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La nouvelle figure de proue du CJD

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Christophe Praud dirige Maven, une TPE spécialisée dans le conseil en stratégie commerciale, et préside le Centre des jeunes dirigeants d'entreprise (CJD) depuis le 1er juillet. A 43 ans, ce chef d'entreprise place son mandat sous le thème de l'agilité. Il a deux ans pour faire ses preuves...

La jeunesse, la stratégie, la pérennité des PME françaises: trois idées fortes pour un programme électoral qui marque les esprits. C'est avec 60 % des voix et dès le premier tour que Christophe Praud remporte le suffrage des jeunes dirigeants et préside officiellement, depuis le 1er juillet, le Centre des jeunes dirigeants d'entreprise (CJD). Un beau score, donc, pour ce chef d'entreprise de 43 ans (il faut avoir moins de 45 ans pour présider le CJD), dont l'investissement au sein de ce réseau patronal ne date pas d'aujourd'hui. En 2006, lorsqu'il crée Maven, un cabinet de conseil en stratégie commerciale à destination des PME, Christophe Praud est déjà un habitué du CJD. D'abord simple membre du réseau en 2001 à la section de Colmar, il endosse ensuite le rôle de formateur des nouvelles recrues. « Les nouveaux arrivants peuvent se sentir mal à l'aise, surtout s'ils n'ont pas l'habitude des réseaux », explique Christophe Praud. Son engagement est payant: il étend sa mission à la section régionale d'Alsace. Il est nommé président du CJD de Colmar en 2005, puis du CJD d'Alsace en 2007. Deux ans plus tard, il intègre le bureau national.

« Etre au CJD permet de rencontrer des gens qui partagent la même expérience que vous. Mais il faut pouvoir leur dégager du temps et accepter d'être beaucoup sollicité », confie Christophe Praud. Pour répondre au mieux aux attentes des autres membres, il élabore « plus une stratégie qu'un programme », qu'il défend lors des premiers tours des élections du CJD. Dans ses tablettes: un travail de réflexion autour de l'idée d'«entreprise agile», ou comment dépasser les ambitions de sa propre entreprise. Des groupes de travail se réuniront régulièrement pendant un an, puis, la seconde année, laisseront place à l'expérimentation au sein des PME. En parallèle, des cessions de formation seront dispensées aux dirigeants volontaires. Sans oublier des sujets comme la pérennité des entreprises ou les actions à mener auprès de la jeunesse, qu'il s'agisse de piloter la génération Y ou d'accompagner les jeunes entreprises. Enfin, le bien-être au travail et la notion de performance globale viennent compléter les objectifs de ce mandat. Christophe Praud a deux ans pour les accomplir. Deux années non renouvelables. «C'est une bonne chose, soutient le président du CJD. J'ai été choisi pour présider le réseau et j'en suis ravi, mais mon entreprise reste ma priorité. J'ai l'ambition de mener une présidence raisonnée. Nous sommes des dirigeants avant tout et notre devoir, c'est de rester vigilants pour nos entreprises.»

Entrepreneur à 27 ans

Ses nouvelles responsabilités vont en effet l'occuper une bonne partie de son temps. Il compte bien le gérer au mieux pour ne pas léser sa petite entreprise Maven, qui emploie une douzaine de personnes. La particularité de son business: s'appuyer sur une communauté de «Mavéniens», développée via le mode du partenariat commercial, et égrenée dans l'Hexagone. Après Colmar, Metz, Lille, c'est au bureau de Paris-Ile-de-France de voir le jour en mars dernier. Pourtant, malgré le succès de son entreprise, Christophe Praud n'a pas la folie des grandeurs: «Mon idée, c'est que Maven comptabilise au maximum entre 20 et 30 personnes, pas plus. Autrement, je perdrais ce qui fait la caractéristique d'un dirigeant de PME, comme la qualité des rapports avec les gens.»

