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La téléphonie mobile low cost: de la poudre aux yeux?

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Alors que l'offre de téléphonie mobile traditionnelle met en avant des «menus all inclusive», les opérateurs du low cost proposent des cartes où chacun pioche en fonction de ses besoins. Moins chères, ces prestations sont-elles adaptées aux contraintes des entreprises?

L'offre low cost pour les entreprises est proposée par les MVNO - Mobile virtual network operators (lire l'encadré ci-dessous) et se fonde tout d'abord sur un nouveau modèle économique: pas question de proposer un terminal à prix cassé pour attirer le client, l'offre se limite à un abonnement - au forfait ou au compteur, avec ou sans engagement. Et c'est tout. Le terminal est vendu à part. Ils sont une poignée d'opérateurs à proposer ces offres low cost. Si certains revendiquent haut et fort ce positionnement, tel Call in Europe, d'autres s'en défendent comme Afone Mobile ou Futur Telecom. Mais, tous mènent la guerre des prix et cherchent à mettre au point des offres les plus adaptées aux besoins des entreprises: temps de communication, couverture (nationale ou internationale), usage de SMS ou encore consommation de données.

@ BEBOY / QUEIDEA / FOTOLIA

FOCUS

Quelle différence avec les offres des opérateurs historiques?


Les opérateurs MVNO (Mobile virtual network operators), qui ont introduit les offres low cost sur le marché, se distinguent des opérateurs historiques (Orange, SFR et Bouygues Telecom) car ils ne possèdent pas d'infrastructures de télécommunication. Ils font figure d'intermédiaires en achetant des minutes de téléphonie aux opérateurs et en les revendant à leurs clients. Pour l'utilisateur en entreprise, la différence avec les offres des opérateurs traditionnels se traduit par des fonctionnalités parfois restreintes, puisque toutes celles qui ne sont pas jugées nécessaires à l'exercice de l'activité sont supprimées de l'offre, et par des packages de services moins étoffés.

Comment faire son choix?

Le premier critère est le prix (voir notre tableau récapitulatif, p. 78). Ensuite vient logiquement le contenu de l'offre. Les acteurs du marché cherchent à coller au plus près des besoins, différents d'une entreprise à une autre et d'une fonction à une autre. Ainsi, François-Xavier Goudemand, directeur d'Afone Mobile au sein du groupe Afone (opérateur de services en télécommunications), explique que « les offres d'Afone Mobile s'adressent à deux types d'utilisateurs qui n'occupent pas les mêmes fonctions dans les entreprises: ceux qui ont besoin d'être appelés et ceux qui consomment beaucoup, c'est-à-dire au-delà de dix heures par mois ». Call in Europe, qui commercialise le Zéro Forfait Entreprises, annonce le lancement avant la fin de l'année d'une nouvelle offre dédiée aux flottes, avec la vente de blocs temps (de 10 à 200 heures par exemple) à répartir entre les différentes lignes pour les appels internes et externes. L'opérateur y voit deux avantages: simplifier la gestion de la flotte pour le gestionnaire du parc et optimiser les consommations en les mutualisant. Actuellement, Zéro Forfait Entreprises se décline en trois formules: une offre au compteur pour ceux qui consomment peu, une à la carte avec des forfaits que l'utilisateur peut annuler ou modifier à tout moment, et une illimitée.

Enfin, d'autres formules mises au point par des opérateurs astucieux s'attaquent à des marchés de niche. Ainsi, les voyageurs d'affaires qui se déplacent dans les pays voisins de la France ont tout intérêt à étudier de près les offres du type de celles de Transatel. Partant du principe que le running coûte cher, cet opérateur a mis en place des offres «nationales» pour la Belgique, le Luxembourg et la Suisse. « Nous proposons simplement aux utilisateurs de changer leur carte Sim quand ils passent la frontière. Ils accèdent ainsi aux tarifs nationaux dans chacun des pays », explique Jacques Bonifay, CEO de Transatel. A terme, la société ambitionne de déployer son offre dans toute l'Europe. Afone Mobile propose de son côté une offre adaptée au secteur du bâtiment et aux conditions d'utilisation du mobile dans un environnement difficile, avec un forfait de trois heures, commercialisé 25 euros HT par mois, avec téléphone antichoc à un euro. De quoi satisfaire les équipes déployées sur les chantiers.

Négociation avec les opérateurs historiques, marges revues à la baisse, économies réalisées sur l'immobilier, centre d'appel parfois délocalisé, traque des mauvais payeurs... Les prestataires livrent bataille sur tous les fronts pour être rentables. Ce qui leur permet de tenir leur promesse sur la facture.

François-Xavier Goudemand, directeur Afone

« Nous distinguons deux types d'utilisateurs car ils n'occupent pas les mêmes fonctions dans les entreprises: ceux qui ont besoin d'être appelés et ceux qui consomment beaucoup, c'est-à-dire au-delà de dix heures par mois. »

CE QU'IL FAUT RETENIR

- L'offre low cost pour les entreprises est proposée par les MVNO (Mobile Virtual Network Operators).


- Choisir les offres qui correspondent aux consommations réelles de votre entreprise (taille de la flotte, temps d'appel, nombre de contacts à appeler, etc.).


- L'offre en low cost n'a de sens que si vous engagez une chasse au gaspillage dans l'entreprise en sacrifiant l'accès à des fonctionnalités jugées superflues.


- A priori, la fourniture des terminaux n'est pas comprise dans toutes les offres, mais des réductions sont consenties.