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Le tapis lui fait prendre un nouvel envol

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Face à la concurrence chinoise, le tisseur vosgien a décidé de se lancer dans la production de tapis. La société a investi dans de nouvelles machines et la formation de ses salariés.

L'entreprise aujourd'hui

Peltex Fibres réalise désormais 70% de son chiffre d'affaires grâce à la confection de tapis en fausse fourrure. Cette activité, créée en 2006, complète son premier métier, la fabrication de tissus. La société vend également des produits innovants à base de fibres «photoluminescentes», visibles dans le noir. Une première commande de 3 000 pièces a été expédiée, en début d'année, en Allemagne. Principalement fournisseur de la grande distribution, Peltex Fibres souhaite se tourner, d'ici un an, vers le haut de gamme et développer sa propre marque.

Sa crise

Pourtant, à partir de 1995, la fin des quotas d'importation de textile chinois a failli lui être fatale. La concurrence asiatique envahit alors le marché de l'habillement français. Or, à cette époque, le tisseur fournit essentiellement des confectionneurs qui travaillent eux-mêmes pour des chaînes de magasins féminins. Mais celles-ci décident de s'approvisionner directement en produits finis, en Chine. Par un effet domino, les commandes chutent. En trois ans, entre 2002 et 2005, le chiffre d'affaires de Peltex Fibres recule de 40%. Résultat: le groupe auquel appartient l'entreprise, Tissavel, est placé un redressement judiciaire en 2005. «Nous n'avions pas anticipé une si forte baisse», relate l'actuel gérant, Vincent Perry. L'entreprise est en difficulté. Elle doit revoir son modèle économique sous les plus brefs délais.

Pattex Fibres a ajouté une corde à son arc avec les tapis en fausse fourrure.

Pattex Fibres a ajouté une corde à son arc avec les tapis en fausse fourrure.

Son rebond

La réorientation est impulsée en 2005. Abandonnant les produits à faibles marges accaparés par la concurrence chinoise, l'entreprise recentre son offre sur un marché à plus forte valeur ajoutée. Elle se lance dans les produits finis et développe une gamme de tapis, maîtrisant ainsi de A à Z la chaîne de production. Mais le métier est différent. Un investissement de 50000 euros est nécessaire pour adapter les machines. En 2006, Vincent Perry, alors directeur opérationnel de la filiale, reprend la société à son nom. Son business plan séduit les banques, qui le soutiennent dans son projet industriel. Dans le même temps, il réduit l'effectif. Surtout, les collaborateurs deviennent polyvalents: ils doivent pouvoir travailler à deux postes différents, pour assurer la charge de travail de leurs ex-collègues. Entre 2005 et 2009, chaque salarié suit entre 90 et 100 heures de formation, validées par un diplôme pour la moitié d'entre eux. «Nous n'avions pas l'habitude de réaliser un produit fini: l'exigence de qualité est différente, tout comme la gestion de la production», souligne Vincent Perry. Le travail des commerciaux est, lui aussi, remis à plat. En 2007, l'équipe prospecte un marché jusqu'alors inconnu, celui de la grande distribution, et doit se faire connaître auprès de nouveaux clients. Les premières commandes tombent. Très vite, ce nouveau business pèse 30% du chiffre d'affaires. En 2008, cette part atteint 40%. Et Peltex Fibres enregistre un résultat positif, encourageant pour la suite.

PELTEX FIBRES - REPERES

ACTIVITE: Fabrication de tissus et de tapis
VILLE : Sainte-Marguerite (Vosges)
FORME JURIDIQUE: Sarl unipersonnelle
EFECTIF: 20 salariés
DIRIGEANT: Vincent Perry, 40 ans
ANNEE DE CREATION: 1961
CA 2008: 1,2 MEuros
RESULTAT NET 2008: 30 kEuros