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Le jeu en vaut-il la chandelle?

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Des titres-restaurant soumis à cotisations patronales? Ce (mauvais) rêve pourrait devenir un jour réalité... C'est en tout cas ce qui se murmurerait dans les couloirs de Bercy, selon une indiscrétion publiée le 3 mai dernier par Les Echos. Selon le quotidien économique, le gouvernement envisagerait d'appliquer le forfait socialContribution de 4 %, à la charge de l'employeur. à ces titres permettant aux salariés de se restaurer dans l'exercice de leur fonction. Selon la même source, seraient, eux aussi, dans le collimateur du ministère des Finances les chèques-vacances, chèques-emploi service et autres «oeuvres sociales» du comité d'entreprise...

STEFAN IE MOGE-MASSON Directrice de la rédaction

STEFAN IE MOGE-MASSON Directrice de la rédaction

En taxant ainsi les titres-restaurant, l'une des dernières niches sociales à la disposition de nos entreprises tricolores, Bercy s'attaquerait aussi à un symbole fort. Dans des dizaines de milliers de PME, le «ticket resto» est perçu comme un avantage acquis, voire un droit... Beaucoup de salariés pensant, à tort, qu'il s'agit là d'un devoir de l'employeur. En jeu, quelques dizaines d'euros par mois et par collaborateur, mais surtout une parcelle de pouvoir d'achat hautement symbolique, et donc la mise en danger d'une paix sociale déjà fragilisée par la conjoncture. Le jeu en vaut-il la chandelle? On peut en douter... D'abord parce que la levée de l'exonération conduirait les PME devant un choix cornélien: difficile, pour un patron soucieux de garder ses talents, de priver ses salariés de ce «petit plus». Mieux vaudrait se résoudre à en absorber le surcoût... Mais les PME en ont-elles les moyens? Sans compter que l'impact d'une telle mesure serait désastreux pour les acteurs du marché, dont le modèle repose quasi exclusivement sur l'avantage social et fiscal concédé, depuis 1967, par l'Etat français. Pour l'heure, le ministère n'en serait qu'à la phase de réflexion, précisent Les Echos. Une réflexion qui, peut-on espérer, mettra en évidence l'inefficacité économique du projet.