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La solitude du patron

Publié le par

STEFANIE MOGE-MASSON Directrice de la rédaction

STEFANIE MOGE-MASSON Directrice de la rédaction

Antoine N. ne sait plus où donner de la tête. Dirigeant d'une PMI aux carnets de commandes bien remplis, ce jeune chef d'entreprise jongle entre gestion de production, rendez-vous clients, ressources humaines et plan de trésorerie. Résultat: malgré ses 70 heures de travail hebdomadaires, Antoine N. se sent débordé. Il doit recruter un chef d'atelier mais n'en trouve pas le temps. Il doit envoyer sa secrétaire en formation mais redoute de se retrouver plusieurs jours sans assistante. Il sait aussi qu'il va devenir nécessaire de renouveler l'installation informatique de la société mais remet en permanence cette tâche au lendemain. Sans parler de ses difficultés à concilier cet emploi du temps de «petit patron» avec sa vie de famille. Sa femme lui reproche de ne plus jamais rentrer à la maison avant 21 heures, heure à laquelle les enfants sont couchés depuis belle lurette... Des enfants qui, eux-mêmes, auraient toutes les raisons de se plaindre de leur papa... La semaine dernière, n'a-t-il pas oublié le troisième anniversaire de la petite dernière?

Jusqu'au jour où, au bord de la crise de nerfs, Antoine N. décide de réagir. Son objectif: apprendre à déléguer, à hiérarchiser ses priorités, bref, à revoir son organisation et ses méthodes de travail de façon à se dégager du temps. Mais comment s'y prendre? Il se souvient alors de ce coach qui lui avait été présenté par l'un de ses amis, cadre d'une grande entreprise. A l'époque, le jeune homme avait souri à l'idée que certains dirigeants puissent dépenser de véritables fortunes pour s'entendre distiller de purs conseils de bon sens- Mais voilà: Antoine N. est chef d'entreprise. Et lorsqu'un chef d'entreprise veut se faire épauler, il ne peut guère solliciter qu'un coach. C'est le triste lot de tout patron: faire face - seul - à toutes les situations. Une solitude que l'on veut rompre à tout prix. Quitte à solliciter un conseil dont on ne suivra qu'un temps les recommandations. Qu'importe. Au fond, ce ne sont pas les conseils du coach qu'Antoine a achetés, c'est sa présence. Une présence réconfortante, pour laquelle beaucoup de chefs d'entreprise sont prêts à payer le prix fort.

Mot clés : Employeur |

STEFANIE MOGE-MASSON