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La solidarité paie, la preuve par quatre

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S'associer à une opération caritative présente plusieurs avantages pour une PME. Outre la déduction fiscale, ce partenariat permet de se faire connaître, de valoriser son image auprès des clients, de fédérer ses salariés autour d'actions porteuses de sens... Retours d'expérience.

Jean-François Beuze, président de Sifaris
Il fédère ses salariés via un projet associatif

Don de matériel, soutien financier à la création d'une école, envoi de salariés pour former des Béninois aux outils informatiques... Quand Sifaris, société de sécurisation des systèmes informatiques, s'engage auprès de l'association Projets Plus Actions, elle ne le fait pas à moitié. Au-delà des déductions fiscales, ce partenariat initié en 2009 permet de fédérer les collaborateurs autour de valeurs fortes. « Nos salariés sont sensibles à ces actions », affirme le fondateur Jean-François Beuze. Une implication qui fait tache d'huile... « J'organise des rencontres régulières entre des responsables de l'association et mes clients. Certains ont ainsi rejoint l'aventure en devenant mécènes », se félicite Jean-François Beuze. Une manière pour Sifaris de se distinguer de la concurrence mais qui n'aurait pas, selon le dirigeant, de retombées réelles sur l'activité de l'entreprise, bien au contraire dans le cas du mécénat de compétences. « Quand l'un de mes collaborateurs part 15 jours au Bénin, c'est potentiellement 15 jours de chiffre d'affaires perdu. D'autant que nous finançons son séjour, souligne Jean-François Beuze. Ce coût financier peut être compliqué à gérer pour une petite entreprise, mais pas impossible. L'intérêt est avant tout humain. »

Sifaris

- Activité : Conseil en systèmes et logiciels informatiques
- Ville : Paris (XVe arr.)
- Forme juridique : SAS
- Dirigeant : Jean-François Beuze, 36 ans
- Année de création : 2008
- Effectif : 13salariés
- CA2011: 1MEuros

Antonin Chartier, cofondateur de Jimmy Fairly
Grâce à ses engagements caritatifs, il médiatise sa marque

Jimmy Fairly ou comment voir la vie du côté «fair» (équitable en anglais). L'engagement est inscrit dans l'ADN de cette entreprise de vente en ligne de lunettes à prix unique. Depuis sa création en 2011, elle a donné 1 000 euros à Peuples d'Himalaya via une opération Facebook. A chaque «J'aime» sur sa page, un euro est reversé à l'association. La start-up fonctionne par ailleurs sur le modèle du «Buy one, give one», importé des Etats-Unis. A chaque paire de lunettes achetée, une deuxième est donnée à une association partenaire. « Ce système ne déclenche pas l'achat mais renforce à coup sûr l'attachement pour notre marque. Les clients se disent que la deuxième paire est utile », affirme Antonin Chartier, 24 ans, cofondateur. Jimmy Fairly propose également de recycler les vieilles paires inutilisées. A ce jour, l'enseigne a ainsi distribué plus de 3 000 paires aux associations Peuples d'Himalaya, Voir la vie et Emmaüs France. Ce positionnement, doublé d'une recherche poussée dans le design des montures, séduit aussi les médias. En plus de faire parler de lui dans la presse nationale, féminine et les magazines de mode, Antonin Chartier participe à plusieurs émissions de télévision sur les marques éthiques. Prochaine étape: la Guinée, pour participer à une distribution de lunettes via l'association Voir la vie.

Jimmy Fairly

- Activité
Commerce de lunettes sur le Net
- Ville
Le-Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine)
- Forme juridique
SAS
- Dirigeants
Antonin Chartier, 24 ans, et Sacha Bostoni, 26 ans
- Année de création
2011
- Effectif
5 salariés
- CA 2011
Non significatif

Jules-Henri Gavetti, président d'Ikoula
Il booste les retours clients par le biais d'un questionnaire solidaire

