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Le partage des profits divise les entreprises

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Pour le président de la république, dans le partage des profits entre les actionnaires, les salariés et l'investissement, «le compte n'y est pas». Il a invité les partenaires sociaux à débattre du sujet. Mais la polémique est vive.

Nicolas Sarkozy a jeté un pavé dans la mare. En plaidant, lors de son allocution télévisée du 5 février, en faveur d'une répartition des profits en trois tiers- l'un pour les actionnaires, l'autre pour les salariés et le troisième pour l'investissement - le président de la République a ouvert une vive polémique. L'idée a rapidement divisé les syndicats patronaux. Pour Laurence Parisot, présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), «le profit distribuable se répartit en deux: les dividendes et l'autofinancement. Il n'a donc pas à être divisé en trois tiers.» Selon la patronne des patrons, le principe même du partage des profits en trois serait contraire au «droit de propriété». Elle a également rappelé que les salariés et l'investissement ne sont pas exclus dans le système actuel. A titre d'exemple, a indiqué la porte- parole du Medef, en 2007, 672 milliards d'euros auraient été reversés pour la rémunération des salariés, 72 milliards de dividendes distribués aux actionnaires et 147 milliards consacrés à l'investissement. Une affirmation qui s'appuie sur les chiffres issus de la comptabilité nationale.

A contrario, la Confédération générale du patronat des PME (CGPME) s'est montrée plutôt favorable à l'idée d'un partage des richesses issues de l'entreprise. Le syndicat patronal a, d'ailleurs, soumis au gouvernement une mesure allant dans ce sens. Cette dernière propose de diminuer l'impôt sur les sociétés, à condition qu'une part des bénéfices soit distribuée sous forme de participation ou d'intéressement, montée en haut de bilan pour renforcer les fonds propres de l'entreprise ou encore dépensée en investissements immédiats. Jean-François Roubaud, président de la CGPME, a par ailleurs estimé «normal» de «partager les fruits du travail», tout en précisant qu'une répartition fixée par l'Etat, du type des trois tiers, est à exclure. «Il faut faire du cas par cas et laisser les dirigeants de PME choisir la façon dont les profits doivent être partagés», a-t-il affirmé.

Jean-François roubaud, président de la cgpme

«Il faut laisser les dirigeants de PME choisir la façon dont les profits doivent être partagés.»

Etat des lieux. Le débat est donc animé. L'Elysée a confié une «mission d'analyse» à Jean-Philippe Cotis, directeur général de l'Insee. Il devra établir, d'ici au 30 avril, un état des lieux destiné à nourrir, par la suite, des discussions entre le patronat et les syndicats. L'une des pistes à explorer est celle d'une plus large redistribution aux salariés via l'intéressement et la participation. Selon l'Insee, 5,5% des profits des entreprises ont été redistribués aux collaborateurs via ces deux mécanismes en 2007. Les actionnaires auraient perçu 42% des profits, le reste ayant servi à renforcer les fonds propres des entreprises.