en progression (131 euros la nuit en moyenne, soit + 5,1 % par rapport à 2011) grâce à sa clientèle étrangère et à ses nombreux salons. En revanche, en régions, l'année dernière a sérieusement compromis les ambitions des hôteliers qui espéraient un retour à la normale. La diminution de leur chiffre d'affaires est essentiellement due à un taux plus faible d'occupation. Plus centré sur la clientèle française, l'hébergement en régions subit pleinement la dégradation économique du pays. D'ailleurs, toujours selon le baromètre HRS, certaines villes dont la clientèle est très orientée affaires, connaissent une baisse significative de leur prix moyen par nuit, à l'image de Lille (- 5,8 %) ou Lyon (- 2,7 %). En clair, difficile de tirer son épingle du jeu hors Ile-de-France.

L'avenir encourageant des réseaux structurés

Pour autant, les réseaux restent optimistes. « Nous continuons notre développement et nous avons pour objectif l'ouverture de plus de 700 chambres supplémentaires sur l'année 2013. Nous sommes confiants car, si la fréquentation a légèrement baissé, nous générons un revenu par chambre (RevPar) supérieur. Nous créons de la valeur », explique Arnaud Lemonnier (B & B Hôtels). Vision positive également chez Louvre Hotels (Campanile, Première Classe, Golden Tulip), qui a ouvert 26 établissements en 2012, dont une moitié par construction et l'autre par affiliation. « Sur 2013, nous avons la perspective de 25 à 28 ouvertures et misons sur la dynamique de croissance de Golden Tulip, notre réseau quatre étoiles », précise Christophe Novellon, directeur du développement franchise de Louvre Hotels. L'avenir reste prometteur.

Jean-Virgil Crance, directeur de la franchise Louvre Hotels pour la France

«La météo, le marché et l'entrée en application des normes d'accessibilité et d'incendie en 2012 ont rendu le contexte sensible. »

Mot clés : France

JOSE RODA