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La cible de Béatex? La tête des militaires de l'Otan

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Symbole de la culture populaire française, le béret représente une véritable manne pour Béatex, le dernier fabricant français du célèbre couvre-chef. La PME vient de décrocher l'homologation qui lui permettra peut-être de fournir les 28 pays de l'Otan. Soit un marché potentiel de 8 millions d'euros.

Pierre Lemoine, dirigeant de Béatex

Quand ils ne sont pas en mission aux quatre coins du monde mais en représentation officielle, les soldats de l'armée française portent le béret d'une petite PME des Pyrénées-Atlantiques. L'armée française est en effet un gros client de Béatex, 58 salariés, dernier fabricant français de bérets. Ce marché représente environ 40 % du chiffre d'affaires de l'entreprise qui crée également des chapeaux de mode de luxe (40 % du CA) et fabrique des traditionnels bérets basques (20 % du CA). Pour se développer, Béatex lorgne désormais sur l'Otan. Pour ce faire, elle soigne durant une semaine son dossier d'homologation qui passe en revue la santé financière, l'outil de production, la qualité, etc. En février 2011, l'entreprise décroche le précieux sésame nécessaire pour répondre aux appels d'offres des 28 pays membres afin de les fournir en bérets. Ce marché, estimé à environ 8 millions d'euros, lui permettrait de multiplier par quatre son chiffre d'affaires annuel. Pour l'heure, le dirigeant, Pierre Lemoine, peut être fier: il a d'ores et déjà signé avec les militaires français de l'Otan, ce qui représente un contrat de 800 000 euros pour une année. Pour avoir la capacité de production nécessaire, Pierre Lemoine a lourdement investi l'année dernière: quatre machines à tricoter nouvelle génération pour une facture de plus de 450 000 euros HT. Mais, avec le renouvellement régulier des accessoires des militaires et la signature de seulement deux nouveaux contrats, le dirigeant espère une hausse de son chiffre d'affaires de 85 % dès cette année.

Pierre Lemoine, dirigeant de Béatex, souhaite voir ses bérets intégrer l'Otan.

Pierre Lemoine, dirigeant de Béatex, souhaite voir ses bérets intégrer l'Otan.

BÉATEX - Repères

ACTIVITÉ : Fabrication de bérets et chapeaux
- VILLE :
Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques)
- FORME JURIDIQUE:
SARL
- DIRIGEANT : Pierre Lemoine, 51 ans
- ANNÉE DE REPRISE :
2008
- EFFECTIF :
58 salariés
- CA 2010 : 3 MEuros

Se confronter à la rigueur militaire.

Son savoir-faire officiellement reconnu grâce à l'homologation, la PME doit maintenant passer le barrage des appels d'offres. «Le plus souvent, ils sont rédigés dans la langue du pays. Et personne dans l'entreprise ne parle polonais ou hongrois...», pondère Pierre Lemoine. C'est pourquoi il vise en priorité les armées allemande, espagnole et britannique de l'Otan. Une assistante commerciale surveille chaque jour les éventuels appels d'offres qui pourraient être publiés. Travailler avec des militaires est-il un avantage? «La rigueur, ça me va très bien, affirme le dirigeant. Mais il faut aussi faire preuve de patience concernant les paiements. » En effet, la PME traite souvent avec un interlocuteur unique qui, à tout moment, peut être amené à partir en mission à l'autre bout du monde. Il faut alors attendre son retour pour obtenir le paiement final. Pour faire tourner son entreprise, Pierre Lemoine compte sur les commandes de ses autres clients, que sont les maisons de prêt-à-porter haut de gamme, comme Agnès B. La gamme mode de Béatex est diffusée sous la marque Laulhère, du nom du fondateur de la société. Dans ce cadre, la PME espère bientôt obtenir le label EPV (Entreprise du patrimoine vivant) et recevra ainsi les subventions nécessaires à son développement sur le segment de la mode. Une belle revanche pour cette entreprise au bord de la faillite en 2008 et qui ne comptait alors que 24 salariés. Chapeau bas...

Mot clés :

Céline Tridon