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Le Canada, une mine d'opportunités

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Porte d'entrée sur le marché américain, croissance solide et stable, fiscalité attractive, ressources naturelles abondantes, essor des technologies de pointe, main-d'oeuvre hautement qualifiée, bilinguisme... Le Canada présente un environnement économique dynamique séduisant pour les PME françaises. Revue de détail.

@ © VEPAR5 - FOTOLIA.COM

Le Canada, le paradis des entrepreneurs français? Deuxième plus grand pays du monde, dixième puissance économique, il offre des horizons prometteurs aux entreprises désireuses de faire du business outre-Atlantique. « La croissance économique canadienne [2,5 % en 2011, NDLR] est robuste. Le pays a mieux surmonté la crise que les autres, même s'il est assez dépendant de la santé économique de son voisin américain. Il s'appuie sur des ressources naturelles abondantes (gaz, pétrole...), une main-d'oeuvre qualifiée et une forte culture entrepreneuriale », résume Patrick Imbert, directeur d'Ubifrance Canada. Ajoutez à cela de nombreuses opportunités dans les secteurs des nouvelles technologies, de l'aérospatiale, de l'industrie pharmaceutique, des énergies vertes ou encore de l'industrie minière. « Le Plan Nord initié par le gouvernement québécois, qui prévoit au moins 80 milliards de dollars d'investissements, offre par ailleurs des débouchés considérables, notamment pour les entreprises, sur le créneau des infrastructures et de l'énergie », note Johann Sponar, directeur général du groupe Salvéo, spécialisé dans l'accompagnement des entreprises à l'export. Outre ces divers atouts, Nicolas Genty, à la tête de l'agence de communication Novactive, a choisi d'ouvrir un bureau à Montréal en 2011, convaincu par trois arguments majeurs: la proximité commerciale et géographique avec les Etats-Unis, un environnement à la fois francophone et anglophone et un marché intérieur dynamique.

En effet, outre Montréal, Toronto (Ontario) et Vancouver (Colombie britannique) constituent des pôles d'attractivité à ne pas négliger. Par ailleurs, si le pays compte deux langues officielles (l'anglais et le français), 9,5 millions de Canadiens parlent couramment le français. Un atout pour nos PME qui maîtrisent mal la langue de Shakespeare! « Mais pour votre implantation, adoptez une approche sectorielle plutôt que géographique, conseille Corinne Anderson-Chaumette, à la tête d'Anderscore, un cabinet qui accompagne les PME françaises dans leur développement commercial au Canada. Chaque province [10 au total, NDLR] est spécialisée dans des domaines différents. » Privilégiez par exemple l'Alberta pour le secteur de l'énergie, le Manitoba pour les appareils médicaux, le Québec pour les technologies de l'information, l'aérospatiale et les jeux vidéo, ou encore la Colombie britannique pour le secteur des piles à combustible.

@ VERRIER BSM INTERNATIONAL COMMUNICATION

Patrick Imbert, directeur, Ubifrance Canada

«Le Canada s'appuie notamment sur une main-d'oeuvre qualifiée et une forte culture entrepreneuriale. »

Une fiscalité attractive

Avec une population vieillissante de 34 millions d'habitants, le Canada mise sur l'immigration choisie et met en place de nombreux dispositifs fiscaux et financiers visant à attirer les compétences du monde entier. 300 000 nouveaux immigrants arrivent chaque année, ce qui en fait un pays cosmopolite. « Pour notre implantation, nous avons été particulièrement soutenus par les autorités, notamment dans le montage juridique de notre projet et dans notre recherche de locaux. En moins de trois mois, nous étions opérationnels », raconte Nicolas Genty le président de Novactive. Si la fiscalité varie selon les provinces, le niveau d'imposition est, en moyenne, inférieur de 10 % à celui de la France. A noter qu'il existe des crédits d'impôt recherche attractifs pour les entreprises innovantes. Enfin, grâce à des accords bilatéraux avec la France, les droits de douane sont faibles, en comparaison avec d'autres pays.

Quant au business à proprement parler, le Canada est culturellement plus proche des Etats-Unis que de l'Europe. Les relations d'affaires y sont plus directes, moins formelles et affectives. « Là-bas, on donne sa carte de visite avant de se présenter. Il faut y aller à l'offensive, rencontrer le maximum de personnes », insiste Johann Sponar (Salvéo). Les rendez-vous de complaisance n'existent pas. Vous disposez de très peu de temps pour convaincre vos inter-locuteurs. Corinne Anderson-Chaumette (Anderscore) recommande de multiplier les partenaires en fonction des provinces. Pour ce faire, n'hésitez pas à recruter des collaborateurs canadiens, en particulier pour les missions de prospection. Dernier conseil pratique: « Effectuez votre voyage de reconnaissance en hiver », recommande l'experte. Avec des températures pouvant friser les - 30 C°, rien de tel, selon elle, pour comprendre l'esprit et le mode de vie canadiens.

CE QU'IL FAUT RETENIR

- Dixième puissance économique mondiale, le Canada enregistre une croissance robuste stimulée par des ressources naturelles abondantes, une main-d'oeuvre qualifiée et un marché intérieur dynamique.
- Pour votre lieu d'implantation, privilégiez une province accueillant des entreprises de votre secteur d'activité et renseignez-vous sur sa politique fiscale, qui diffère d'une province à l'autre. De manière générale, le Canada offre une fiscalité attractive, notamment pour les entreprises innovantes.
- La culture d'affaires à l'américaine suppose d'être réactif et disponible.

LE TEMOIGNAGE DE Laurent Bouillot, président de Siradel

« En nous implantant à Toronto, nous nous sommes rapprochés des meilleurs de notre secteur »


Contrairement à la majorité des entrepreneurs français installés au Canada, Laurent Bouillot, président de Siradel, n'a pas fait le choix du Québec. Après Hong Kong en 2007, c'est à Toronto, capitale anglophone de l'Ontario, qu'il ouvre une succursale en 2009. Un choix stratégique pour la PME, spécialisée dans la planification de la couverture des réseaux de communication. « Toronto est un pôle d'excellence sur le plan technologique. Pour gagner en technicité, crédibilité et visibilité, nous devions nous rapprocher des meilleurs », affirme le dirigeant. Siradel mise ainsi sur les partenariats avec les universités locales. En échange d'un soutien financier et d'un partage des technologies, la PME bénéficie des services de chercheurs pour ses projets. En revanche, Laurent Bouillot ne sollicite pas l'aide des autorités canadiennes. « Notre priorité est d'abord d'investir dans la recherche et, de ce point de vue, les opportunités sont nombreuses au Canada. Cela prend du temps et coûte de l'argent, mais c'est le passage obligé pour se développer. » Après cette première implantation nord-américaine, il souhaite mettre le cap sur les Etats-Unis, pour une antenne à vocation plus commerciale cette fois.


Activité
Ingénierie
Ville
Rennes (Ille-et-Vilaine)
Forme juridique
SAS
Dirigeant
Laurent Bouillot, 45 ans
Année de création
2002
Effectif
54 salariés
CA 2011
4 Meuros