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Les syndicats investissent les PME

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Selon le ministère du Travail, 38 % des entreprises de plus de 20 salariés disposent d'un délégué syndical. Un chiffre en nette progression.

@ enquête Réponse 2004-2005, volet «représentant du personnel», Dares

Halte aux préjugés. Contrairement à une idée reçue, les PME ne sont pas un désert syndical. Bien au contraire. D'après une enquête de la Dares menée auprès de 3 000 entreprises et publiée en avril dernier, la présence syndicale dans les sociétés de plus de 20 salariés s'est nettement renforcée en l'espace de quatre ans. «En 2004-2005, les délégués syndicaux étaient présents dans 38 % des établissements de vingt salariés et plus, contre 33 % en 1998- 1999», constate Marie-Teresa Pignoni, l'auteur de cette étude de la direction statistique du ministère du Travail.

Sans surprise, les délégués syndicaux sont présents, en majorité, dans les entreprises de plus de 100 salariés. A contrario, leur représentation décline dès que l'effectif est inférieur à 50 personnes. Cela s'explique évidemment par l'existence d'un seuil légal de 50 salariés, au-dessous duquel l'entreprise n'est pas obligée d'organiser des élections de représentants du personnel.

Pour autant, la proportion de délégués syndicaux augmente, y compris dans les petites structures. Ainsi, le nombre d'entreprises de 20 à 49 salariés à disposer d'un représentant syndical a progressé de 19 à 23 % entre 1998-1999 et 2004-2005. Autre caractéristique, les syndicats investissent tout particulièrement les entreprises ayant plusieurs sites. Dans trois cas sur quatre, celles-ci abritent des syndicats contre moins d'un tiers des entreprises ayant un seul établissement.

Une présence forte dans l'industrie. En outre, la représentation syndicale connaît des disparités sectorielles. Dans l'industrie, elle est prédominante et concerne une entreprise sur deux, alors que seul un quart des sociétés de construction abrite un syndicat. Explication? «Le recours important à Vintérim et le turnover de la main-d'oeuvre dans le BTP sont peu favorables à l'implantation syndicale», analyse Marie-Teresa Pigno ni. Cette montée du syndicalisme dans les PME n'est pas le fruit du hasard. Pour l'auteur de l'étude, c'est «la mise en oeuvre des 35 heures, au tournant des années 2000, qui a entraîné une intensification de la négociation». Ainsi, une entreprise sur quatre a eu recours à un syndicat pour négocier l'application des 35 heures.

De ce fait, les chefs d'entreprise voient les syndicats d'un oeil plus favorable. Ils sont, en effet, sept sur dix à en reconnaître leur utilité pour les salariés. «Seul un dirigeant sur quatre les perçoit comme un obstacle pour Vactivité de l'entreprise», précise Marie-Teresa Pignoni.