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La philanthropie hors-la-loi?

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Abracadabrantesque. Telle est l'histoire de Claude Goudron, p-dg d'Ultralu, PME du Territoire de Belfort spécialisée dans la fabrication d'échafaudages en aluminium. Le sexagénaire a pris l'habitude, via son entreprise, de donner un coup de pouce à ses employés en difficulté. Des prêts de quelques milliers d'euros à taux zéro. Lorsqu'il apprend que sa société doit faire face à un contrôle Urssaf, il ne s'inquiète pas outre mesure, gérant son entreprise en bon père de famille. Pourtant, l'Urssaf l'épingle pour ces prêts qu'elle considère comme un avantage pour les salariés. Résultat: l'entreprise est redressée au motif que le montant des intérêts normalement dus doit être intégré dans l'assiette des cotisations. Une perle de l'administration fiscale? Non, un simple respect du code de la Sécurité sociale. Que faire alors face à un salarié dans le besoin qui tend la main? Un prêt avec intérêts (possibilité exceptionnelle et très encadrée), ne rien prêter ou sortir l'argent de sa propre poche? Autre option, inaccessible à Ultralu qui ne compte qu'une trentaine de salariés, le comité d'entreprise qui a la possibilité d'accorder exceptionnellement un prêt, voire un don.

CARINE GUICHETEAU, Rédactrice en chef

@ THOMAS RIBOLOWSKI

CARINE GUICHETEAU, Rédactrice en chef

Tout est bien qui finit bien. L'inspecteur de l'Urssaf ayant commis l'erreur d'appliquer un taux d'intérêt annuel au lieu d'un taux mensuel, notre dirigeant saisit la commission de recours amiable. Pendant ce temps, l'affaire est médiatisée et le chef d'entreprise s'attire la sympathie du public. La mobilisation grandit. L'affaire fait même grand bruit et finit par arriver jusqu'aux oreilles des membres du gouvernement. Le redressement est finalement annulé. Claude Goudron a même droit à une lettre d'excuses de l'Urssaf et un courrier de Nicolas Sarkozy... « Je ne peux que conseiller à tous ceux qui se retrouvent dans une situation analogue à la mienne de médiatiser leur mécontentement et surtout de ne pas baisser les bras car quand on a raison tout est possible », conclut le p-dg dans une lettre de remerciement à ceux qui l'ont soutenu.