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Les PME victimes de maltraitance

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C'est désormais prouvé: les banques ont durci, cet été, les conditions d'accès au crédit. On s'en doutait, me direz-vous... Certes, mais la plupart d'entre elles le niaient, se réfugiant derrière le secret bancaire. Mais voilà, début novembre, une enquête de la Banque de France a fait éclater la vérité. Et quelle vérité... Plus de huit banques sur dix confessent avoir fermé les robinets au troisième trimestre, surtout lorsqu'elles avaient affaire à de petites structures. Tous les paramètres sont dans le rouge: le montant des prêts, leur durée, le loyer de l'argent et les garanties exigées. Jamais l'adage selon lequel on ne prête qu'aux riches n'a été aussi vrai.

L'observateur pragmatique soulignera que, échaudées par les faillites de leurs homologues américaines, les banques tricolores font preuve de prudence. Oui, mais... Les travaux de la Banque de France démontrent que les marges sur les crédits ont progressé ces derniers mois. De là à murmurer que les déboires des uns profitent aux autres, il n'y a qu'un pas, que l'Etat français vient de franchir en ordonnant la nomination de médiateurs départementaux. Leur mission? Régler les litiges entre chefs d'entreprise et chefs d'établissements bancaires frileux. En d'autres termes, s'assurer que les banques qui refusent de prêter de l'argent aux entreprises le font avec de bonnes raisons.

Quelques heures après leur prise de fonction, les médiateurs avaient reçu des centaines de dossiers de dirigeants s'estimant «maltraités» par leur banquier, pour paraphraser Laurence Parisot. La présidente du Medef dénonce une «forme de maltraitance des agences bancaires locales à l'égard des entreprises». Au-delà des phrases chocs, il faut reconnaître que l'attitude de certaines banques frise l'irresponsabilité. Car la relance de notre économie passe inexorablement par la croissance de nos PME. Lesquelles PME n'ont aucune chance de s'en sortir si leurs projets ne sont pas soutenus par ceux qui se qualifiaient, hier encore, de «partenaires bancaires».