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Le coach, un «sage» au service de votre réflexion

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Seul face à ses responsabilités, le dirigeant peut ressentir le besoin d'être accompagné par un tiers, afin d'être épaulé dans sa réflexion et ses prises de décision. Un signe de sagesse plus que de faiblesse.

Les grands sportifs ont des coaches. Tout le monde le sait et personne ne trouve rien à y redire. Pourtant, dans le monde de l'entreprise, cette pratique se déploie doucement et souvent en toute discrétion. Le travail des coaches est d'ailleurs encore méconnu. On les confond parfois avec des consultants. Or, à l'inverse d'un consultant, un coach n'arrive pas avec des réponses mais des questions. Plus précisément, il pose des questions afin de bousculer le coaché, s'il le faut, pour qu'il découvre par lui-même les réponses. «J'amène mes interlocuteurs à prendre conscience de leur potentiel», précise Jean-Pierre Babinot, coach membre de l'organisation International Coaching Federation (ICF).

Les dirigeants font en général appel à un coach pour résoudre des problèmes de communication ou d'organisation; parce qu'ils manquent de confiance en eux; sont insatisfaits de l'équilibre vie personnelle-vie professionnelle ou se sentent dépassés par des événements. Un exemple : un chef d'entreprise se plaint des piètres résultats de ses commerciaux. Le coach va lui demander comment sont fixés leurs objectifs, quelle est l'ambiance dans le service et, en fin de compte, qui les a embauchés et sur quels critères... Ensuite, il va lui proposer des outils ou des méthodes pour trouver des solutions : mise en place de tableaux de bord, délégation de certaines tâches, etc.

Philippe Champéroux, président de la société Soin des arbres en milieu urbain (Samu SA), a sollicité un coach en septembre dernier. Sa mission ? Aider le p-dg de cette PME de 60 salariés spécialisée dans l'élagage, ainsi que ses trois managers (administratif, commercial et d'exploitation), à prendre la pleine mesure de leur fonction, dont le périmètre vient d'être redéfini. Le coach va les suivre pendant un à deux ans, afin de les aider à jouer leur rôle dans la nouvelle organisation. Comment ? «En permettant à chacun de trouver des leviers de progression, notamment dans le management, répond Philippe Champéroux. Ils doivent apprendre à diriger une équipe composée de fortes personnalités.»

PHILIPPE CHAMPEROUX, président de la société soin des arbres en milieu urbain (samu SA)

«Le coach a renforcé la cohésion a u sein de l'équipe dirigeante, ce qui est vital en période de mutation de l'entreprise.»

La transparence est de mise.

Coach et coaché se rencontrent, en général, deux à quatre fois par mois, durant des sessions individuelles et/ou collectives d'une à deux heures. Ces entrevues ont lieu soit dans les locaux de l'entreprise, soit dans un endroit neutre, pour plus de discrétion. Car beaucoup de chefs d'entreprise coachés ont du mal à l'avouer. Pascale Joly, coach d'affaires, membre du réseau international ActionCoach, invite les dirigeants à se montrer transparents : «Les collaborateurs ont tendance à voir d'un bon oeil l'arrivée d'une personne extérieure qui va les écouter et améliorer une situation. » Il arrive que le coach, afin d'établir un diagnostic complet, audite quelques salariés. Il tirera de ces échanges des informations utiles pour analyser le fonctionnement de l'entreprise. Par ailleurs, gardez en tête que le coaching est progressif et qu'il ne s'agit, en aucun cas, d'une méthode d'urgence. «Il doit entraîner un changement de mentalité et de façon d'appréhender les situations, ce qui nécessite du temps», rappelle Pascale Joly.