Les clients de Christophe Praud? Des chefs d'entreprise, comme lui. Alors forcément, il maîtrise plutôt bien leurs problématiques quotidiennes. Et c'est une thématique qu'il connaît de longue date. En effet, la mouche de l'entrepreneuriat le pique au début, presque, de sa carrière. Un bac électro-technique en poche, Christophe Praud se cherche et choisit un IUT techniques de commercialisation. A la sortie de ses études, il occupe un poste de commercial chez Xerox, mais la déception se fait sentir. «J'aime avoir une autorité au-dessus de moi qui soit légitime, un peu à la manière d'un mentor. Si je ne peux rien en retirer de bénéfique, je préfère voler de mes propres ailes.» C'est pourquoi à 27 ans, il change de cap et reprend Dubiche, une PME de fournitures de bureau. Sept ans plus tard, il la cède à un grand groupe et se consacre à l'activité de conseil, d'abord en tant qu'indépendant, puis en tant que chef d'entreprise, en créant Maven. «Avec Maven, je prends soin de développer la proximité, l'humain, autrement dit des notions propres à l'association des jeunes dirigeants, affirme Christophe Praud. C'est une entreprise «CJD».»

BIO EXPRESS

1969 Naissance à Bischwiller (Bas-Rhin)


1996 Rachat de Dubiche, PME spécialisée dans les fournitures de bureau


2001 Intègre le CJD de Colmar


2003 Revend Dubiche


2003 à 2006 Activité de conseil en indépendant


2005 à 2007 Président du CJD de Colmar


2007 à 2009 Président du CJD Alsace


2006 Création de Maven Colmar


2009 Président du Conseil économique social et environnemental de Colmar


2009 Entre au bureau national du CJD


2010 Déploiement du réseau Maven


2012 Ouverture du bureau parisien de Maven


1er juillet 2012 Devient président du CJD

SES PREMIERES FOIX

Sa première entreprise dirigée
C'est à 27 ans, suite à une opportunité, que Christophe Praud rachète Dubiche, une PME de fournitures de bureau basée en Alsace. «J'en garde un souvenir extraordinaire, j'ai découvert ce qu'était la vraie vie», témoigne-t-il. Christophe Praud se fait aussi sa propre idée de la fonction de dirigeant: «Etre patron, ce n'est pas être vouvoyé, ni rester enfermé tout seul dans son bureau. En chapeautant cette PME, j'ai découvert l'humain, tout simplement.»


Sa première difficulté liée au métier d'entrepreneur
« Quand j'étais à la tête de Dubiche, un vendredi après-midi, j'ai découvert que la banque avait rejeté le chèque de salaire de l'un de mes collaborateurs. C'était très délicat, car je ne pouvais pas me permettre de le laisser dans l'impasse financière, se souvient Christophe Praud. La vie des salariés dépend du bon fonctionnement de l'entreprise, de ses performances, et le dirigeant doit prendre ses responsabilités quitte, en cas de difficulté, à ne pas se payer lui-même. »

SES DERNIERES FOIS

Sa dernière mission avec le Conseil économique et social
Christophe Praud s'est engagé personnellement au sein du Conseil économique, social et environnemental de Colmar (Cesec, un groupe qui officie en parallèle de la municipalité). Depuis 2009, il en est même le président et gère des dossiers liés à l'urbanité et la citoyenneté. Son dernier rendez-vous important? La présentation de cinq nouvelles saisines, devant le conseil municipal de Colmar, sur la question de la rénovation urbaine. «J'étais impressionné, mais fier de ce qui représentait 18 mois de travail de réflexion et de préparation des membres du Cesec», confie-t-il.


Le dernier match auquel il a assisté
Christophe Praud est un grand amateur de sport. Il joue régulièrement au tennis, parfois au golf et apprécie un bon match de rugby. Dernièrement, il a soutenu son propre fils de 1 9 ans qui jouait un match de qualification pour son équipe de rugby. «Sur le terrain, je l'ai vu à la fois volontaire et engagé, des valeurs qui sont proches du monde de l'entreprise», affirme le président du CJD.