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Le CNE enterré par l'Organisation internationale du travail

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C'en est définitivement fini du CNE. Créé en août 2005, ce CDI, réservé aux entreprises de moins de 21 salariés et comportant une période d'essai de deux ans, vient d'être retoqué par l'Organisation internationale du travail (OIT).

L'institution a jugé que cette période probatoire n'était pas raisonnable et qu'un salarié ne pouvait être congédié sans motif valable. Cette décision n'est pas une surprise, puisqu'en octobre, un groupe de travail composé de représentants des salariés, des employeurs et des pouvoirs publics a mis en cause les fondements du CNE. Dans un communiqué, le collège «employeurs» du Bureau international du travail (BIT) a dénoncé la rigidité des conclusions de l'OIT. Le représentant de la France auprès de l'OIT, Gilles de Robien, a appelé de ses voeux une «plus grande flexibilité pour faire face au défi de compétitivité». Les partenaires sociaux ont engagé des négociations dans ce sens, qui devraient aboutir d'ici à la fin de l'année. Après avoir vu naître, avec le CNE, un espoir d'assouplissement du Code du travail tricolore - l'un des plus rigides au monde -, le patronat entend obtenir un assouplissement de la période d'essai et la possibilité de se séparer à l'amiable d'un salarié.

TEMOIGNAGE

Patrick Paulus, dirigeant de Nord-Est Services Automobiles
«Je suis déçu. Le CNE était une bonne initiative, le voilà supprimé.» Le contrat nouvelle embauche, Patrick Paulus le connaît par coeur. Et pour cause: il a été le premier chef d'entreprise à embaucher via ce contrat, en août 2005. L'heureux bénéficiaire, Louis Garcia, dépanneur, a, depuis, été confirmé en CDI. Quant à Patrick Paulus, il peut être fier d'avoir créé, puis pérennisé un emploi. «Je ne l'aurais pas fait autrement. Et j'étais prêt à recommencer...»