Aussi, les résultats les plus marquants n'apparaîtront pas avant quatre à six mois, à condition, bien sûr, que la personne s'investisse sérieusement. Entre chaque séance, elle est censée «faire ses devoirs ». Autrement dit, réfléchir à la problématique soulevée lors du précédent rendez-vous. Ainsi, Philippe Champéroux, le président de Samu SA, et ses trois managers ont dû prendre leur plume pour exprimer leur vision de l'avenir de leur entreprise. Ils ont présenté leurs idées à l'occasion des séances collectives mensuelles. « Ces échanges nous poussent à communiquer et renforcent notre cohésion, ce qui est utile en période de mutation de l'entreprise», affirme le quadragénaire. Enfin, il est déconseillé d'interrompre brutalement un coaching. Mieux vaut espacer progressivement les séances, puis prévoir, par la suite, un entretien téléphonique une fois par mois, par exemple.

A SAVOIR
combien ça coûte

La prestation d'un coach coûte entre 200 et 500 Euros HT de l'heure, certains coaches proposant des forfaits mensuels (de 500 Euros HT). Pour financer cet investissement, vous pouvez bénéficier du crédit d'impôt formation «dirigeant». il est égal au nombre d'heures effectives de formation (maximum 40 h/an) multiplié par le smic horaire brut en vigueur au 31 décembre de l'année au titre de laquelle est calculé le crédit d'impôt (8,86 Euros pour 2010).

CYRIL MASSON, président de CityBird

CYRIL MASSON, président de CityBird

TEMOIGNAGE
Je travaille moins, mais mieux

Si Cyril Masson a désormais du temps pour faire du sport et voir sa famille, c'est grâce à son coach. Le dirigeant de CityBird, PME francilienne de motos taxis, travaille désormais 10 heures de moins par semaine, sans que son entreprise n'en pâtisse. Au contraire. « Les sessions hebdomadaires de deux heures que j'ai suivies entre janvier et septembre 2009 m'ont permis d'acquérir des méthodes d'organisation qui me faisaient défaut. Résultat : je suis bien plus efficace qu'avant», se félicite le trentenaire.
Ce dernier consacre maintenant trois heures par semaine à la hiérarchisation de ses priorités et à une réflexion sur la stratégie de son entreprise. «Le nezdans le guidon, je passais à côté d'enjeux majeurs pour le développement de CityBird, admet-il.
Je fonçais sans penser au retour sur investissement, notamment. » il a donc réagi en établissant, par exemple, un organigramme précisant les tâches et les objectifs de chaque salarié afin d'optimiser leurs efforts. Autre mesure : il a mis en place un indicateur de ponctualité. «C'est ce qui est le plus important aux yeux de nos clients mais, avant que le coach n'intervienne, je n'en avais pas pris conscience», indique Cyril Masson. il prévoit de le revoir dans quelques mois, «histoire de faire un point et d'ajuster le tir si besoin». Sur les 14 000 euros facturés par le coach, 11 000 euros ont été remboursés par l'Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA) Transports dont dépend le dirigeant. «C'est un tarif acceptable compte tenu des résultats pour moi et mon entreprise», conclut-il.


CityBird - Repères
ACTIVITE : Motos taxis
FORME JURIDIQUE : SAS
VILLE : Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)
DIRIGEANT : Cyril Masson, 37 ans
ANNEE DE CREATION : 2003
EFFECTIF: 8 salariés (+ 38 chauffeurs indépendants)
CA 2008 : 1,4 M Euros

A LIRE
LE COACHING DE A A Z

Ces 50 fiches pratiques claires et détaillées, permettent au lecteur de comprendre ce qu'est le coaching, pourquoi et comment être coaché et quelles sont les compétences développées en coaching. Plus d'informations sur Nathan-lesechos.fr.


Coacher et être coaché en entreprise, V. Chapus-Gilbert, C. Monédi et S. Mouterde. Ed. Nathan-Les Echos, octobre 2009, 224 pages, 19,90 euros.

A SAVOIR
COMMENT CHOISIR SON COACH?

Aucune législation n'encadre la profession. La société française de coaching (SFC) et l'international Coaching Federation (ICF) sont les deux seules associations qui accréditent les coaches. Leur jury vérifie l'expérience professionnelle et la formation des membres aux techniques du coaching. Ces deux organisations leur assurent également une formation continue. Mieux vaut donc faire appel à des coaches issus de ces organismes.