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Les jeux Mégableu passent à la télé

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Vanter les mérites de ses produits à la télé... Impossible pour une PME? Pas pour Mégableu. Avec un peu de débrouille et un gros effort financier, le petit fabricant de jeux s'est offert des spots de publicité

 

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MEGABLEU >> Repères

- ACTIVITE: éditeur de jeux de société
- VILLE: Randonnai (Orne)
- FORME JURIDIQUE: SARL
- DIRIGEANT: Pascal Esnol, 47 ans
- ANNEE DE CREATION: 1994
- EFFECTIF: 10 salariés
- CA 2005: 4,1 millions d'euros

Mille passages télé entre la fin octobre et la mi-décembre 2006. C'est le cadeau que s'est offert Mégableu, un éditeur de jeux de société qui n'emploie pas plus d'une dizaine de salariés. Montant de l'investissement: un peu plus d'un million d'euros. Soit 25% du chiffre d'affaires de la PME en 2005! Une folie? Non, une nécessité. «La publicité à la télévision, qui plus est sur les chaînes généralistes, est un passage obligé pour faire référencer nos produits dans la grande distribution», argumente Pascal Esnol, président de Mégableu. La preuve: ce n'est qu'après une première campagne sur de grandes chaînes de télévision, en 2003, que Mégableu parvient à accrocher les hypermarchés. «Nous avions déjà diffusé quelques spots sur une chaîne du câble en 2002. Mais à ce moment-là, seuls les magasins spécialisés de jouets nous ont suivis.» Pour séduire les grands magasins, Mégableu doit donc mettre le prix. Sur TF1, France 3 et M6, chaînes sur lesquelles on a pu voir, cette année, ses cinq spots publicitaires, le point de GRP (nombre moyen de chances de contacts d'une campagne publicitaire, rapporté à 100 personnes de la cible étudiée) coûte, en moyenne, 1 500 euros. Concrètement, cela signifie que pour voir l'un de ses spots passer à une heure susceptible de toucher 10% des 4-10 ans, la PME a dû débourser 15 000 euros.

Système D. Pour obtenir de meilleurs tarifs et surtout bénéficier de conseils sur les «bons» horaires, l'entreprise a fait appel à une agence de média planning, qui a perçu une commission sur l'achat d'espace. Mais c'est le seul intermédiaire auquel le chef d'entreprise a fait appel: «Pas question de s'offrir les services d'une agence pour la réalisation des spots, ce serait beaucoup trop cher. Nous sommes nos propres créatifs et travaillons en étroite collaboration avec un producteur spécialisé dans l'univers du jouet.»

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Quels sont les autres secrets pour faire des économies? Faut-il tourner les spots à l'étranger? Et pour le doublage? «Il m! arrive défaire appel à mes propres enfants», s'amuse le dirigeant de Mégableu. Un système D qui marche à la perfection: l'entreprise, dont les Vocabulon. Ni Oui Ni Non et autres jeux de société ont désormais trouvé leur place dans la plupart des hypermarchés et magasins spécialisés, affiche une croissance de 30% chaque année.

«Pour autant, il ne faut pas s'attendre à des retombées immédiates, prévient Pascal Esnol. C'est une action qui s'inscrit dans une stratégie à long terme. Et qui suppose de ne pas, pour autant, négliger les autres vecteurs de communication». Le bon vieux catalogue de jouets n'est pas encore condamné...

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Virginie Jacob