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La valse des programmes de fidélisation

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Nuitées gratuites, réductions tarifaires... Les grandes chaînes hôtelières proposent toutes des programmes de fidélisation. Seul bémol, elles cherchent plus à fidéliser les collaborateurs que les entreprises.

L'hôtellerie représente, en moyenne, près de 40% du budget voyages des entreprises, selon une étude menée par Carlson Wagon-lit Travel (CWT) Management Institute. Une dépense importante et pourtant, ces dernières n'y portent pas une grande attention. Les tarifications aléatoires établies en fonction du taux de remplissage, du jour de la semaine et de la localisation géographique rendent tout projet d'optimisation complexe. Le Livre Blanc «Optimiser la dépense hôtel: les clés du succès», publié en juin dernier par CWT, recommande aux acheteurs de «travailler avec le plus petit nombre possible d'établissements». Il souligne qu'adopter une politique en la matière peut permettre de réduire ses frais de 21%. Mais il reste silencieux quant à l'efficacité des programmes de fidélisation des groupes hôteliers. Alors qu'en est-il réellement? Un constat s'impose: les programmes sont plus tournés vers les voyageurs que les entreprises. Avec A/Club lancé en septembre 2008, le groupe Accor annonçait sa volonté d'adopter «une nouvelle approche pour renforcer sa relation avec ses clients». Le programme concerne toutes les enseignes du groupe, d'Ibis à Sofitel en passant par Mercure et Pullman, soit plus de 2 000 établissements à travers le monde. Il se matérialise par la souscription à une carte de fidélité, gratuite ou payante selon le niveau de services souhaité. Les voyageurs cumulent des points qu'ils peuvent transformer en chèques-cadeaux, nuitées ou en miles auprès des compagnies aériennes partenaires. Seule la version payante de la carte (environ 220 euros par an et par porteur) permet à l'entreprise de profiter de réductions et de garantie de disponibilité.

Même démarche chez Louvre Hôtels (Kyriad Prestige, Kyriad, Campanile, Première Classe, etc.) avec la carte «heL- ho!». Gratuite, cette dernière s'adresse aux voyageurs à titre professionnel... et privé. Ici, 10 euros dépensés valent 1 point. Au fil des réservations, le voyageur peut bénéficier de multiples avantages comme des bons de réduction sur les nuitées ou la restauration, un numéro de téléphone dédié pour effectuer ses réservations, des réductions de 5 à 20% chez Avis pour louer un véhicule, etc. Le programme BW Rewards de Best Western et sa carte gratuite permettent aussi aux voyageurs de cumuler des points (1 euro dépensé = 12,5 points). Ceux-ci donnent accès à une nuitée offerte toutes les dix nuitées ou des cadeaux (écran plat, caméscope, baladeur MP3). Le choix est laissé au titulaire de la carte.

Les programmes de fidélité des chaînes hôtelières permettent aux voyageurs d'affaires de cumuler des points et de les échanger contre des nuitées.

@ Best western et campanile

Les programmes de fidélité des chaînes hôtelières permettent aux voyageurs d'affaires de cumuler des points et de les échanger contre des nuitées.

Des services pour séduire les entreprises

Ces programmes illustrent bien toute l'ambiguïté des stratégies de fidélisation déployées par les grandes chaînes hôtelières qui préfèrent «chouchouter» les voyageurs plutôt que de s'adresser aux entreprises, qu'il s'agisse de grands comptes ou de PME. «Les programmes de fidélité s'adressent aux particuliers, parce que la fidélisation des entreprises passe par d'autres leviers, et notamment des services comme la centralisation des paiements», explique Olivier Jacquet, directeur commercial de Louvre Hôtels. Pour autant, cette démarche va à l'encontre des politiques d'achats de voyages des entreprises qui visent à rationaliser le choix des hôtels en fonction de la proximité de l'établissement avec le lieu de rendez-vous et des réductions accordées, et non en fonction de la carte détenue.

Derrière ces offres alléchantes pour les voyageurs, certains programmes de fidélité des chaînes hôtelières ouvrent droit à des réductions sur le prix des nuitées. Les entreprises doivent donc les étudier à la loupe. A chacune d'en calculer la rentabilité selon le nombre de collaborateurs à équiper et le nombre de nuitées achetées chaque année. Le programme d'Accor avec l'option payante permet, ainsi, à l'entreprise de bénéficier de réductions de l'ordre de 5 à 20%. Chez Louvre Hôtels, les remises sont du même ordre. «Nous proposons deux programmes corporate, avec ou sans la centralisation des paiements», précise Sandrine Carrouge, responsable des relations clients. Le programme «heLho! Pro», qui intègre le paiement centralisé, permet d'accéder à des réductions de 5% via une carte de paiement nominative. «La dématérialisation des factures représente déjà, pour nos clients, un avantage concurrentiel, d'où le niveau plus faible des réductions consenties. Mais nous allons faire évoluer cette offre pour 2010 et proposer des réductions plus significatives», annonce Sandrine Carrouge. Le programme corporate qui ne comprend pas la centralisation des paiements est, quant à lui, plutôt dédié aux PME et donne droit à des réductions plus avantageuses, entre 5 et 20% du tarif affiché.

Pour fidéliser les acheteurs et les directions d'entreprise, les chaînes hôtelières développent également des programmes dédiés aux séminaires. Chez Accor, les organisateurs de réunion cumulent ainsi des points en fonction du montant facturé. Ils peuvent ensuite les échanger contre des nuitées, sur le même principe que le programme A/Club. Chez Best Western, à partir de quatre séminaires par an, des avantages cadeaux sont offerts. Dans ce cas, 2 euros dépensés permettent de gagner 1 point. En fonction du montant dépensé chaque année, le porteur de la carte peut, par exemple, profiter d'un week-end gratuit dans un hôtel. «Ce programme de fidélité permet aux organisateurs de découvrir un établissement dans lequel ils organiseront peut-être leur prochaine réunion», précise Alexandra Libes, responsable commerciale de Best Western France-Séminaires Solutions. Les avantages accordés à l'entreprise sont, ici, plus concrets, mais ne concernent que les séminaires.

UNE OFFRE ALTERNATIVE: LES «APPART-HOTELS»

Pour les déplacements qui durent de quelques jours à plusieurs mois, vous pouvez vous tourner vers les résidences de tourisme qui proposent des services parahôteliers. Leurs offres permettent de vivre en toute intimité dans des appartements meublés, du studio au T4. Plusieurs enseignes existent en France comme Adagio (groupe Pierre & Vacances), Appart'City(Dom'Ville'Services), Les Citadines (Ascott International), Citéa (filiale de Pierre & Vacances et Lamy), My Suite Appart-Hôtels (groupe Suite Résidence), etc. Les tarifs sont dégressifs selon la durée du séjour. Comptez, par exemple, chez Appart'City environ 60 euros TTC par jour pour une location de deux semaines, et 45 euros pour une location plus longue. De son côté, My Suite Appart-Hôtels propose des tarifs par nuit allant de 41 euros (à Aix-en-Provence par exemple) à 60 euros TTC (à Paris). Le prix n'est pas le seul avantage de la formule. Ces résidences disposent d'équipements de confort et de travail (ligne téléphonique, connexion web, wi-fi...). Le collaborateur peut donc y prendre ses repas ou recevoir sa famille. La localisation des résidences (centre-ville ou périphérie, proximité des infrastructures), l'entretien de la résidence et les services associés (parking, conciergerie, restauration, etc.) sont des critères importants dans le choix d'une résidence. Enfin, assurez-vous qu'une présence humaine permanente est assurée.

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Véronique MEOT