«Comme la majorité de mes salariés, je suis père. Nous sommes donc sensibles au monde de la petite enfance. C'est pourquoi nous soutenons SOS Préma, qui aide les parents de prématurés», explique Jules-Henri Gavetti, président d'Ikoula. Comme chaque année, en septembre 2011, l'entreprise, spécialisée dans le conseil en systèmes et logiciels informatiques, demande à ses clients et prospects de répondre à un questionnaire sur la qualité des services et produits d'Ikoula. Pour chaque questionnaire rempli, Ikoula s'engage à reverser un euro à l'association. Trois semaines plus tard, 749 questionnaires sont retournés. Le dirigeant arrondit la somme à 1 000 Euros et adresse le chèque à SOS Préma. Pour Jules-Henri Gavetti, les bénéfices de l'opération sont multiples. «D'abord, les clients ont été plus nombreux à répondre que les années précédentes et leurs questionnaires étaient aussi mieux renseignés.» Par ailleurs, tout en renforçant son image d'entreprise citoyenne auprès de ses clients, Ikoula emporte l'adhésion de ses équipes.

Ce à quoi s'ajoutent quelques déductions fiscales. Don de matériels et hébergement du site internet de l'association, l'entreprise souhaite inscrire ce partenariat dans la durée. «Un entrepreneur gère une succession de problèmes. Alors, quand ces opérations marchent, c'est une grande source de satisfaction», conclut Jules-Henri Gavetti.

Ikoula

- Activité
Conseil en systèmes et logiciels informatiques
- Ville
Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
- Forme juridique
SAS
- Dirigeant
Jules-Henri Gavetti, 38 ans
- Année de création
1998
- Effectif
45 salariés
- CA 2011
6 MEuros

Emmanuel Cotsoyannis, président d'Antilopes
Il utilise le 1 % pour la planète comme outil marketing

Après l'ouverture de sa salle de réception éco-responsable et le développement de son activité de traiteur (les Dîners d'Eloïse) depuis 2008, le groupe Antilopes franchit une nouvelle étape. En juillet 2011, la société, qui regroupe trois marques spécialisées dans l'événementiel haut de gamme, rejoint le club «1 % pour la planète». En intégrant ce club, les entreprises membres s'engagent à reverser au moins 1 % de leur chiffre d'affaires à une association partenaire. Le groupe Antilopes, lui, s'engage à verser 150 000 euros sur cinq ans à l'association Naturevolution, oeuvrant pour la biodiversité.

Le groupe organise également des cocktails, des projections privées du film de l'association, des opérations de sensibilisation auprès de ses clients... Pour Emmanuel Cotsoyannis, à la tête d'Antilopes, cet engagement s'inscrit dans le prolongement de sa stratégie de communication. «Nous avons opté pour le «1 %» car c'est une solution clés en main connue du grand public, explique le dirigeant. Outre l'avantage fiscal, il donne accès à une sélection d'associations, un réseau mondial d'entreprises philanthropes - qui sont autant de clients potentiels - et un pack d'outils de communication utilisables.» D'ici à la fin de l'année, Emmanuel Cotsoyannis souhaite s'orienter vers un projet français plus social.

Antilopes

- Activité
Evénementiel / Réception
- Ville
Paris (Ier arr.)
- Forme juridique
SAS
- Dirigeant Emmanuel Cotsoyannis, 31 ans
- Année de création 2011
- Effectif
40 salariés
- CA 2011
3,5 MEuros

A SAVOIR

Dons: profitez d'une déduction fiscale de 60 %
Si vous effectuez un don à un organisme public ou privé pour soutenir une oeuvre d'intérêt général vous pouvez bénéficier d'un avantage fiscal. Que votre entreprise soit assujettie à l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés, elle peut profiter d'une déduction fiscale de 60 % du montant du don financier dans la limite d'un plafond de 0,5 % de son chiffre d'affaires annuel HT. Il est possible de reporter l'excédent sur les cinq exercices suivants en cas de dépassement de ce seuil. Dans le cas d'un don en nature (produits, matériels neufs ou d'occasion...), la déduction fiscale se fait sur le prix HT ou sur la valeur nette comptable des biens inscrits au bilan. Quant au mécénat de compétences (mise à disposition de personnel...), il sera retenu le coût de revient. L'organisme bénéficiaire du don doit obligatoirement vous délivrer un reçu fiscal.